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Écrit par Franswa P.   
02-03-2007

    D'émail. Cerné d'émail. De carrelage. De matériaux froids et visqueux. Entouré d'émail et de froid dans la tête et de sang derrière les yeux. Du carrelage peint funky, jaune ou orange, du carrelage smooth mais froid quand même, tout autour. Du carrelage qui fait semblant, du carrelage instrumentalisé à souhait, mais de l'émail blanc, blanc brillant, parce que personne ne l'a jamais pensé autrement.

    Une première honte, parce qu'on y a pensé : « du carrelage smooth », « du carrelage funky ». Fuite éhontée vers l'anglicisme affleurant, parce que c'est quand même facile, quand on y pense bien peu. Du carrelage autour, quand même, smooth ou pas, et la tête enserrée dans nos propres poings, nos cheveux agrippés, la quête despérée d'un reflet suffisamment valable, suffisamment reflétant finalement, dans le carrelage qu'on maudit pourtant, pour nous donner l'occasion de nous recomposer un visage qui nous permettrait d'exister quand même. Publiquement. Publiquement - ah, ça, c'est important, finalement.

Le bonhomme se baladait sur un boulevard, perdu dans une divagation onirique qui aurait pu être jolie si elle n'avait pas été interrompue si brutalement. Par un autre bonhomme, souriant, sympathique. Un harangueur aux grands pieds, un rhétoricien démagogue, un blablateur charmant sinon charmeur. Le type qui se pointe, une fois, deux fois, vingt fois, cinquante fois dans votre vie, mais qui pourtant, à chaque fois successive, vous donne l'impression que celle-ci est la première. Parce que vous êtes fatigué, au sens vraiment roturier du terme, mais que vous préférez quand même, benoîtement, vous estimer fatigué plutôt qu'en lambeaux. Le type qui est toujours là, frayant en permanence dans les mêmes eaux que celles qui vous abritent, l'omniprésent bonhomme de plomb, dans les bras duquel vous avez pourtant envie de vous jeter, systématiquement, dès l'instant où votre cerveau daigne enfin vous livrer l'information fatidique : « il est là, il existe, sur Terre - un plus-loquedu-que-toi-finalement ».

Le bonhomme se baladait donc, sur un boulevard donc aussi, et l'autre bonhomme l'accoste directement, sans l'ombre d'une hésitation - des milliards de bonshommes sur terre et pourtant, là, c'est pour lui. Entre des milliards. Le coup de foudre amical, le copinage de la Cour des Miracles, le "je te file une clope si tu me paies une bière", le « dring dring » muet qui défonce les tympans. Le deuxième bonhomme arrive et, mieux ou pire encore, il est doué de parole :

- A un moment, j'ai hésité. J'avais beau fermer les yeux, j'avais beau fixer la carte des vins affichée au mur, j'avais beau la détailler, l'éplucher, l'analyser, oublier que j'étais seul en place, j'avais beau la mémoriser ligne après ligne, dans un ultime effort digne, je sentais quand même ces deux connards qui me tapotaient sur le crâne. Deux esprits, deux fantômes, deux anges, peu importe. Deux entités extérieures, de toute façon. D'un côté, pénible et lancinant, le rabat-joie de base qui susurre quelque chose comme « arrête, tête de con, t'es en train de sombrer, il n'est peut-être pas trop tard... pas vrai ? ». De l'autre, puissant, ventripotent, lascif, le héros-d'après-minuit, le type en toge crasseuse qui n'a même pas besoin de dire grand chose, tellement son sourire est évocateur. Mais qui le dit quand même – pas avec des mots, oh la, non, juste avec un sourire : «  tu es là pour te punir, oui ou merde ? Question subsidiaire : tu as là tout ce qu'il faut pour te punir proprement, oui ou merde ? »

Questions rhétoriques, bien évidemment. Attention, par « rhétoriques », il faut bien évidemment entendre, ou lire, « qui n'attendent pas vraiment de réponse », quelque chose comme ça. Le genre de questions qui se positionnent tout naturellement entre les questions vraiment ouvertes (« tu aimes bien le rap ? ») et les questions inextricables, quoi que vous fassiez-disiez (« à quoi tu penses, là ? » ou, dans un registre plus inextricable encore : « tu ne trouves pas que je suis un peu gros(se) ? »). Questions rhétoriques, simplement, parce que la réponse est dans la question. Bien sûr que la punition est auto-infligée, bien sûr que l'affliction, que la complaisance masochiste constitue la base de qu'on est venu chercher ici. Et bien sûr que, comme par hasard, on est venu ici précisément parce que, plus ou moins consciemment, on savait que toute la matière première nécessaire à une bonne auto-flagellation y était réunie. D'ailleurs, c'était simple, au bout du compte, il y avait marqué " Bar ", en grosses lettres suppurant le néon rouge, en plein dessus - c'était déjà un indice, à tout le moins.

Et puis, le premier bonhomme, un peu inquiet d'être confronté, en cette heure tardive, à un esprit chagrin qui, dans son chagrinisme spiritueux, l'a pourtant démasqué en deux trempes trois mouvements, le premier bonhomme décide, donc, dans un dernier sursaut, de fixer la Bête dans les tréfonds de ses yeux de Bête. Peut-être, allez savoir, pour se prouver que, d'un onirisme à l'autre, il n'est pas encore en train de divaguer, tout simplement. On ne sait jamais, l'Homme est une chose qui se raccroche à tout ce qui l'entoure, à tout ce qu'il n'a pas encore détruit, lui, ou bien ses pairs mégalos.

Et quand, après être enfin parvenu à river son regard dans le regard de l'autre, il s'aperçoit avec terreur que l'autre n'est qu'un mur de pierre comme il y en a trois milliards sur terre, qu'il est seul et que la pierre taillée, quand on y pense, n'est jamais rien d'autre qu'une énième incarnation de la matière froide et visqueuse à laquelle il était confrontée quelques minutes auparavant, dans les toilettes de ce bar dont il aurait dû sortir deux heures avant qu'il en soit effectivement sorti, et ben le bonhomme, il flippe. Et il tremblotte. Et il se dit que les propositions relatives, c'est sympa, mais qu'il ne faut pas en abuser quand même.

Alors, pour se donner un genre, il vomit sur le sol. Et au moment précis où il constate, presque amusé, que cette expulsion de corps étrangers dessine la forme, peu ou prou, de son cerveau et que, par voie de conséquence, son cerveau n'est jamais rien d'autre qu'un agrégat de corps étrangers plus ou moins dicibles, il bloque le tremblement de son poignet droit dans la rigidité violente de sa main gauche, et décide, tranquillement, de rentrer s'affaler chez lui plutôt que d'arrêter une bonne fois pour toutes de respirer.

Décision pour laquelle peu de gens sur terre l'applaudiront vraiment, mais dont il se sent quand même un petit peu fier, parce que, qu'on le veuille ou non, et à cette heure-ci, il se sent vraiment disposé à se tolérer quand même un tantinet, globalement. A tort ou à raison, certes, mais aussi contre vents et marées.

Commentaires
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sophiek   |2007-03-02 11:39:42
avatar "Delirium tremens", ô Franswa ? En fait, j'ai pas tout compris... mais je ne suis pas dans l'état de ton personnage, donc c'est normal...
Franswa P.   |2007-03-02 11:52:07
Non non, ça va.
En fait, il n'y a rien de plus difficile que de se mettre dans la tête d'un personnage ivre... à moins de l'être, évidemment (mais alors, bon, la production, hein, on dira ce qu'on en voudra mais... enfin on en dira ce qu'on voudra bien en dire, je ne m'étends pas). Donc moi non plus, là, je n'étais pas dans l'état de mon personnage.
En fait, c'est juste une tentative. Le double onirique, la déformation des formes courantes, les dialogues en marge, la focalisation sur des matières froides, la paranoïa facile, l'autocomplaisance... bref, tout un tas de trucs bordéliques.
D'ailleurs, si ça l'est trop (bordélique), si c'est même trop abscons, c'est simplement que la tentative ne fut pas un succès, sans doute.
Mais bon, il faut bien essayer des trucs, aussi...
sophiek   |2007-03-02 12:13:30
avatar Ce n'était pas une critique négative, Franswa ! Le mot delirium tremens, je l'appliquais à ton personnage, pas à toi, évidemment ! M'enfin !
Franswa P.   |2007-03-02 12:17:50
avatar Oui, non, pardon (j'adore les gens qui commencent leurs phrases par oui, non - c'est toujours très bon signe, globalement), mais ça a ricoché sur un truc auquel j'étais en train de penser.
Aucun problème, évidemment(et quand bien même la critique eut été négative, d'ailleurs).
Kill Me Sarah     |2007-03-02 12:19:28
Funky carrelage c'est l'album posthume de James Brown ou quoi?
Ok.
Je sors.
C'est ma journée commentaires lamentables.
Kill Me Sarah     |2007-03-02 12:21:33
En même temps il y a avit déjà Carrelage Whisper de Georges Michael.
Ok.
Je suis DEJA dehors.
sophiek   |2007-03-02 12:23:21
avatar J'adore quand KMS fait ce style de commentaires, je me régale de rire...
Franswa P.   |2007-03-02 12:27:40
avatar Eh eh, KMS. En général, moi c'est pareil, je traîne rarement longtemps à l'intérieur.
Tiens, je vais me faire un funky kawa avec mon smooth percolateur.
yannick b   |2007-03-02 12:49:25
Franswa,

sois plus irlandais, allusion auto-cryptique à multiple entrées magnéto-cérébrales.
sophiek   |2007-03-02 12:54:16
avatar Alors voilà... Là non plus j'ai pas capté. je capte rien, aujourd'hui. Pourtant, y'a du soleil...
yannick b   |2007-03-02 13:03:59
Sophie, ne te frappe pas, c'est une pure provocation de ma part.
Franswa P.   |2007-03-02 13:04:00
Yannick,
euh... ok ? J'ai bon, si je réponds "ok ?".

Sophie,
Mais si, c'était hyper limpide. Il suffisait de répondre "ok".

Yannick,
Euh, non, je comprends vraiment pas. Mais je suis curieux.

KMS,
Ouais, il fait quand même un peu F.R.O.I.D., dehors. Moi, je me l'épèle (jeu de mots = drôle = rire).
cassiopée  - Le carrelage, ça fait pas froid aux pied     |2007-03-02 13:15:26
Y a pas de pustules finalement, enfin, ça manque pas :-).
Franswa P.   |2007-03-02 13:18:27
Ouais bon. Les pustules, ça arrivera, Cassiopée, t'inquiète. Enfin j'en sais rien, mais disons que ce genre de cradouillerie peut toujours surgir au détour d'une phrase...
Pour ton plus grand bonheur, je l'ai bien compris.
yannick b   |2007-03-02 13:47:52
l'énigme est limpide: si l'ivresse est ton sujet, adresse-toi à un Irlandais: Joyce, O'Brien, R.McLiam Wilson.
Une anecdote: un vrai pote, traducteur, se retrouve dans un bar à New-York. Il écluse les verres au comptoir en compagnie d'une bande mecs. Après je ne sais plus combien de whiskies, un des mecs lui dit: « Ça, c'était pour la soif, maintenant, on va BOIRE! » Et ç'a continué comme ça, à un rythme infernal, jusqu'à ce que mon pote s'aperçoive ( comment, dans l'état qu'il était, mas les autres ne devaient guère être plus frais ) que les mecs avaient tous des flingues à la ceinture.
C'étaient des flics d'origine irlandaise qui fêtaient je ne sais plus quoi, la St-Patrick peut-être...
franck-olivier     |2007-03-02 14:21:32
Je confirme, ADRESSE-TOI à des irlandais...pendant que j'écrivais "inco et sat" je fréquentais beaucoup un dramaturge irlandais, un colosse de plus d'1m90 et qui pesait bien son quintal...lorsqu'il commençait à boire il y avait longtemps que moi j'en étais à compter les rayures du carrelage...bon, ceci explique peut-être cela...mouarf!!
franck-olivier     |2007-03-02 14:33:21
Ben j'aime bien ce texte Franswa..."On ne sait jamais, l'Homme est une chose qui se raccroche à tout ce qui l'entoure, à tout ce qu'il n'a pas encore détruit, lui, ou bien ses pairs mégalos." hé hé, c'est si vrai

Sophie, dans le car qu'on aura loué pour aller manger des moules frites je-sais-plus-trop-où...On peut prévoir une armoire à pharmacie pleine d'aspirine ? hein ? nan, j'dis ça j'dis rien hé hé
Franswa P.   |2007-03-02 14:37:26
Je n'ai qu'un mot à dire, en forme de déclaration-la-larme-à-l'oeil :
Nous sommes tous des flics irlandais.
yannick b   |2007-03-02 15:01:07
sinon, Franswa, si tu cherches la meilleure façon de se conduire sous alcools ( tous ) et drogues ( à l'exception de l'héro ), c'est à dire de rester un gentleman en toutes circonstances et quelles que soient les quantités ingurgités, je te conseille de suivre Crumley, l'UNIQUE alcoolique ( et camé ) que je respecte.
Franswa P.   |2007-03-02 15:12:08
L'unique ? Je... tu piques ma curiosité, sur ce coup là.
Dois-je en déduire qu'il n'est d'aucune utilité de dresser une liste de quelques alcooliques de génie et te la soumettre pour vérification de ce credo quelque peu exclusif ? Attention, je ne dis pas "alcoolique" donc "de géni", hein, faudrait pas voir à déconner. Mais, disons, "alcoolique" ET "de génie", hein, bon.
J'ai passé la période ado-béat-rimbaldien, quand même, cette belle période durant laquelle tu te serines régulièrement à toi-même : "en fait, plus je suis bourré, plus je suis super (d'ailleurs, la preuve, même mon vomi est super, quand je m'y mets)."
Franswa P.   |2007-03-02 15:14:13
(en tout cas, je viens d'écrire ce commentaire comme un vrai pochtron, avec des phrases en Kobaïen et des "e" muets qui s'éclipsent)
yannick b   |2007-03-02 15:37:09
je parle de ceux que je connais ( bon, des génies, pas tant que ça, sûr ) et que j'ai fréquentés. Les alcoolos, de façon générale ( connus ou pas connus ), me font chier, et Crumley reste l'exception.
Au cours de la semaine que nous avons passés ensemble ( et qui a coûté pas loin de 10.000 euros à Gallimard en frais divers, Jim avait coutume de dire: « C'est Antoine qui paie », j'en hurle encore de joie, d'un rire tout intérieur ), jamais il n'a manifesté un défaut de comportement ou de parole, ce qui reste une prouesse incroyable quand je sais ce qu'il a consommé ( et je le sais parce que j'allais le réveiller et le coucher, enfin, le coucher, pas toujours, j'ai jeté l'éponge quelquefois bien avant lui et en n'ayant pas absordé le dizième de ses mélanges ( si je dis que je ne touche pas à la came, me croira-t-on, c'est pourtant vrai ).
Franswa P.   |2007-03-02 15:40:08
Ah ok.
Effectivement, je comprends mieux.
(- merci Franswa, pour ce commentaire de commentaire vraiment-très-intéressant.
- Oh, de rien.
- Oui, c'est exactement ça. De rien du tout.)
sophiek   |2007-03-02 15:49:00
avatar Je savais que Crumley buvait sec, mais pas qu'il usait d'autres drogues. Cela dit, il a quand même un visage à la fois fort sympa et fort "buriné"... avec de belles valoches sous les yeux. Sacré bonhomme, en tout cas, côté écriture.
yannick b   |2007-03-02 16:02:17
l'accompagner était une sorte d'exercice zen de traviole de la maitrise de soi. J'ai beaucoup appris à ses côtés, et je le dis sans sourire, c'était une leçon, mais que je ne pouvais pas suivre complètement, j'en serais mort.
L'article que j'ai rendu à Libé-Mag était passible de 7 procès, pour diverses infractions et m'a valu une réputation de dépravé total, que ceux qui me connaissent intimement savent fausse.
Un jour, oui un jour, il faudra que j'écrive toute l'histoire de ma semaine passée avec James Crumley, le gringo magnifique.
franck-olivier     |2007-03-02 18:25:29
Bon, et tu t'y colle quand Yannick ? y a comme un parfum d'anthologie par ici hé hé
yannick b   |2007-03-02 19:23:33
je compte bien inclure nos péripéties dans l'immense fresque autobio-gonzo qui signera la fin de l'autofiction.
( Ah, ah! veuillez entendre ici le rire dément des mégalos en phase terminale. )
( Mais, chut, l'ameugnougnante infirmière Tracy ( elle sort de la chambre de Franswa ) vient de faire son apparition dans mon dos, aussi sournoise qu'un siamois, son sourire en plastique collé sur ses lèvres épaisses en feu, elle me tend les petites pilules multicolores. Elle articule des mots que je ne comprends pas. Son regard de neige bleue me fixe tandis que ma bouche se referme sur les médocs. Je déglutis. Je bave un peu pour lui donner le change. Elle ignore que je les empile dans une dent creuse, ah, ah. Elle tourne ses hauts-talons de garce et ressort, satisfaite, j'ai ce don de satisfaire les femmes les plus difficiles. Tiens, ma tête commence à tourner...
pimpeleu  - Mekanik Destrruktiw   |2007-03-02 19:33:13
Bien dégobillé* ce texte.



*en kobaïen dans le texte
sophiek   |2007-03-02 19:43:34
avatar ... Kommando ! Vive Kobaïa !
(c'est marrant, vous vous partagez la même infirmière, Franswa et toi ? Moi, mon infirmier, c'est le sosie craché de Christopher Walken jeune... et il porte du cuir noir sous sa blouse, j'ai l'impression. Glub.)
franck-olivier   |2007-03-02 19:50:48
eh, psssst, Sophie...z'avez un signe distinctif pour ce soir ('je veux dire hormis l'infirmier vêtu de cuir sous sa blouse, hein ? nan paske des comme ça y en a tellement de nos jours Mouhahah)
sophiek   |2007-03-02 19:54:09
avatar Ben t'as nos photos dans le "qui sommes nous ?" au dessus du titre du site, FOL.
sophiek   |2007-03-02 19:55:54
avatar Y a que la mienne qui n'est pas ressemblante, parce qu'en réalité, je suis beaucoup plus JEUNE.
mister pat   |2007-03-02 20:02:33
Puisqu'on parle de drogues, j'avoue trouver plutot sympathiques les alcooliques ! En tout cas plus que les fumeurs de shit... Et autant que les consommateurs de coke
Franswa P.   |2007-03-02 20:07:23
Yannick, mais ça va pas, mon jeune ?! Un joli craquage comme je les aime bien, ceci dit... n'importe quoi, mais en propre.

Pimpeleu, merci, je prends ça comme un compliment. D'ailleurs, même avec la pire volonté du monde, je ne vois pas comment je pourrais le prendre autrement.

Sophie, il est donc de notoriété publique, maintenant, que nous avons tous notre infirmier(e) personnel(le)... c'est sur, voilà qui va rassurer tout le monde.

FO, rassure-toi, je doute vraiment qu'on ne se loupasse. J'apporte le contrat avec moi.

Mister Pat, euh... ça va sinon ?
franck-olivier   |2007-03-02 20:10:36
c'était pour rigouler euuuuuh
Franswa P.   |2007-03-02 20:12:02
avatar Lacanisme et usage des smileys.
Voilà un nouveau sujet d'étude pour toi, FO... eh eh eh...
franck-olivier   |2007-03-02 20:14:39
Juste...tout dépend des alcooliques hein ? ceux qui ont l'alcool mauvais...le mauvais vin comme on dit dans les campagnes euh...enfin des fois...bon, bref...c'est pas l'heure..
franck-olivier   |2007-03-02 20:16:46
ah nan, hein, moi ça y est...je veux dire entre "mes" nous on a fait la paix, Franswa vient pas foutre le bordel dans cet équilibre précaire s'te plaît...nan pasque après...eh eh
Franswa P.   |2007-03-02 20:23:12
avatar Ok, d'accord. Alors lacanisme de rupture et smileyisme de barricades, tu préfères ?
franck-olivier   |2007-03-03 10:29:17
Ben tu dors encore ou bien ? J'aime beaucoup le "smileyisme de barricades" hé hé
Franswa P.   |2007-03-04 16:01:37
Et Franck-Olivier, je te l'ai déjà dit, je ne dormais pas, je pensais super fort à une série de rêves.
C'est extrêmement différent.
J'étais juste concentré sur mes rêves. Ah la la.
franck-olivier   |2007-03-04 17:47:03
hé hé...et alors ? un p'tit récit de cette forte concentration onirique bientôt ? (enfin si Stephane ne prend pas toute la place avec tous ses texte, hein ? hé hé)
sophiek   |2007-03-02 11:39:42
avatar "Delirium tremens", ô Franswa ? En fait, j'ai pas tout compris... mais je ne suis pas dans l'état de ton personnage, donc c'est normal...
Franswa P.   |2007-03-02 11:52:07
Non non, ça va.
En fait, il n'y a rien de plus difficile que de se mettre dans la tête d'un personnage ivre... à moins de l'être, évidemment (mais alors, bon, la production, hein, on dira ce qu'on en voudra mais... enfin on en dira ce qu'on voudra bien en dire, je ne m'étends pas). Donc moi non plus, là, je n'étais pas dans l'état de mon personnage.
En fait, c'est juste une tentative. Le double onirique, la déformation des formes courantes, les dialogues en marge, la focalisation sur des matières froides, la paranoïa facile, l'autocomplaisance... bref, tout un tas de trucs bordéliques.
D'ailleurs, si ça l'est trop (bordélique), si c'est même trop abscons, c'est simplement que la tentative ne fut pas un succès, sans doute.
Mais bon, il faut bien essayer des trucs, aussi...
sophiek   |2007-03-02 12:13:30
avatar Ce n'était pas une critique négative, Franswa ! Le mot delirium tremens, je l'appliquais à ton personnage, pas à toi, évidemment ! M'enfin !
Franswa P.   |2007-03-02 12:17:50
avatar Oui, non, pardon (j'adore les gens qui commencent leurs phrases par oui, non - c'est toujours très bon signe, globalement), mais ça a ricoché sur un truc auquel j'étais en train de penser.
Aucun problème, évidemment(et quand bien même la critique eut été négative, d'ailleurs).
Kill Me Sarah     |2007-03-02 12:19:28
Funky carrelage c'est l'album posthume de James Brown ou quoi?
Ok.
Je sors.
C'est ma journée commentaires lamentables.
Kill Me Sarah     |2007-03-02 12:21:33
En même temps il y a avit déjà Carrelage Whisper de Georges Michael.
Ok.
Je suis DEJA dehors.
sophiek   |2007-03-02 12:23:21
avatar J'adore quand KMS fait ce style de commentaires, je me régale de rire...
Franswa P.   |2007-03-02 12:27:40
avatar Eh eh, KMS. En général, moi c'est pareil, je traîne rarement longtemps à l'intérieur.
Tiens, je vais me faire un funky kawa avec mon smooth percolateur.
yannick b   |2007-03-02 12:49:25
Franswa,

sois plus irlandais, allusion auto-cryptique à multiple entrées magnéto-cérébrales.
sophiek   |2007-03-02 12:54:16
avatar Alors voilà... Là non plus j'ai pas capté. je capte rien, aujourd'hui. Pourtant, y'a du soleil...
yannick b   |2007-03-02 13:03:59
Sophie, ne te frappe pas, c'est une pure provocation de ma part.
Franswa P.   |2007-03-02 13:04:00
Yannick,
euh... ok ? J'ai bon, si je réponds "ok ?".

Sophie,
Mais si, c'était hyper limpide. Il suffisait de répondre "ok".

Yannick,
Euh, non, je comprends vraiment pas. Mais je suis curieux.

KMS,
Ouais, il fait quand même un peu F.R.O.I.D., dehors. Moi, je me l'épèle (jeu de mots = drôle = rire).
cassiopée  - Le carrelage, ça fait pas froid aux pied     |2007-03-02 13:15:26
Y a pas de pustules finalement, enfin, ça manque pas :-).
Franswa P.   |2007-03-02 13:18:27
Ouais bon. Les pustules, ça arrivera, Cassiopée, t'inquiète. Enfin j'en sais rien, mais disons que ce genre de cradouillerie peut toujours surgir au détour d'une phrase...
Pour ton plus grand bonheur, je l'ai bien compris.
yannick b   |2007-03-02 13:47:52
l'énigme est limpide: si l'ivresse est ton sujet, adresse-toi à un Irlandais: Joyce, O'Brien, R.McLiam Wilson.
Une anecdote: un vrai pote, traducteur, se retrouve dans un bar à New-York. Il écluse les verres au comptoir en compagnie d'une bande mecs. Après je ne sais plus combien de whiskies, un des mecs lui dit: « Ça, c'était pour la soif, maintenant, on va BOIRE! » Et ç'a continué comme ça, à un rythme infernal, jusqu'à ce que mon pote s'aperçoive ( comment, dans l'état qu'il était, mas les autres ne devaient guère être plus frais ) que les mecs avaient tous des flingues à la ceinture.
C'étaient des flics d'origine irlandaise qui fêtaient je ne sais plus quoi, la St-Patrick peut-être...
franck-olivier     |2007-03-02 14:21:32
Je confirme, ADRESSE-TOI à des irlandais...pendant que j'écrivais "inco et sat" je fréquentais beaucoup un dramaturge irlandais, un colosse de plus d'1m90 et qui pesait bien son quintal...lorsqu'il commençait à boire il y avait longtemps que moi j'en étais à compter les rayures du carrelage...bon, ceci explique peut-être cela...mouarf!!
franck-olivier     |2007-03-02 14:33:21
Ben j'aime bien ce texte Franswa..."On ne sait jamais, l'Homme est une chose qui se raccroche à tout ce qui l'entoure, à tout ce qu'il n'a pas encore détruit, lui, ou bien ses pairs mégalos." hé hé, c'est si vrai

Sophie, dans le car qu'on aura loué pour aller manger des moules frites je-sais-plus-trop-où...On peut prévoir une armoire à pharmacie pleine d'aspirine ? hein ? nan, j'dis ça j'dis rien hé hé
Franswa P.   |2007-03-02 14:37:26
Je n'ai qu'un mot à dire, en forme de déclaration-la-larme-à-l'oeil :
Nous sommes tous des flics irlandais.
yannick b   |2007-03-02 15:01:07
sinon, Franswa, si tu cherches la meilleure façon de se conduire sous alcools ( tous ) et drogues ( à l'exception de l'héro ), c'est à dire de rester un gentleman en toutes circonstances et quelles que soient les quantités ingurgités, je te conseille de suivre Crumley, l'UNIQUE alcoolique ( et camé ) que je respecte.
Franswa P.   |2007-03-02 15:12:08
L'unique ? Je... tu piques ma curiosité, sur ce coup là.
Dois-je en déduire qu'il n'est d'aucune utilité de dresser une liste de quelques alcooliques de génie et te la soumettre pour vérification de ce credo quelque peu exclusif ? Attention, je ne dis pas "alcoolique" donc "de géni", hein, faudrait pas voir à déconner. Mais, disons, "alcoolique" ET "de génie", hein, bon.
J'ai passé la période ado-béat-rimbaldien, quand même, cette belle période durant laquelle tu te serines régulièrement à toi-même : "en fait, plus je suis bourré, plus je suis super (d'ailleurs, la preuve, même mon vomi est super, quand je m'y mets)."
Franswa P.   |2007-03-02 15:14:13
(en tout cas, je viens d'écrire ce commentaire comme un vrai pochtron, avec des phrases en Kobaïen et des "e" muets qui s'éclipsent)
yannick b   |2007-03-02 15:37:09
je parle de ceux que je connais ( bon, des génies, pas tant que ça, sûr ) et que j'ai fréquentés. Les alcoolos, de façon générale ( connus ou pas connus ), me font chier, et Crumley reste l'exception.
Au cours de la semaine que nous avons passés ensemble ( et qui a coûté pas loin de 10.000 euros à Gallimard en frais divers, Jim avait coutume de dire: « C'est Antoine qui paie », j'en hurle encore de joie, d'un rire tout intérieur ), jamais il n'a manifesté un défaut de comportement ou de parole, ce qui reste une prouesse incroyable quand je sais ce qu'il a consommé ( et je le sais parce que j'allais le réveiller et le coucher, enfin, le coucher, pas toujours, j'ai jeté l'éponge quelquefois bien avant lui et en n'ayant pas absordé le dizième de ses mélanges ( si je dis que je ne touche pas à la came, me croira-t-on, c'est pourtant vrai ).
Franswa P.   |2007-03-02 15:40:08
Ah ok.
Effectivement, je comprends mieux.
(- merci Franswa, pour ce commentaire de commentaire vraiment-très-intéressant.
- Oh, de rien.
- Oui, c'est exactement ça. De rien du tout.)
sophiek   |2007-03-02 15:49:00
avatar Je savais que Crumley buvait sec, mais pas qu'il usait d'autres drogues. Cela dit, il a quand même un visage à la fois fort sympa et fort "buriné"... avec de belles valoches sous les yeux. Sacré bonhomme, en tout cas, côté écriture.
yannick b   |2007-03-02 16:02:17
l'accompagner était une sorte d'exercice zen de traviole de la maitrise de soi. J'ai beaucoup appris à ses côtés, et je le dis sans sourire, c'était une leçon, mais que je ne pouvais pas suivre complètement, j'en serais mort.
L'article que j'ai rendu à Libé-Mag était passible de 7 procès, pour diverses infractions et m'a valu une réputation de dépravé total, que ceux qui me connaissent intimement savent fausse.
Un jour, oui un jour, il faudra que j'écrive toute l'histoire de ma semaine passée avec James Crumley, le gringo magnifique.
franck-olivier     |2007-03-02 18:25:29
Bon, et tu t'y colle quand Yannick ? y a comme un parfum d'anthologie par ici hé hé
yannick b   |2007-03-02 19:23:33
je compte bien inclure nos péripéties dans l'immense fresque autobio-gonzo qui signera la fin de l'autofiction.
( Ah, ah! veuillez entendre ici le rire dément des mégalos en phase terminale. )
( Mais, chut, l'ameugnougnante infirmière Tracy ( elle sort de la chambre de Franswa ) vient de faire son apparition dans mon dos, aussi sournoise qu'un siamois, son sourire en plastique collé sur ses lèvres épaisses en feu, elle me tend les petites pilules multicolores. Elle articule des mots que je ne comprends pas. Son regard de neige bleue me fixe tandis que ma bouche se referme sur les médocs. Je déglutis. Je bave un peu pour lui donner le change. Elle ignore que je les empile dans une dent creuse, ah, ah. Elle tourne ses hauts-talons de garce et ressort, satisfaite, j'ai ce don de satisfaire les femmes les plus difficiles. Tiens, ma tête commence à tourner...
pimpeleu  - Mekanik Destrruktiw   |2007-03-02 19:33:13
Bien dégobillé* ce texte.



*en kobaïen dans le texte
sophiek   |2007-03-02 19:43:34
avatar ... Kommando ! Vive Kobaïa !
(c'est marrant, vous vous partagez la même infirmière, Franswa et toi ? Moi, mon infirmier, c'est le sosie craché de Christopher Walken jeune... et il porte du cuir noir sous sa blouse, j'ai l'impression. Glub.)
franck-olivier   |2007-03-02 19:50:48
eh, psssst, Sophie...z'avez un signe distinctif pour ce soir ('je veux dire hormis l'infirmier vêtu de cuir sous sa blouse, hein ? nan paske des comme ça y en a tellement de nos jours Mouhahah)
sophiek   |2007-03-02 19:54:09
avatar Ben t'as nos photos dans le "qui sommes nous ?" au dessus du titre du site, FOL.
sophiek   |2007-03-02 19:55:54
avatar Y a que la mienne qui n'est pas ressemblante, parce qu'en réalité, je suis beaucoup plus JEUNE.
mister pat   |2007-03-02 20:02:33
Puisqu'on parle de drogues, j'avoue trouver plutot sympathiques les alcooliques ! En tout cas plus que les fumeurs de shit... Et autant que les consommateurs de coke
Franswa P.   |2007-03-02 20:07:23
Yannick, mais ça va pas, mon jeune ?! Un joli craquage comme je les aime bien, ceci dit... n'importe quoi, mais en propre.

Pimpeleu, merci, je prends ça comme un compliment. D'ailleurs, même avec la pire volonté du monde, je ne vois pas comment je pourrais le prendre autrement.

Sophie, il est donc de notoriété publique, maintenant, que nous avons tous notre infirmier(e) personnel(le)... c'est sur, voilà qui va rassurer tout le monde.

FO, rassure-toi, je doute vraiment qu'on ne se loupasse. J'apporte le contrat avec moi.

Mister Pat, euh... ça va sinon ?
franck-olivier   |2007-03-02 20:10:36
c'était pour rigouler euuuuuh
Franswa P.   |2007-03-02 20:12:02
avatar Lacanisme et usage des smileys.
Voilà un nouveau sujet d'étude pour toi, FO... eh eh eh...
franck-olivier   |2007-03-02 20:14:39
Juste...tout dépend des alcooliques hein ? ceux qui ont l'alcool mauvais...le mauvais vin comme on dit dans les campagnes euh...enfin des fois...bon, bref...c'est pas l'heure..
franck-olivier   |2007-03-02 20:16:46
ah nan, hein, moi ça y est...je veux dire entre "mes" nous on a fait la paix, Franswa vient pas foutre le bordel dans cet équilibre précaire s'te plaît...nan pasque après...eh eh
Franswa P.   |2007-03-02 20:23:12
avatar Ok, d'accord. Alors lacanisme de rupture et smileyisme de barricades, tu préfères ?
franck-olivier   |2007-03-03 10:29:17
Ben tu dors encore ou bien ? J'aime beaucoup le "smileyisme de barricades" hé hé
Franswa P.   |2007-03-04 16:01:37
Et Franck-Olivier, je te l'ai déjà dit, je ne dormais pas, je pensais super fort à une série de rêves.
C'est extrêmement différent.
J'étais juste concentré sur mes rêves. Ah la la.
franck-olivier   |2007-03-04 17:47:03
hé hé...et alors ? un p'tit récit de cette forte concentration onirique bientôt ? (enfin si Stephane ne prend pas toute la place avec tous ses texte, hein ? hé hé)
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