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(...16 règles d'or pour tenir un blog littéraire en plastique mort.) Il y a débat et débat. Il y a le débat passionné, mettant en présence des gens qui s'affrontent, face à face, gueules baveuses collées l'une à l'autre - des positions tranchées jusqu'aux yeux et les poings serrés avec hargne au fond des poches. Le vrai débat, à couteaux tirés, reposant sur quelques préceptes simples et valables, comme l'aveuglement dans la dispute, la mauvaise foi quand on se sent vraiment faiblard-sur-ce-coup-là, et contre vents et marées, une assurance force quinze en guise de drapeau. Le vrai débat, quoi. Un vrai débat est un jeu de dupes, certes, mais dont tous les participants sont finalement au courant de la valeur relative de leurs propos, tout en poursuivant un but tant obsessionnel que salvateur : persuader l'autre coûte que coûte. Avec de la violence, oui. Avec de la colère, oui. Avec de la mauvaise foi, de l'empressement, des imprécisions, oui. Avec des contradictions, oui. Et alors ?
Et puis il y a l'autre débat, la version dévoyée du premier : le magma, la tourbe, le débat en plastique mou. L'uniforme du proto-toréro qui entre dans l'arène en se demandant déjà comment il va pouvoir réussir à séduire le taureau avant que ce dernier ne l'écorne une bonne fois pour toutes. Une joliesse un peu arquée, un peu déhanchée, essayant de persuader tout un chacun de pas grand chose, et surtout de ne se mettre mal avec personne, Dieu l'en préserve. La critique sur une patte, l'opinion sans coffre, le positionnement vaguement stable d'une girouette rouillée. Construire un monde meilleur, faire avancer la réflexion à grands coups de "la vie, c'est mieux quand on sourit" - "oui, je suis d'accord avec toi" - " moi aussi" - "moi aussi et en plus, tu l'as bien dit" - "ah ouais, toi aussi, tu travailles chez Procter ? " - un programme alléchant, vraiment. J'ai nommé le magazine voisin (j'hésitais sur un jeu de mot pourri, "bouse"-"buse" / "abuse"-"brise", mais finalement, non, "buzz", en soi, c'est juste parfait)... le magazine voisin, donc, notamment, et pas que, mais surtout quand même. Rien de personnel, juste la conséquence naturelle d'un agacement exponentiel - l'effet cocotte-minute, donc. Et tic-tac, désolé, le boum, c'est pour aujourd'hui. L'horloge interne, quoi.
Donc, pour tenir, tête baissée, une entreprise comme celle-là, il suffit de se donner le temps d'en perdre un maximum, et de s'arquebouter, crispé, sur quelques préceptes simples qui acquièrent alors valeur d'exemples. A savoir :
1. Tout le monde est bien, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. 2. Un écrivain vivant respire, donc il faut lui fournir un maximum d'oxygène. Un écrivain mort ne respire pas, rien ne sert donc d'en parler. 3. Une personne célèbre est une personne valable, peu importe la hiérarchisation des talents. 4. Si quelqu'un chie sur un auteur qu'il n'a pas lu, c'est parce qu'il est dogmatique. Si quelqu'un chie sur un auteur qu'il a lu, c'est parce qu'il est négatif. Si quelqu'un chie sur un auteur qu'il a étudié de près, c'est parce qu'il est contradictoire avec lui-même (?!). S'il se défend, cf point 1. 5. Un littérateur qui hurle est un wannabee s'il n'est pas publié, un écrivain de merde s'il ne vend pas, un orgueilleux abject s'il vend bien. Le principal étant de ne pas se remettre en cause soi-même, à aucun moment. 6. Il est important de défendre des positions éculées et évidentes, pour se donner un genre, du type « la guerre, c'est mal », « le sida, je suis contre » ou « une femme est forcément spoliée en soi ». 7. Si quelqu'un chie sur une auteure, c'est donc parce qu'il est misogyne. Point final. 8. Tout se vaut. 9. Donc tout se veau. 10. Les expressions toutes faites peuvent être reprises sans scrupule aucun, c'est même à ça qu'elles servent. Ne nous demandons pas si nous sommes des wannabe-critiques, considérons tous les contempteurs comme des "wannabee-écrivains" (TM). Si quelqu'un défend trop fort un point de vue, traitons le de "Zorro" ou de "justicier". Si quelqu'un aligne les poncifs, applaudissons-le. Embrassons tout le monde sur la bouche, l'univers est quand même plus joli quand toutes les lèvres sont collées - et puis les Freedent sont là pour ça. 11. La diplomatie fait tout. Ce qu'on n'aime pas n'est « pas en phase avec nous », ce qu'on déteste « pas très pertinent », ce qu'on vomit « pas très digeste ». 12. L'ennemi de mes ennemis est mon ami, même si je n'ai pas d'ennemi , en fait, seulement des amis et des « moins amis » (TM). Si un ami tape trop fort sur un « moins ami » (TM), soulignons le fait qu'il n'est pas assez diplomate, mais qu'il a raison quand même. Mais qu'il n'est pas diplomate, mais... etc. 13. Critiquer, c'est se plaindre. Se plaindre, c'est mal. Etre constructif, c'est applaudir à tout. 14. Par extension du point 13, dire « oui » à tout constitue une prise de position critique extrêmement engagée. 15. Si on n'a rien à dire, ne disons rien, mais avec des « blagues-drôles » (TM) dedans. Et par écrit de préférence, comme ça c'est enregistré sur le World-Wide-Monde-d'Internet. 16. Un auteur de merde est un auteur lu, donc un auteur qui a des lecteurs, donc le critiquer revient à critiquer ses lecteurs (n'importe quoi). Si en plus l'auteur en question est une femme, la critiquer revient à critiquer l'ensemble des femmes (n'importe quoi bis, mais avec le sourire - c'est cool c'est fun c'est léger c'est gratuit c'est Internet). Si quelqu'un critique un blond, c'est une attaque contre tous les blonds, c'est bien connu. C'est bon, vous êtes prêt, maintenant. Foncez. Sur un malentendu, ça peut marcher. On me dira : « mais dans ces cas là, si tu penses tout ça, pourquoi tu vas voir le site en question ? ». Et je répondrai simplement : « ben ouais, pas con. »
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link:http://www.youtube.com/watch?v=Esb...
Chez Zoë, y a bagarre !!!
Je reviens sur cognée: son tableau presqu...
link:http://www.youtube.com/watch?v=Esbt...
pour entretenir la polémic à Zoe: image:...