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"Performer" pour "exister" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Franswa P.   
23-01-2007

Performer pour peroxyster - perfoxister, donc : si le néologisme facile vous fait couramment de gros clins d'oeil racoleurs - ce qu'il sait faire de mieux, d'ailleurs -, c'est par ici. Le performing pour les tocardized : si vous trouvez que l'anglicisme pourrave constitue le meilleur accompagnement adipeux de la bouillie verbeuse, suivez la flèche, là encore. Si vous pensez que "perfomiser en ouatisant" est vraiment une super formule pleine d'invention, d'autant plus pleine qu'elle exsude la vacuité, vous avez complètement tort de penser qu'elle est super et pleine, mais, là encore, collez vos yeux au cul du guide, et ne le lâchez pas.

Aujourdhui, on va causer pépère de la "Performance" (TM), cette pratique extrêmement branchée qui coiffe facile au poteau* (oui, oui, c'est un astérisque) la "Glose Narcissique" (TM) dans la course effrénée pour déterminer qui détiendra pour un siècle le titre de "Roi du Vent" (TM). La performance est une excroissance pathologique de l'Art qui fleurit à peu près partout, mais jamais mieux que quand on l'arrose de cocktails improbables, à l'ombre des néons violet-cool d'un quelconque salon VIP. Ou non, mieux encore, au beau milieu d'un bar miteux, investi de hordes de gens pas miteux pour un sou - la preuve, ils sont tous "super", et un sou, pour eux, ça ne veut rien dire (à condition qu'il soit à eux).

Nous n'aborderons ici que le cas de la "performance" "littéraire". La performance repose solidement sur quelques axiomes de base. Premièrement, une recette rôdée par des siècles non, par des décennies non, par quelques années de succès (très bon, au passage, le mot barré, pour asseoir la coolitude "signifiante"). Deuxièmement, un public conquis d'avance, parce qu'il n'a rien d'autre à faire à ce moment précis. Troisièmement, et c'est le plus important, une confiance en soi rivée à son torse comme la proue d'une caravelle au torse de ladite carav... oui, bon, enfin comme la proue d'une caravelle, quoi - voire, plus simplement, d'un brise-glace.

En terme de recette, c'est très simple. Il y a plusieurs écoles, mais elles sont toutes régies par des règles très simples.  Un penchant pour la prose poétique (qui passe mieux en public) ? Pas de problème : scandez des termes sans queue ni tête, quasiment au hasard, en n'omettant jamais de têter toujours aux trois mêmes mamelles :

1. Les mots de la modernité et de la grande consommation, parce qu'On est moderne, d'abord, et parce qu'On vomit sur la modernité, ensuite. C'est même comme ça qu'On existe, enfin.  Ce qui nous donne une ligne de bas(s)e de type : "métro traintrain, congélateur Whirlpool, canard en plastique, Donald Duck, plasma dans l'écran, soupe lyophilisée, sèche-cheveux, etc..." - une ligne de base sur du Rien, donc, et n'hésitez pas à puiser dans votre vocabulaire le plus savant pour épater la galerie des horreurs.

2. Une vague évocation, forcément allusive, d'une peine de coeur. Ca ne sert à rien, mais tout le monde se reconnaîtra dedans et se sentira, du coup, comme investi d'une mission religieuse à défaut d'être vraiment divine : continuer à écouter benoîtement. Insérez la par touches moyennes, de type "un sur trois", au détour d'une formule anodine. En suivant notre exemple, ça donne quelque chose comme : "métro traintrain, congélateur Whirlpool, départ précipité, canard en plastique, Donald Duck, tu ne m'as jamais compris(e) vraiment, plasma dans l'écran, soupe lyophilisée, je me souviens de ton dos de ton dos ton dos dos, sèche-cheveux, etc..."

3. Enfin, et c'est là l'ingrédient ultime, saupoudrez votre tourbe verbale, avec parcimonie quand même, de termes lapidaires directement extraits de trois champs lexicaux, tous ressortissants de cette contrée maladive qu'est la "Trashitude Officielle" (TM) : le sexe trash, la violence trash et les déjections trash. Mettez-y du coeur, frappez franchement, n'hésitez pas : c'est sans doute ce qui poussera votre auditoire le moins éclairé à ne pas se dire "c'est de la merde" mais "c'est super profond". Dans notre exemple, avec une fréquence (un peu trop élevée, pour les besoins de la démonstration) de un sur trois : " métro traintrain, congélateur Whirlpool, départ précipité, vomissures en étoiles, canard en plastique, Donald Duck, tu ne m'as jamais compris(e) vraiment, plasma dans l'écran, sexe débridé, scarifications en prime , soupe lyophilisée, je me souviens de ton dos de ton dos ton dos dos, sèche-cheveux, etc..."

Bravo, vous êtes au top. Evitez à tout prix le calembour, et filez droit. Vous avez compris. Ah, mais... oui, évidemment, vous préférez le théâtre à la prose poétique ? Oh, ok. Mais désolé, pour vous, pour le théâtre (je veux dire), nul besoin de recette. Votre intervention à elle seule campe la meilleure adaptation possible du Tartuffe, vous ne pouvez pas taper plus haut.

C'est quand même beau, d'être branché. Beau comme être un broc vide sans paroi ni cul.

 

* (suite de l'astérisque - cf plus haut) si quelqu'un peut m'expliquer le sens de cette expression, ou me la corriger, je suis preneur.

Commentaires
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Franswa P.   |2007-01-23 23:55:14
avatar Ce n'est pas une question de secte ou pas, mais bon, encore un texte pour ne rien dire (vraiment), pour...
...
... non, désolé, PhJ, je n'ai pas pu m'empêcher. La voie est libre.
...
Désolé.
Franswa P.   |2007-01-24 00:00:12
avatar Je me fous de ma propre gueule, et c'est toi qui te prends ça sur le coin de la poire.
C'est bas, je sais - au temps pour moi.
Sophie K.   |2007-01-24 11:07:35
(Bon alors "coiffer au poteau" c'est gagner sur le fil, en gros, c'est à dire au dernier moment. On peut dire ça d'un cheval qui l'emporte dans les dernières longueurs de la course. Voilà voilà. Soit tu savais très bien ce que ça signifiait et je suis ridicule, soit tu ne savais pas et tu vas déposer des offrandes à mes pieds ou allumer des bâtons d'encens et je vais éternuer, donc je serai aussi ridicule.)
Franswa P.   |2007-01-24 11:12:45
avatar Merci Sophiek, j'ai déjà la vraie définition. Mais ça sort d'où, c'est de quelle origine ? Je ne comprends vraiment pas en quoi "coiffer au poteau" peut, d'une façon ou d'une autre, signifier "gagner sur le fil".
Mais bon, je vais pas bloquer là-dessus.
Sophie K.   |2007-01-24 11:36:37
Ca vient peut-être du monde des "turfistes"... ou de celui des courses de lévriers... Là, je t'avoue mon ignorance. Est-ce qu'on trouverait l'expression dans un Dico d'argot ?
Sophie K.   |2007-01-24 11:47:46
(PS : le poteau étant bien entendu celui d'arrivée...)
Garrincha     |2007-01-24 14:02:22
Il me semble que c'est tout simplement lié à la coiffe. Du canasson ou du jockey, je ne sais plus.

Et sinon, sur la performance artistique, un petit contre-exemple de non-fumisterie (à mon sens)
Garrincha     |2007-01-24 14:02:56
http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2007/01/10/marina-abramovic/
C'est mieux avec l'url
Franswa P.   |2007-01-24 19:08:28
Tu as raison, rien n'est moins objectif que la fumisterie.
Enfin... dans une certaine mesure.
Sophie K.   |2007-01-24 23:15:32
Oui, bon, alors là, moi je suis totalement imperméable à ce genre de travail "artistique" (M. Abramovic)... C'est pas que je trouve ça choquant, ou je-ne-sais-quoi en fait, c'est tout simplement que je me demande à quoi ça sert, quel message ça porte, s'il est utile de rappeler les errements religieux d'une population donnée (avant ou après catholicisme et consorts), pourquoi une femme d'âge mûr trouve artistique de se taper le thorax avec un crâne humain, enfin bref, on me dirait que c'est une parodie de la grande époque des Nuls, là, je comprendrais.
Décidément, je ne suis pas faite pour l'art moderne. Tout ce que je peux dire en voyant ces photos, c'est :
1/ les photos, au moins, sont belles et bien cadrées, mais chiantes
2/ les costumes folkloriques me font le même effet que les uniformes (militaires ou autres)
3/ apparemment, le naturel ne suffira jamais à combler l'amour immodéré de superstition de l'humain, donc vive le surnaturel.
Sophie K.   |2007-01-24 23:17:47
Non, c'est pas possible, c'est une parodie des Nuls, je vois que ça. Ou des Inconnus, éventuellement.
Sophie K.   |2007-01-24 23:23:25
Ou alors c'est de l'humour Serbe. Je suis dépassée.
Sophie K.   |2007-01-25 11:52:12
Bon, puisque personne ne réagit, je recommande un puissant salvateur : lisez, ou relisez "Art Contemporain" de Jean-Philippe Delhomme, illustrateur sarcastique et talentueux. C'est édité chez Denoël, ça date de 2001, ça vaut 20 euros et c'est bon de l'avoir dans sa bibliothèque au même titre que Reiser ou Art Spiegelman.
Garrincha   |2007-01-25 19:58:47
Ben je veux bien réagir, mais si c'ets pour qu'on me rétorque "humour serbe" et "les nuls" ...

J'ajouterais donc juste que lire un texte parlant d'une femme se frappant le thorax avec un crâne humain et le voir est très vraisemblablement une expérience complètement différente.
Garrincha   |2007-01-25 20:00:50
Et que l'idée de performance est quand même très liée à l'expérience directe de celle-ci.

Après, je vois très bien les performances que visaient Franswa et je partage son avis. Il y a juste performances et performances ...
Franswa P.   |2007-01-25 20:37:03
C'est vrai, évidemment. Le côté "voir le truc" et "voir le truc figé par une photo", tout ça. Et je suis assez d'accord.
Mais perso, il est vrai aussi que je suis super timoré sur ce genre de trucs. J'ai la chair de poule hyper rapidement, et, je veux dire... ce n'est la BONNE chair de poule.
Ceci dit, franchement, au sujet d'Abramovic, je ne m'avancerai pas. Je n'ai juste rien à dire là-dessus. Je n'ai pas d'avis.
C'est bien, parfois, de ne pas avoir d'avis, et de le faire savoir. C'est tellement rare, finalement...
Franswa P.   |2007-01-25 20:43:41
- Quoi, un type qui blogue sur un blog n'a pas d'avis sur un truc ?
- Ben ouais.
- C'est pas possible, c'est quoi ce bordel.
- Et ben oui, désolé, c'est la blogosphère qui s'assume enfin.
- Ah, d'accord.
yannick b   |2007-01-25 21:26:10
celà dit, avec un peu de connaissance en histoire de l'art, on s'aperçoit très vite que la plupart des performers inventent très, très, peu, et que l'essentiel des trouvailles vient des 30/40 premières années du 20è siècle. Et le monde de l'art contemporain de s'extasier sur ces pétards mouillés.
Sophie K.   |2007-01-25 22:41:40
Désolée, Garrincha, je ne voulais pas te blesser. Mes références ne sont pas les mêmes que les tiennes sûrement,et on n'a pas tous la même sensibilité. Disons que ce type d'art ne me parle pas du tout du tout.
Et je suis assez d'accord avec Yannick sur le "déjà-vu" d'un grand nombre de choses...
Garrincha   |2007-01-26 00:40:30
Pas de problème, S.
1. Sur le déjà vu, j'avoue que c'est le genre de choses dont je n'ai rien à foutre : l'essentiel c'est que ça me touche. Ca rejoint souvent un désir d'originalité, mais clairement pas toujours.
2. Sur Abramovic, c'est plus un truc qui était sur mon radar récent, quelque chose que je venais de lire et qui m'avait interpellé qu'une expérience amrquante. Quand j'ai cherché un contre exemple, c'est le premier qui m'est venu à l'esprit. C'était pas forcément le meilleur.
Franswa P.   |2007-01-26 01:27:57
Bonne idée, ça le débat sur l'originalité. Je le note. Et je pense aussi à un débat sur ... enfin, sur un truc, je sais plus. Mais il est super aussi.
Désolé.
Franswa P.   |2007-01-26 01:35:18
Sur la schizophrénie sociale nécessaire pour exister, c'est ça. C'éait le second thème.
Enfin bon, tout le monde s'en tape, et c'est bien normal.
yannick b   |2007-01-26 08:24:57
la question de l'originalité se pose désormais dans toutes les formes d'expression. Elle est centrale. Il faut être ( un peu ) conscient de l'histoire de l'art afin de savoir ce que l'on veut faire ( cf. itw de Manchette ).
Ce que je reproche aux performers et aux artistes modernes, en général, c'est de faire croire qu'ils innovent. Sinon, bien sûr que je peux être touché par une œuvre qui, formellement, n'apporte rien de neuf, et heureusement. Toutefois ( et je sais que certains de mes amis objecteront ) il m'apparait nécessaire alors que je sois surpris par sa thématique et ses développements. La vieille question de la forme et du fond, quoi. Je prône l'unité, voilà ma politique de l'écriture et de l'art, faites sonner les trompettes et battre les tambours.
Garrincha   |2007-01-26 10:49:15
Mouais, pour reprendre ton post plus haut, Karen Dalton ca n'a rien d'innovant. Rien avec un grand R. Et pourtant c'est grand. Vraiment très grand.

Mais Franswa n'a pas tort : je crois qu'il faut fuire ce débat comme la peste. Il n'apporte jamais rien.
Franswa P.   |2007-01-26 10:53:20
Non non, j'étais sérieux.
Je pense que ce débat, mis en perspective, peut être intéressant.
Je ne sais pas s'il apporte quelque chose, mais il peut être intéressant.
Enfin je crois.
yannick b   |2007-01-26 11:16:21
je suis aussi sérieux.
la musique représente pour moi un art tout à fait spécifique ( quelle profondeur de vue ), elle ne dit rien sur le monde, elle s'adresse à l'âme, au cœur, à l'esprit ( mais pas sous la forme de l'intelligence ou de la réflexion, disons qu'elle enrichit la vie de l'esprit, elle le nourrit, comme la poésie, qui est la branche de la littérature la plus " sensible " ), et elle vit de passion, dont le blues est une des formes les plus achevées ( et je sais que je pourrais vivre sans Karen Dalton, mais ma vie serait moins belle ).
Dans les " beaux-arts ", le monde peut commencer à entrer, à trouver une place.
Puis dans le théâtre, le cinoche, la fiction, où je tiens que les idées sont importantes ( cf. Céline et son " je hais les idées ", tu m'étonnes... ).
Tout ça est dit très rapidement, mais je pense que c'est une des clés de la création aujourd'hui.
Franswa P.   |2007-01-26 18:44:03
Une structuration visuelle marrante du panorama (n'importe quoi, cette expression).
Et je sais que tu forces le trait. Mais sur une ligne allant de "pure sensation" à "pure thèse",tu place, dans l'ordre, la musique, les beaux arts, les films et tout le boxon animé.
J'imagine que dans ce tableau, qui peut se défendre, tu places les bouquins dans la catégorie "fiction" ? C'est juste ça qui me turlupine...
Ou bien je n'ai rien compris (possible).
yannick b   |2007-01-26 18:54:41
Franswa,

oui, pour fiction, tu as bien compris ( c'était pour la distinguer des essais ). Evidemment, c'est plus subtil que ces gros traits esquissés: je n'imagine pas un roman sans émotion par ex., mais un roman qui ne serait qu'émotion m'intéresse moins ( et souvent l'autofiction n'est que ça, et pas toujours ).
Franswa P.   |2007-01-26 19:09:21
C'est donc bien ce que j'avais compris. Je respecte parfaitement ton point de vue...
(d'autant plus qu'aujourd'hui, faut pas te faire chier, on dirait... ksss ksss... revue bordel... ksss ksss... c'est sympatoche, le vieux truc de musique que tu as mis en ligne - je sais tellement à quel point les termes "sympatoche" et "vieux truc" vont te faire bondir... j'aime bien... enfin bref...)..
... enfin bref, donc, je respecter le positionnement, et le partage à condition qu'on compare bien les bouquins qui ne parlent QUE d'émotions aux autres. Mais évidemment, c'est idéal-typique.
J'adore ce mot.
Idéal-typique.
Enfin bref, là encore.
Franswa P.   |2007-01-26 19:10:29
Hum... ouais.
Je respecter.
Toi comprendre ?
Saloperie de doigts coureurs de cent mètres, alors même que la cervelle essaie de tenir l'endurance.
yannick b   |2007-01-26 19:17:46
F.,

es-tu sobre?
Franswa P.   |2007-01-26 19:26:41
Euh... ben oui... pourquoi ? Il est 19h26, quand même...
...
... ok, je retire, j'ai déjà été fin soûl à 19h26.
...
... mais là, non.
Franswa P.   |2007-01-26 19:27:33
Au passage, j'ai toujours, et là aussi, adoré l'expression "fin soûl".
Je n'ai jamais vu un pochtron super finaud. Mais je ne sors peut être pas aux bons endroits.
Ou alors souvent, le pochtron... et ben c'est moi.
Franswa P.   |2007-01-26 19:29:41
En fait, je ne suis pas soûl, mais je digresse, et je m'emballe sur n'importe quoi.
Ce qui n'est pas forcément mieux, pour favoriser la communication, je te l'accorde.
Franswa P.   |2007-01-23 23:55:14
avatar Ce n'est pas une question de secte ou pas, mais bon, encore un texte pour ne rien dire (vraiment), pour...
...
... non, désolé, PhJ, je n'ai pas pu m'empêcher. La voie est libre.
...
Désolé.
Franswa P.   |2007-01-24 00:00:12
avatar Je me fous de ma propre gueule, et c'est toi qui te prends ça sur le coin de la poire.
C'est bas, je sais - au temps pour moi.
Sophie K.   |2007-01-24 11:07:35
(Bon alors "coiffer au poteau" c'est gagner sur le fil, en gros, c'est à dire au dernier moment. On peut dire ça d'un cheval qui l'emporte dans les dernières longueurs de la course. Voilà voilà. Soit tu savais très bien ce que ça signifiait et je suis ridicule, soit tu ne savais pas et tu vas déposer des offrandes à mes pieds ou allumer des bâtons d'encens et je vais éternuer, donc je serai aussi ridicule.)
Franswa P.   |2007-01-24 11:12:45
avatar Merci Sophiek, j'ai déjà la vraie définition. Mais ça sort d'où, c'est de quelle origine ? Je ne comprends vraiment pas en quoi "coiffer au poteau" peut, d'une façon ou d'une autre, signifier "gagner sur le fil".
Mais bon, je vais pas bloquer là-dessus.
Sophie K.   |2007-01-24 11:36:37
Ca vient peut-être du monde des "turfistes"... ou de celui des courses de lévriers... Là, je t'avoue mon ignorance. Est-ce qu'on trouverait l'expression dans un Dico d'argot ?
Sophie K.   |2007-01-24 11:47:46
(PS : le poteau étant bien entendu celui d'arrivée...)
Garrincha     |2007-01-24 14:02:22
Il me semble que c'est tout simplement lié à la coiffe. Du canasson ou du jockey, je ne sais plus.

Et sinon, sur la performance artistique, un petit contre-exemple de non-fumisterie (à mon sens)
Garrincha     |2007-01-24 14:02:56
http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2007/01/10/marina-abramovic/
C'est mieux avec l'url
Franswa P.   |2007-01-24 19:08:28
Tu as raison, rien n'est moins objectif que la fumisterie.
Enfin... dans une certaine mesure.
Sophie K.   |2007-01-24 23:15:32
Oui, bon, alors là, moi je suis totalement imperméable à ce genre de travail "artistique" (M. Abramovic)... C'est pas que je trouve ça choquant, ou je-ne-sais-quoi en fait, c'est tout simplement que je me demande à quoi ça sert, quel message ça porte, s'il est utile de rappeler les errements religieux d'une population donnée (avant ou après catholicisme et consorts), pourquoi une femme d'âge mûr trouve artistique de se taper le thorax avec un crâne humain, enfin bref, on me dirait que c'est une parodie de la grande époque des Nuls, là, je comprendrais.
Décidément, je ne suis pas faite pour l'art moderne. Tout ce que je peux dire en voyant ces photos, c'est :
1/ les photos, au moins, sont belles et bien cadrées, mais chiantes
2/ les costumes folkloriques me font le même effet que les uniformes (militaires ou autres)
3/ apparemment, le naturel ne suffira jamais à combler l'amour immodéré de superstition de l'humain, donc vive le surnaturel.
Sophie K.   |2007-01-24 23:17:47
Non, c'est pas possible, c'est une parodie des Nuls, je vois que ça. Ou des Inconnus, éventuellement.
Sophie K.   |2007-01-24 23:23:25
Ou alors c'est de l'humour Serbe. Je suis dépassée.
Sophie K.   |2007-01-25 11:52:12
Bon, puisque personne ne réagit, je recommande un puissant salvateur : lisez, ou relisez "Art Contemporain" de Jean-Philippe Delhomme, illustrateur sarcastique et talentueux. C'est édité chez Denoël, ça date de 2001, ça vaut 20 euros et c'est bon de l'avoir dans sa bibliothèque au même titre que Reiser ou Art Spiegelman.
Garrincha   |2007-01-25 19:58:47
Ben je veux bien réagir, mais si c'ets pour qu'on me rétorque "humour serbe" et "les nuls" ...

J'ajouterais donc juste que lire un texte parlant d'une femme se frappant le thorax avec un crâne humain et le voir est très vraisemblablement une expérience complètement différente.
Garrincha   |2007-01-25 20:00:50
Et que l'idée de performance est quand même très liée à l'expérience directe de celle-ci.

Après, je vois très bien les performances que visaient Franswa et je partage son avis. Il y a juste performances et performances ...
Franswa P.   |2007-01-25 20:37:03
C'est vrai, évidemment. Le côté "voir le truc" et "voir le truc figé par une photo", tout ça. Et je suis assez d'accord.
Mais perso, il est vrai aussi que je suis super timoré sur ce genre de trucs. J'ai la chair de poule hyper rapidement, et, je veux dire... ce n'est la BONNE chair de poule.
Ceci dit, franchement, au sujet d'Abramovic, je ne m'avancerai pas. Je n'ai juste rien à dire là-dessus. Je n'ai pas d'avis.
C'est bien, parfois, de ne pas avoir d'avis, et de le faire savoir. C'est tellement rare, finalement...
Franswa P.   |2007-01-25 20:43:41
- Quoi, un type qui blogue sur un blog n'a pas d'avis sur un truc ?
- Ben ouais.
- C'est pas possible, c'est quoi ce bordel.
- Et ben oui, désolé, c'est la blogosphère qui s'assume enfin.
- Ah, d'accord.
yannick b   |2007-01-25 21:26:10
celà dit, avec un peu de connaissance en histoire de l'art, on s'aperçoit très vite que la plupart des performers inventent très, très, peu, et que l'essentiel des trouvailles vient des 30/40 premières années du 20è siècle. Et le monde de l'art contemporain de s'extasier sur ces pétards mouillés.
Sophie K.   |2007-01-25 22:41:40
Désolée, Garrincha, je ne voulais pas te blesser. Mes références ne sont pas les mêmes que les tiennes sûrement,et on n'a pas tous la même sensibilité. Disons que ce type d'art ne me parle pas du tout du tout.
Et je suis assez d'accord avec Yannick sur le "déjà-vu" d'un grand nombre de choses...
Garrincha   |2007-01-26 00:40:30
Pas de problème, S.
1. Sur le déjà vu, j'avoue que c'est le genre de choses dont je n'ai rien à foutre : l'essentiel c'est que ça me touche. Ca rejoint souvent un désir d'originalité, mais clairement pas toujours.
2. Sur Abramovic, c'est plus un truc qui était sur mon radar récent, quelque chose que je venais de lire et qui m'avait interpellé qu'une expérience amrquante. Quand j'ai cherché un contre exemple, c'est le premier qui m'est venu à l'esprit. C'était pas forcément le meilleur.
Franswa P.   |2007-01-26 01:27:57
Bonne idée, ça le débat sur l'originalité. Je le note. Et je pense aussi à un débat sur ... enfin, sur un truc, je sais plus. Mais il est super aussi.
Désolé.
Franswa P.   |2007-01-26 01:35:18
Sur la schizophrénie sociale nécessaire pour exister, c'est ça. C'éait le second thème.
Enfin bon, tout le monde s'en tape, et c'est bien normal.
yannick b   |2007-01-26 08:24:57
la question de l'originalité se pose désormais dans toutes les formes d'expression. Elle est centrale. Il faut être ( un peu ) conscient de l'histoire de l'art afin de savoir ce que l'on veut faire ( cf. itw de Manchette ).
Ce que je reproche aux performers et aux artistes modernes, en général, c'est de faire croire qu'ils innovent. Sinon, bien sûr que je peux être touché par une œuvre qui, formellement, n'apporte rien de neuf, et heureusement. Toutefois ( et je sais que certains de mes amis objecteront ) il m'apparait nécessaire alors que je sois surpris par sa thématique et ses développements. La vieille question de la forme et du fond, quoi. Je prône l'unité, voilà ma politique de l'écriture et de l'art, faites sonner les trompettes et battre les tambours.
Garrincha   |2007-01-26 10:49:15
Mouais, pour reprendre ton post plus haut, Karen Dalton ca n'a rien d'innovant. Rien avec un grand R. Et pourtant c'est grand. Vraiment très grand.

Mais Franswa n'a pas tort : je crois qu'il faut fuire ce débat comme la peste. Il n'apporte jamais rien.
Franswa P.   |2007-01-26 10:53:20
Non non, j'étais sérieux.
Je pense que ce débat, mis en perspective, peut être intéressant.
Je ne sais pas s'il apporte quelque chose, mais il peut être intéressant.
Enfin je crois.
yannick b   |2007-01-26 11:16:21
je suis aussi sérieux.
la musique représente pour moi un art tout à fait spécifique ( quelle profondeur de vue ), elle ne dit rien sur le monde, elle s'adresse à l'âme, au cœur, à l'esprit ( mais pas sous la forme de l'intelligence ou de la réflexion, disons qu'elle enrichit la vie de l'esprit, elle le nourrit, comme la poésie, qui est la branche de la littérature la plus " sensible " ), et elle vit de passion, dont le blues est une des formes les plus achevées ( et je sais que je pourrais vivre sans Karen Dalton, mais ma vie serait moins belle ).
Dans les " beaux-arts ", le monde peut commencer à entrer, à trouver une place.
Puis dans le théâtre, le cinoche, la fiction, où je tiens que les idées sont importantes ( cf. Céline et son " je hais les idées ", tu m'étonnes... ).
Tout ça est dit très rapidement, mais je pense que c'est une des clés de la création aujourd'hui.
Franswa P.   |2007-01-26 18:44:03
Une structuration visuelle marrante du panorama (n'importe quoi, cette expression).
Et je sais que tu forces le trait. Mais sur une ligne allant de "pure sensation" à "pure thèse",tu place, dans l'ordre, la musique, les beaux arts, les films et tout le boxon animé.
J'imagine que dans ce tableau, qui peut se défendre, tu places les bouquins dans la catégorie "fiction" ? C'est juste ça qui me turlupine...
Ou bien je n'ai rien compris (possible).
yannick b   |2007-01-26 18:54:41
Franswa,

oui, pour fiction, tu as bien compris ( c'était pour la distinguer des essais ). Evidemment, c'est plus subtil que ces gros traits esquissés: je n'imagine pas un roman sans émotion par ex., mais un roman qui ne serait qu'émotion m'intéresse moins ( et souvent l'autofiction n'est que ça, et pas toujours ).
Franswa P.   |2007-01-26 19:09:21
C'est donc bien ce que j'avais compris. Je respecte parfaitement ton point de vue...
(d'autant plus qu'aujourd'hui, faut pas te faire chier, on dirait... ksss ksss... revue bordel... ksss ksss... c'est sympatoche, le vieux truc de musique que tu as mis en ligne - je sais tellement à quel point les termes "sympatoche" et "vieux truc" vont te faire bondir... j'aime bien... enfin bref...)..
... enfin bref, donc, je respecter le positionnement, et le partage à condition qu'on compare bien les bouquins qui ne parlent QUE d'émotions aux autres. Mais évidemment, c'est idéal-typique.
J'adore ce mot.
Idéal-typique.
Enfin bref, là encore.
Franswa P.   |2007-01-26 19:10:29
Hum... ouais.
Je respecter.
Toi comprendre ?
Saloperie de doigts coureurs de cent mètres, alors même que la cervelle essaie de tenir l'endurance.
yannick b   |2007-01-26 19:17:46
F.,

es-tu sobre?
Franswa P.   |2007-01-26 19:26:41
Euh... ben oui... pourquoi ? Il est 19h26, quand même...
...
... ok, je retire, j'ai déjà été fin soûl à 19h26.
...
... mais là, non.
Franswa P.   |2007-01-26 19:27:33
Au passage, j'ai toujours, et là aussi, adoré l'expression "fin soûl".
Je n'ai jamais vu un pochtron super finaud. Mais je ne sors peut être pas aux bons endroits.
Ou alors souvent, le pochtron... et ben c'est moi.
Franswa P.   |2007-01-26 19:29:41
En fait, je ne suis pas soûl, mais je digresse, et je m'emballe sur n'importe quoi.
Ce qui n'est pas forcément mieux, pour favoriser la communication, je te l'accorde.
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