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...Le monde du travail. Courir, courir, courir. Baver, baver, baver. En baver à force de courir, mais continuer quand même. Voilà une bonne introduction bien engageante pour savoir précisément ce qu'on va trouver dans ce gentil petit bordel - pardon, "billet" -, et pour ne pas du tout avoir envie de continuer, justement, à salir ses yeux par ici, juste là, dans la zone précise où les poubelles sont entreposées en temps normal, tout simplement parce qu'il y a écrit "Machinswa P." en grosses lettres grises en'd'ssus. Manque de pot, pour vous, vous êtes encore là. Si vous avez estimé que la répétition facile et ternaire de deux fois un verbe à l'infinitif, suivie d'une pirouette maladroite pour coller les deux verbes en question en une osmose factice de pubard était toute pourri(t)e, mais qu'après tout, puisque vous aviez commencé, autant continuer - au moins l'intro, ça n'engage à rien -, je me soumets. Sinon, je... bon, sinon je n'y peux rien, et vogue la bonne grosse galère sillonnée des similo-stéroïdes au parfum de "putain, c'est moi qui écrit, et y a personne pour m'en empêcher, c'est incroyable." Enfin bref, la blogomorphine, quoi. En tout cas, aujourd'hui, on va palabrer de la schizophrénie nécessaire pour garder les pieds sur terre alors qu'on sied peinard dans le temple du surréalisme... j'ai nommé, "l'Entreprise"(TM). Cette intro n'a rien à voir avec le sujet ? Oh, pardon. C'est vrai. Quoique.
Notre société est finalement super libertaire, quand même. En tant qu'être humain majeur, c'est à dire pas encore mort mais conscient qu'il le sera un jour, nous disposons tout de même d'un vrai choix à trois items : 1. exister comme on est. 2. se faire croire qu'on existe par le travail. 3. survivre (en disparaissant, donc - forcément, c'est logique - ben oui mêdême). Je n'aborderai pas ici les deux premiers points : nous avons tous essayé le premier, et je connais peu de gens qui sont restés vivants en suivant la seconde voie. Reste la troisième. Ronger son frein dans l'ombre, se dire qu'il faut payer les factures, quand même, et se glisser pépère entre un bureau et une armoire, Ikéa tous les deux, entre un truc à faire tourner, un truc à améliorer et un truc à mettre en place, comme ça, comme de rien, et pour rien finalement parce que ça ne nous concerne pas vraiment. Parce que bon, on s'en fout quand même un peu, quand même, un peu quand même donc.
La journée commence tranquille. On se réveille, et on n'a pas envie, mais on ne se pose pas vraiment à la question, et on prouve donc, par ce seul fait, qu'on a déjà adhéré au truc. Ben oui, merde, comment faire autrement, au bout du compte. Pas faux. Parce qu'on a essayé, hein, on a eu des rêves, bordel de merde, on a voulu croire en des trucs qui avaient une autre gueule que celle-là. On a rêvé que le seul fait de ne pas devoir tous les jours se pointer en tailleur ou costard sur son lieu de travail ne serait jamais, en soi, un motif de satisfaction acceptable. Et puis si. D'ailleurs, on est passé par tous les points, des phrases sont sorties de nous sans même qu'on puisse vraiment en contrôler le flux : "ah ouais, mais c'est hyper relax', tu vois", "putain, ce qui est cool, tu vois, c'est que je peux commencer ma journée quand je veux, tu vois. Si je veux arriver à neuf heures trente, à condition de ne pas le faire tous les jours, ça passe, trop cool, mec" ou encore, et surtout "ouais, c'est pas super bien payé. Mais il y a les tickets restaurants, et puis si on est malade un jour, le patron dit rien." Wouw. Super. Les phrases ont fusé de notre bouche alors même qu'on ne leur avait pas vraiment demandé quoi que ce soit, et la satisfaction, cette conne, a surgi précisément au même moment. La liberté, mec, la liberté totale : j'ai une épargne salariale. Wouw. Tourne ta tête, Sidney, tu as le groove en toi, et tu as des Pilot bleus et noirs et des Post-It à profusion, c'est trop hip-hop. Bon, par rapport à ça, on fait quoi ? Dans la mesure où l'on s'en rend compte, ce qui n'est pas une évidence non plus. On continue à clamer, à hurler sur les toits qu'on bénéficie aussi de jours de RTT qui nous sont de toutes façons dûs ? On cherche des collègues sympas à droite à gauche, et on les trouve - parce qu'il y en a toujours et partout -, et on les trimballe de soirée en soirée parce que bon, tu vois, dans ma boîte c'est trop fun ? On ronge son frein comme un client de bistrot ingurgite des cacahuètes au kilomètre en mettant soigneusement un voile sur le fait que, bon, un frein d'entreprise ou une cacahuète, avant de nous arriver dans la bavarde, il ou elle est déjà marqué(e) par deux douzaines de traces d'urines différentes (et que si on ne se le ou la carre pas au coin du palais, à un moment où l'autre, un nouveau producteur d'urine va le ou la gober) ? Quoi, ça ? Vraiment ? Pas sûr. Dans le monde de l'entreprise, je veux dire, dans la vie de manière générale, on est confronté soudain à un choix terrifiant, reposant sur deux axiomes extrêmement simples : 1. C'est salement pourrave, ça présente vraiment une sale gueule. 2. Il n'y a pas grand chose d'autre finalement. A partir de là, encore et excusez par avance les énumérations lourdes, on n'a le choix qu'entre trois positionnements - trois et pas plus. Premièrement, se résigner salement, s'en faire une raison, et se faire croire qu'au bout du compte, notre situation présente est moins pourrave que celle d'un autre. Constat facilité à la fois par le fait que bon, des gens plus dans la merde que nous, il y en a toujours, et que bon, on se connaît assez pour se faire gober n'importe quoi à soi-même, et même ça. Deuxièmement, on peut tout envoyer chier, et alors on se retrouve salement dans la merde, par définition. On va multiplier les interactions aussi bizarroïdes que satisfaisantes, mais toujours fugaces, jamais persistantes, et on se retrouve finalement le bec dans l'eau, le nez dans la merde - une merde qui en plus, ne peut pas se gargariser d'un quelconque caractère exotique parce que ce n'est jamais que la nôtre propre, enfin si vous voyez ce que je veux dire. Et puis, troisième solution, planche de salut éternelle sur laquelle des tas de gens maraudent déjà sans même forcément en être conscients : la schizophrénie professionnelle... Ca, c'est un programme ! Déconnexion totale de "la vie au boulot" (TM) et de "la vraie vie" (TM), fuite éternellement salutaire vers une vision bipolaire de son propre monde. Je suis ce que je fais professionnellement, d'accord, mais alors seulement sur mon lieu de travail. Le reste du temps, je suis juste Moi, et c'est déjà pas mal, quand on y regarde de près. Ce n'est pas "pas mal" parce que je suis génial, non. Ce n'est pas "pas mal" parce que je suis un incompris, non. Ce n'est pas "pas mal", donc c'est bien, seulement parce que je me suis posé la question, et que déjà, sur cette parcelle de terre fraîche tout juste taquinée par ma propre pelle de puceau du truc, des choses jaillissent, surgissent, dont je n'avais même pas soupçonné l'existence. La schizophrénie : voilà le (seul) moyen de tenir debout face au Monde. Pas assis, non, le cul vrillé comme celui d'un connard de rond-de-cuir. Pas couché, non plus, comme un ci-gisant souffreteux, qui se complaît dans son interaction avec le sol. Non. Juste debout comme un combattant du quotidien - merde, l'expression fait cliché. Mettons... Debout comme un type debout, simplement, et c'est déjà pas mal. Mais là encore, les récifs ne sont pas loin, et vous lorgnent du coin de l'oeil, putes racoleuses, succubes siréniennes qu'ils sont, ces merdeux. A tribord, un gros plotch dans la mare de boue, un vautrage de cochon dans ses propres défécations - bref, le fameux "je plie les gaules, vous me libérez les sphincters" dont je parlais plus haut. A bâbord, cette île foireuse faite de résignation, "ouais, j'ai des noix de coco, mec, viens, mec, et si tu aimes les animaux, sauvages en plus, j'en supporte des tas sur mon sol... euh... mec ?" - des jaguars sur terre et, si l'envie vous prend de vous tremper les fesses pour changer, des requins qui tournent en rond dans leur grande mare salée. Super. Vous avez réussi à être schizophrène professionnellement, c'est déjà bien. Vous avez envie de changer d'écurie, ne vous y trompez pas. Celle-ci est la seule qui vous permet de ne finir ni mort (noyé dans vos productions) ni mort (noyé dans les productions des autres). Tenez fermement la barre, et cap là-bas, juste devant vous. Tant que vous menez votre propre bâteau, vous n'êtes pas un préposé aux galères.
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Rhô, me dis pas que t'aimes pas Nick Cave...
Rhô, me dis pas que t'aimes pas Nick Cave....
Nick Cave...
(De Nick Charles à Nick Cave, je me demand...
Bon, j'ai pas d'idée de post, en ce moment...