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Méditation inappropriée
Écrit par Franswa P.   
22-07-2008
[Absolument, ce titre se la raconte tout seul.]
 
premier romanJe gambadais ce matin en pleine rue, porteur à la main droite d'une couette sale (car nous avions pique-niqué lundi midi aux Buttes-Chaumont (je peux me le permettre, je suis chômeur)), de quatre morceaux de sucre (car je n'en avais plus chez moi (je peux me le permettre, je suis pauvre)) et à la main gauche de deux livres à paraître (car je suis critique littéraire (je peux me permettre de le dire, j'écris dans un journal - et c'est sinon une condition suffisante, sinon même une condition nécessaire, au moins un état de fait que tout le monde prendra peut-être pour argent comptant, on ne sait jamais, c'est l'été et les gens ont l'âme clémente tant qu'il ne leur pleut pas trop dessus, ce qui n'est pas arrivé depuis trois ou quatre jours d'affilée, reconnaissons-le)).
 
Parmi ces deux livres, une tuerie (car j'utilise des mots jeunes qui ne veulent rien dire, comme tout le monde, mais j'en parlerai bientôt ici-même donc je veux préserver l'insoutenable suspense qui vient de se faire jour en vos caboches) et un premier roman qui avait frôlé la veille au soir l'expulsion définitive du terrain (avec radiation de la ligue) sur la base d'un carton rouge bien mérité, mais un premier roman néanmoins que j'avais décidé dans ma grande magnanimité de vermine de garder sous le coude tant il me semblait qu'il portait tout de même en son sein quelque chose d'éventuellement sauvable. Et puis je n'en étais qu'à la page 37 - un peu rapide à mon avis pour sabrer quoi que ce fût, une tête ou une bouteille de champagne, au choix.

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Du pain et des jeux ?
Écrit par Sophie K.   
19-07-2008
 (NDLR : post écrit sous l’influence de Propofan, Myolastan, Biprofenid, Mopral, patches anti-douleur, coca-cola et cafés serrés. L’auteure peut tout de même être considérée comme partiellement irresponsable de ce dopage  volontaire dû à un lumbago méga-costaud indéboulonnable depuis 8 jours.)
 
 
« Il s’enfermait tout’ la journée
Au fond d’son atelier  
Pour fair’ des expériences
Et le soir il rentrait chez nous
Et nous mettait en trans’
En nous racontant tout. »
 
L’exploitation de cons par des salauds pour le plaisir des crétins, ça s’appelle (entre autres) la télé-réalité. Le hic, c’est que si les salauds sont bien des salauds (et les crétins des crétins), les cons exploités ne sont pas si cons, apparemment : certains, refusant désormais "d'oeuvrer" gratuitement au service des scénarii débiles concoctés par les salauds, ont fait appel à un jeune avocat, Jérémie Assous, qui estime que les participants des émissions de télé-réalité font en fait des boulots d’acteurs de sitcom et doivent donc être payés comme tels. 

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Dreyfus l'affaire : Théâtre !
Écrit par Franck-Olivier Laferrère   
18-07-2008
DreyfusDe l’affaire Dreyfus nous en avons tous entendu parler au moins une fois dans notre vie, ne serait-ce qu’à l’école. Pour les plus pointus d’entre-nous, elle marque un point de rupture idéologique, la naissance de l’intellectuel engagé – bien que pour le coup on évacue à bon compte l’engagement de Voltaire dans l’affaire Callas, ou les prises de positions de Victor Hugo et de Lamartine - avec le mémorable « J’accuse » d’Émile Zola publié dans le journal « L’Aurore » en janvier 1898, quatre ans après les débuts de l’affaire, annonçant ainsi, déjà, la place prépondérante que prendra bientôt l’opinion publique dans les sociétés démocratiques de l’ère médiatique… Mais elle est également le révélateur de l’antisémitisme latent qui court dans les veines de la République, sans distinction politique ou sociale, à gauche comme à droite, malgré la tenace idée reçue que cette infection ne contaminerait que la droite française, antirépublicaine…

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Entretien avec Guillaume Cherel
Écrit par Franck-Olivier Laferrère   
17-07-2008

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Le jour que je me suis pas marié
Écrit par Tadek   
15-07-2008

 Je les ai aimés les hommes, moi, et trop peut-être. Mais il est tard, et la vie désormais me sépare de leurs gestes, leurs faiblesses comme leurs torts. Elle me l’avait pourtant bien dit, ça, ma Jeanne, qu’à aimer tant les hommes j’en recevrais  rien que des emmerdes, que j’en me ferais des déceptions et puis rien de plus. Que y avait rien à en attendre des hommes, fallait juste les porter, leur préserver une route quelque part dans son cœur. Mais j’ai trop attendu et rien ne vint jamais. J’en ai crevé en juillet. J’en ai fait qu’à ma tête ! Encore par prétention ! C’est mon drame à moi, mon vice parmi tous, la prétention ! Je me suis jeté pour toute l’humanité, toute, les vilains comme les grands, à les serrer bien fort, à ne pas baiser, à les courir, les hommes, les femmes, n’importe quoi pourvu que ça bouge, et tout ce qui piaille, tout ce qu’a besoin, tout ce qui renifle, s’emmerde, s’acharne, se souffre, se tord, et tout à en crever. J’ai tout donné ! Vrai, tout ça ! Voilà que j’étais né pour mourir parmi eux, combattant, un pour tous, bah… un pour tous mon petit pote ! Du flanc, oui ! Mon cul, de la merde, et encore, et rien que de la barquette !

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Courbevoie, corne blême
Écrit par Franswa P.   
13-07-2008
Pouce majeurLes Denver boots de Jay Munly, ce soir-là, m'avaient conduit à Courbevoie, via la Grande Arche de la Défense, le lieu infernal français classé juste devant le XVème arrondissement de Paris, et donc en première classe donc, si l'on veut bien y songer deux secondes. Je les avais coupées, car des bottes du Colorado ne peuvent pas rêver deux secondes une vie sans coupure, avec du Tom Waits, du Bastards, du vif et du crade. Et le métro m'a déposé à la Grande Arche. Et j'en ai chié, nom de Dieu. La Grande Arche déjà, en soi, voilà concept urbaniste qui n'est pas très sexy : un songe lamentable né d'un esprit pénible dans les années soixante, ou alors soixante-dix je ne sais plus. "Tiens, et si on créait un lieu très chiant, dédié à l'économie de pointe française ?" Bonne idée. Alors on construit des tours vertigineuses à tour de bras, on joue la carte du "c'est beau" en jouant réellement celle du "c'est fonctionnel", et c'est parti mon kiki. Les tours grimpent, l'ennui se concentre, les arbres sont arrachés, de faux arbres en stuc prennent leur place.

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« Sharp Teeth », de Toby Barlow
Écrit par Kiki Spadaccini   
11-07-2008
 
 
Louons ce livre qui a du chien et un auteur cabot !
L’homme Barlow met indeed quelques bons coups de canines
dans le flot de sa narration et ça la rend speed, déroutante, envoûtante.
Césures, coupes franches, mots sur la tranche, lignes brisées,
dès le début, le récit sabre sa tête de prose
et choisit de s’empaler sur l’épine de la poésie
pour lâcher ces chants beaux et surprenants,
enfilade de strophes étranges
qui content comment, dans la cité des Anges,
Des gangs d’hommes-loups
se déchirent, traficotent, s’entretuent, turlutent et tuent.
Turlututu.
 
 
 
 

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Quelques livres pour l’été…
Écrit par Stéphane Koechlin   
09-07-2008

 Marianne Faithfull

(avec David Dalton)

Mémoires, rêves et réflexions

Christian Bourgois, 333 pages, 22 €.  

Dandysme littéraire

 

Pourquoi lire le deuxième livre de Marianne Faithfull, après l’excellente autobiographie Une vie parue en 1994 ? N’avait-elle pas tout raconté sur elle ? Apparemment non. Car l’ancienne figure blonde du « swingin’ London » (années 1960), l’orgueilleuse « Sister Morphine » a bien changé. Amoureuse d’un Français, elle s’est installée à Paris il y a quelques années, perdant ce qui fabriquait son inaccessibilité, cette enveloppe d’icône fascinante et finalement peu engageante. Chez nous, elle a oublié sa morgue, sa hauteur devenant une épicurienne qui aime le bon vin,  rencontre volontiers les journalistes, rit… Cette familiarité rend désormais incroyable tout ce qu’elle raconte de son ancienne vie infernale, avec les Rolling Stones, Bob Dylan, sa famille… La tranquille sexagénaire Marianne française porte un regard ironique, détaché, voire amusé, sur la jeune et turbulente Marianne anglaise.

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Gérard de Cortanze : Une gigantesque conversation
Écrit par Franck-Olivier Laferrère   
08-07-2008

   

S’il me venait à l’idée – on en sait jamais ce qui se trafique dans la tête d’un homme - de vouloir définir la loi première de survie de l’écrivain contemporain, la capacité à sans cesse nourrir de nouvelles illusions quant à la réception de son travail par la masse informe et méconnue de ses congénères arriverait certainement en tête. Paradoxe de ces hommes et ces femmes qui n’en finissent jamais de gratter les discours jusqu’aux os, de cheminer parmi les ruines du monde, de naviguer dans les désastres et les atrocités que perpétue l’espèce – au risque de sombrer corps et biens dans les profondeurs de la folie, océan noir de la condition humaine – et qui pourtant, dans le même temps, n’envisagent jamais plus de trois minutes qu’on pourrait simplement ne pas vouloir les lire…

Je n’écris volontairement pas savoir les lire parce qu’il ne faut tout de même pas exagérer non plus.

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Un soir chez le Duc
Écrit par 2nd Flore   
05-07-2008


Certes, ce n’était pas un petit caveau respirant la liberté comme il en existe dans les livres et les histoires des autres. A l’entrée, le Duc des Lombards avait tout du mythe embourgeoisé – une salle de concert classique, presque.
Mais on nous annonçait du prodige, alors…

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Une touffe de blonde coincée dans la gorge
Écrit par Bank   
03-07-2008
 Un peu plus d’une année après avoir arrêté la blonde. Ce chameau séduisant et souffreteux.

Je respire correctement. Voilà, maintenant que nous avons abordé les points positifs, nous pouvons nous attarder sur ce qui coince au passage du fion (marrant, le dictionnaire français de Firefox connait “fion” mais pas “pouvons”…).

Car en effet, nombre de gens vantent ce qu’ils ont gagné en “Qualité de Vie !” ™ (j’emprunte ici un effet de style à un chevelu que j’aime beaucoup, j’espère qu’il comprendra), mais ne parlent aucunement des trucs, désagréables, qui auraient terni leur belle victoire sur l’emprise du vilain tabac (”Hou, méchant tabac, vilain !”). J’ai décidé de briser cette loi du silence qui contraint moult malheureux au mutisme dans la bonne santé. Oui, je dis HALTE AU MUTISME POST-CIGARETTE !

J’aborderai ces révélations sous la forme de plusieurs parties méthodiquement découpées de manière arbitraire et aléatoire, dans un souci de clarté entropique.
 

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Rue des singes, de René Taesch
Écrit par Vincent B.   
01-07-2008
 Pourtant on m'avait dit : « Lis le bouquin de ce mec. C'est génial ! ». Même si je ne suis pas de nature méfiante, j'ai appris à me méfier. A me méfier parce que bien souvent, on me sert de la soupe en me faisant croire que je vais boire du petit lait. Parce qu'à force d'écluser les endroits mytho-branchouilles pour entendre même pas un crachotement... Parce qu'à force de me fader des trucs tendance dans le genre revival surproduit : on me filerait du petit lait, je le boirais comme de la soupe. En fait, je suis heureux de savoir que ce n'est pas le cas ! Je suis heureux de me souvenir qu'on ne peut pas faire du rock'n roll sans casser des oeufs ! Et que tout ce qui gravite autour n'est finalement qu'un mauvais rêve. Je crois aussi, que si dorénavant les « tendances » ont supplanté idéologies, utopies et fantasmes, il est des invariants qui réconfortent de se sentir parfois glisser vers le réactionnaire. Et ceci se passe dans des instants comme celui que j'ai vécu l'autre soir... A ce qu'il paraît le trentenaire est nostalgique ? Sans doute...  Sauf que là, ce n'est pas Casimir que j'ai rencontré.

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