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C'est vrai aussi, quoi. Faire des choses, pourquoi pas, après tout ? Parce que bon, sans doute, n'importe quel projet lancé à la face du monde comporte toujours en lui, et plus encore au moment de son lancement, les éléments, les défauts, les maladresses qui permettent de l'abattre à vue. N'importe quel projet lancé à la face du monde peut paraître simple, benêt, benoît même, à condition qu'on le regarde de l'extérieur, dans tous les sens du terme, bien posé sur son boule et la passivité critique plantée à la ceinture : les initiateurs ne se sont pas vraiment foulés, globalement, et là, ça, c'est vraiment n'importe quoi, quand même. Ca, en revanche ? Oui, bon, ça on s'en fout, mais ça, regardez, quand même, c'est vraiment minable. Et ce truc là, là, si, bien sûr, c'est un petit truc anecdotique, un élément, un épiphénomène, mais quand même, n'est-ce pas complètement lamentable, quand même, d'avoir placé ça ici et d'avoir accepté que ce bidule y figure aussi ?
Et oui, je sais aussi, toute cette introduction reflue un peu les senteurs négligées du sous-le-toboggan d'une cour d'école, voire même d'une première tentative pampers-free. "C'est bien beau de critiquer quand on ne fait rien." La parade acnéique la plus surexploitée et la plus dévoyée qui puisse exister. Celle qui devait figurer précisément en exergue d'un quelconque point I.2.b) d'une de mes pathétiques théorisations - si, celle qui disait : "que répondre à quelqu'un qui vous critique ?", puis déclinait l'ensemble des interactions possibles pour aboutir, en son point I.2.b) ("votre contempteur sait de quoi il parle mais n'a rien produit de similaire à ce que vous avez commis") au fameux conseil suivant, en forme d'incontestable bottage-en-touche : "oui, mais toi, tu ne fais rien, je ne vois même pas d'où tu me parles, tu es où d'ailleurs, tu es qui, tu fais quoi ? Au fait. " Oui, bon, les choses ne doivent sans doute pas être aussi simples, alors. Il y a peu, un "porteur de projets", au demeurant fort sympathique - mais que voulez-vous, Je-suis-la-Justice, Je-suis-impartial, Je-M'aime, je n'allais donc pas le croire sur parole -, me demandait de bien vouloir jeter un oeil à sa revue littéraire (car Je-suis-quelqu'un-d'important, Je-M'aime-again), assez sobremement intitulée la " Revue Noir et Blanc" (ah ouais, c'est pour ça, l'illustration - on est rassuré quand même d'apprendre que ce papier mène quelque part, avouons-le tous en choeur). Et en réalité, comme je ne suis pas vraiment quelqu'un d'important, susceptible de jeter ses yeux - l'un après l'autre en général, et jamais plus de deux au même moment, en tous les cas -, je me suis plongé dans la lecture, et comme en plus, et pour de vrai ce coup-ci, je suis un névropathe bon-sous-tous-rapports (numériques-s'entend), j'ai gratté tout ce que je pouvais gratter, du logo aux textes présentés, de la présentation générale à la méthode d'identification des auteurs en passant par la la vitesse d'enregistrement du flux RSS et par la taille exacte des marges gauche et droite. Je me suis ensuite permis d'essuyer l'ébauche d'écoulement salivaire qui pointait à mes commissures, ai lancé une enquête Interpol sur tous les responsables et initiateurs, puis ai fait traduire certains textes pour voir s'ils rendaient bien aussi en biélorusse, ai découpé le corps d'une douzaine de nouvelles au hasard pour les reconstituer ensuite aléatoirement, ceci afin de vérifier qu'ils ne conservaient bien leur cohérence que dans leur forme initiale, puis ai égorgé une belette parce que ce genre de rituel brise systématiquement les rotules de mes névroses obsessionnelles (et que je ne peux pas vraiment, en ce moment, me payer d'autre forme de viande au dîner, revenons-en au réel deux minutes), avant de tomber comme une masse sur mon matelas de marbre et de m'éteindre presque sur le coup (aidé en cela par la rugosité du mur). Bref. J'ai compris, grâce à cet épluchage quelque peu extrême, vous en conviendrez, sur quels quatre piliers on pouvait bâtir une critique, jauger la qualité d'un projet quelconque, et de manière aussi radicale que bien évidemment subjective. La preuve par l'exemple. - d'abord, il y a le projet en lui-même, son utilité, l'estimation de la mesure dans laquelle il comble un vide, quel qu'il soit. Dans notre exemple, nous parlons bien entendu d'une revue consacrée à la publication de nouvelles. Il y en a pas mal dans ce cas, mais pas tant que ça quand on y pense un bon coup quand même, de Décapage à la Revue Noir et Blanc , précisément, en passant par Bordel , la plus jeune En attendant l'Or , la Revue des Ressources , J'irai cracher sur vos blogs , les revues Regards ou Les Refusés ou les initatives de La Compagnie du Barrage ou de Sauf pour Lire (et sans doute plein d'autres, désolé pour les oubliés... je veux dire vraiment désolé).* Et en soi, rien que parce que toutes ces revues caressent en commun l'espoir de publier des nouvelles dans un monde qui n'en publie pas (" ben ouais, aussi, faut pas déconner. Pourquoi pas des poèmes carrément ?"), moi je dis clap-clap merci, et c'est déjà un bon point. Les trucs existent, ils publient des nouvelles de gens connus ou de gens pas connus, donc ça me va. Pas besoin d'aller plus loin. Ah si, en fait: aller plus loin, c'est mon deuxième point. Je ne recule devant rien. - ensuite, il y a ce qui sous-tend le projet. Le Manifeste, on va dire pour être (ou pour rester) pompeux. Dans tous les exemples sus-cités, les Manifestes ne sont pas les mêmes. Certains ne publient que sur Internet, par choix ou par contrainte économique ; d'autres publient en version papier, avec, selon les cas, l'espoir de vendre ce papier (et ce qu'il contient) pour assurer un équilibre économique, ou l'espoir de le distribuer gratuitement en faisant appel à d'autres ressources, diverses et variées. Bon, là, on rentre dans quelque chose de plus pointu, et d'à mes yeux nettement plus subjectif. Mais il n'est encore nullement question de procès d'intention (c'est le point trois, je vous aide). Non. On croit en un projet ou on n'y croit pas. On y souscrit ou non. Dans le cas de la Revue Noir et Blanc, le Manifeste, il est là . Et dans ce il-est-là là (si vous me suivez - je sais, c'est pénible), ce qui me parle directement, c'est ça, et franchement : " La Revue Noir et Blanc veut promouvoir une littérature différente, loin des textes remplis de coke mais vide de sens de certains écrivains Parisiens, loin d'une écriture faussement ésotérique, sans magie et remplie de clichés, loin des ''auteures'' qui parlent de leurs chattes pour vendre du papier, loin aussi de la littérature froide des techniciens tout droit sortis d'une faculté de lettres…. Nous voulons aborder des thèmes dont personne d'autre ne parle, parler de la marginalité, de la différence, des contrastes mais le tout sans racolage, avec classe et élégance, une écriture a mi-chemin entre un style trash quasiment oral et une écriture rigide plus académique, Bukowski qui gagne le Goncourt…." Bon, ben moi, ça me parle. Bucky Buke, évidemment, mais aussi tout un tas d'autres trucs qui tournent presque tous autour de la contemption vis-à-vis des thématiques persistantes quoique déjà largement surannées de la pop, de la dope et des putes plus ou moins gratuites, surdigérées et surrégurgitées pour vendre trois lignes de mauvais littératage. Bon, donc je dis ok. Ca, c'est pour le Manifeste. - en troisième position, nous trouvons le décalage plus ou moins marqué entre le Manifeste et la réalité de ce qui est produit. Je crois que c'est d'ailleurs précisément à ce moment là que nous pouvons parler de l'Honnêteté - avec un grand H parce que je dispose d'une touche shift, ni plus ni moins. Ah ben oui, c'est bien beau de se revendiquer de Bukowski et de promettre sur l'honneur qu'on ne se fourvoyera pas dans une esthétique funky-trash tellement à la mode, mais après, il faut que le reste suive, quand même. Et quand on lit la première phrase de la première nouvelle mise en ligne (c'est à dire la dernière, ndlr), on flippe un peu quand même : "Regarde ma poitrine elle est petite, tu ne trouves pas ?" Bon. Dring dring. On flippe un peu, il faut dire ce qui est. Et puis on se dit que, fort heureusement, le point quatre existe aussi, ça peut expliquer bien des choses au fond (parce qu'on sait qu'il y a un point quatre, parce qu'on est malin et parce qu'on s'aime soi-même avec une ferveur toute religieuse). Et puis on lit celle-ci et en fait, en fait, ça passe. Et puis on en lit d'autres, celle-là qui est bof, et celle-ci qui est bof mais puissante, et celle-ci qui n'est pas bof du tout, et puissante-aussi-en-plus, et puis celle-ci qui est carrément puissante mais complètement bof aussi, et puis cette dernière qui vous balance un bon uppercut d'émotions. En gros, on se fait son idée, hein, je ne vais pas non plus pointer du doigt telle ou telle en hurlant à la nullité ou au génie, je n'ai sincèrement ni les diplômes ni les les compétences requises pour me poser en pensée-unique-à-moi-tout-seul. C'est inégal mais quand on y regarde bien, si les choses n'étaient pas inégales on ne distinguerait plus le bon du mauvais. Ah ben oui, aussi. Et moi j'accroche. Et je vois de l'Honnêteté là-dedans, sincèrement, parce que ça ne se complaît pas dans le cul-trash-prends-moi-Johnny, tout en n'envisageant pas non plus le cul trash, voire le cul tout court, voire la sensualité, voire même la simple nudité (et on s'est quand même un peu éloigné du concept de cul trash, là, non ? Si vous ne le pensez pas, je peux trouver des adresses de thérapeutes sympatoches), voire même la simple nudité, donc, comme un sujet dont-il-ne-faut-pas-parler. Ce qui paraît quand même un peu logique aussi. D'autant plus qu'en l'espèce, le thème de la nudité avait été lancé, comme ça, sans doute par un rédacteur qui l'appréciait (on ne sait pas pourquoi), et puis voilà - une forme de challenge, un peu, si je ne pèse pas du tout mes mots. Et puis si c'est inégal, encore une fois, il y a du bon. Et le bon, c'est quand même toujours un plaisir de le renifler en tête-à-tête. Le reste peut-être du mauvais, du moyen ou du raté (c'est à dire du bon qui n'est pas passé) - dont acte, on attendra le prochain. On ne va pas pleurer non plus. Dans la mesure où je considère l'écriture comme un travail, je considère un texte comme une expérience, une publication comme un laboratoire, et un ratage comme... euh... ni plus ni moins qu'un ratage, en fait - ce qui est à la fois quelque chose d'énorme et rien du tout. Pas un drame, quoi. Et on sent que la Revue Noir et Blanc pense exactement la même chose (parce qu'une revue vivante pense, c'est même à ça qu'on la distingue d'une revue mort-née), ce en quoi je ne peux qu'adhérer (ah ben tiens, on arrive au point quatre, du coup). - le quatrième point, et pour-finir-c'est-promis, concerne la qualité de ce qui est produit. Et d'une certaine façon, on en revient au point deux, au Manifeste et à tout ça. Une revue digne de ce nom doit sélectionner les textes qu'elle publie, ça tombe sous le sens. C'est simple ; dans le cas contraire, on appelle ça un journal de petites annonces gratuites, avec une moyenne de taille de petites annonces carrément supérieure à la moyenne nationale de la taille des petites annonces. Point. Donc, il faut sélectionner. Et au moment de la sélection, donc encore, se conformer parfaitement à son Manifeste, sans quoi plus rien ne veut dire quoi que ce soit, et la revue s'étiole sur pied comme un jeune pied de vigne terrassé par une épidémie de Rien. Ah ben oui, il y a une exigence aussi, et de la responsabilité, tout ça, plein de choses complexes en fait, qui marquent la différence entre l'initiateur d'un projet et l'initiateur d'un Vent, si joli et entraînant soit-il (initiateur qu'on appele aussi pubard, en certaines occasions). Et donc, là, je me suis un peu incontiné dessus au paragraphe précédent, la qualité est (au moins en partie) au rendez-vous. Et on n'en demande pas plus, franchement. C'est déjà énorme, merde. Si vous trouvez une revue littéraire (il y en a) qui publie des nouvelles écrites par des auteurs divers (il y en a moins), nouvelles qui toutes, sans exception, vous font chavirer le coeur et battre les tripes, ou l'inverse, je vous le dis les yeux dans les yeux : bravo, mais vous êtes soit en train de dormir, soit en train de lancer votre propre revue, je vous assure. Alors réveillez-vous ou prenez un peu de distance critique, vous vous ferez du bien. A partir de là, vous disposez de quatre éléments clef-en-main pour juger à peu près n'importe quoi (je découvre ça à vingt-neuf ans, voilà une information un peu triste quand même, mais bon) : le Projet, le Manifeste, l'Honnêteté, la qualité (ma touche shift vient de rendre l'âme, désolé). J'ai donc passé la Revue Noir et Blanc au crible de ce filtre (allons-y pour les grands mots), et je dis banco. En plus, c'est ouvert à tous (c'est même le principe), et mieux encore, ça existe en ce moment, près de chez vous. Alors faites-en ce que vous voulez. Je n'aime trop pas donner d'ordres, en fait. Mais le coeur y est. * pour les paranoïaques pathologiques, je précise : il m'arrive d'écrire sur JCSVG ("ah ouais, d'accord, la collusion, donc"), j'ai serré une fois la main du responsable de Décapage (" la main ? Ok. Dramatique"), échangé un mail avec celui de Bordel ("un mail, ah ouais quand même"), et même plusieurs avec celui de la Revue Noir et Blanc ("plusieurs ?! et tu n'as pas honte, franchement ? ") - tous les autres sont des membres directs de ma famille, la plupart sont même mon père, c'est dire.
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Chez Zoë, y a bagarre !!!
Je reviens sur cognée: son tableau presqu...
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pour entretenir la polémic à Zoe: image:...