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[Séquence transparence : Fabien O. était convié il y a peu (ah ouais, d'accord) au pot de lancement du quatrième numéro de la "collection annuelle" intitulée Minimum Rock'n Roll (ah ouais, d'accord). Il a gentiment proposé de m'y incruster, et j'ai accepté (ah ouais, d'accord). Là, j'ai parlé avec quelqu'un (ah ouais, d'accord) qui m'a proposé de demander à quelqu'un d'autre de me refiler un numéro pour que je me fasse une idée sur cet ouvrage, dédié cette année à la thématique suivante : "Lipstick, patins mouillés et gorges profondes" (ah ouais, d'accord). Bref, vous voyez le genre : je suis un vendu. C'est bien simple, quand je croise mon visage dans un miroir, je lui crache systématiquement dessus, en hommage à mes détracteurs - dont je suis, bien évidemment.]
Késako ? Donc, qu'est-ce que Minimum Rock'n Roll, tout d'abord ? Attention, ça n'a rien d'une revue, n'allez pas leur dire ça. Non, c'est une collection de livres publiés au rythme de un-par-an - et, disons, "franchisés Minimum Rock'n Roll". Chaque numéro prend prétexte d'une thématique pour accueillir et publier des textes, nouvelles et dessins mêlant ce thème à l'esprit ou, tout du moins, à des références rock, punk et autres - disons, là encore, à de "l'esprit Rock" au sens le plus large du terme. Pour information, voici les thèmes des trois précédents numéros ouvrages : "Rouflaquettes, poils de torse, cheveux à chouchous", "Bagnoles, dragsters & autoroutes de l'enfer" et "Escarpins, Boots de cuir et Claquettes à papa." Tout un programme. Et ce coup-ci, ça tombait bien pour moi, les inventeurs de la collection avaient délaissé les questions de pilosité, de grosses mécaniques et de tatanes pour leur préférer des choses plus affriolantes, au moins à mon niveau : des histoires de galoches en musique, peu ou prou.
Mais au fait, ça sort d'où, cette histoire ? Minimum Rock'n Roll est une coédition du Castor Astral et de Disco Babel. La première est une maison d'éditions qui essaie de faire des choses depuis trente-et-un-ans-quand-même (super descriptif - bon, il faut bien que je le reconnaisse, hormis un livre intitulé Confettis que j'avais chroniqué quelque part il y a fort longtemps, je ne la connais pas très bien - honte sur moi, donc, et méritée en plus). Disco Babel, quant à elle, est une association qui, depuis 2004, produit des spectacles et assure la promotion d'artistes divers et variés. Pour la diffusion, la collection passe par le diffuseur du Castor Astral, Volumen. Et je ne connais ni l'âge du patron de Volumen, ni la couleur de la voiture (ou du vélo, allez savoir) du Président de Disco Babel, vous voudrez bien m'en excuser. Ah ouais, et qui écrit dedans, alors ? Je vous vois venir, vous. Et pourtant non, ceux qui écrivent dans Minimum Rock'n Roll ne sont pas forcément des copains ou des membres de la famille du Patron - d'ailleurs, c'est bien simple, il n'y a pas de patron, à ce que j'en sais. Seulement une rédactrice en chef, Marie-Pierre Bonniol, et quatre personnes dans le comité de rédaction : Emmanuel Dazin, David Le Simple, Renaud Monfourny et Pascal Régis (vous voyez, c'est transparent). Pour récolter un maximum de textes, ils diffusent de la manière la plus large possible un mail collectif, tous les ans ; parallèlement, ils harcèlent (le mot n'est pas de moi, mais de l'un d'entre eux) quelques plumes et/ou spécialistes du rock dont ils pensent que la prose enrichirait encore l'objet final. Je cite encore Emmanuel Dazin, dont je parle en fait presque depuis le début sans le nommer : "le gros du contingent des auteurs est formé de cinq grandes catégories (en sociologie de comptoir) : musiciens, écrivains/poètes, journaleux/critiques rock presse papier ou web (mais on leur demande de faire de la fiction plus que de la critique), fanzineux/blogueurs, dessinateurs/photographes." Ensuite, le comité se réunit, et tranche au vif dans le corpus de textes - pour la dernière édition, et pour info, un tiers des textes présentés ont passé les sélections du Komintern au-demeurant-fort-sympathique. Pour céder un peu à la frénésie du name-dropping, qui ne vaut que ce qu'il vaut mais qui vaut déjà ça, et pour faire résonner l'oreille interne de quelques lecteurs assidus du présent site, nous trouvons là-dedans du Luc Lemaire, du Pierre Mikhaïloff, du Eric McComber-le-bien-aimé et du Christian Eudeline, pour ne citer qu'eux. Mais aussi plein d'autres gens - ben oui, par définition, aussi. Les biographies de chaque auteur, qui concluent l'ouvrage, permettent d'estimer un éventail d'âges allant de dix-neuf à cinquante-neuf ans (mais il y a peut-être des gens pudiques, aussi, ou alors qui mentent, allez savoir), et des trajectoires aussi diverses que celles d'un chanteur né en 1968, d'une bibliothécaire de Portland, d'un batteur-traducteur-graphomane, d'une nurse Rock'n Roll de Dunkerque, d'un auteur publié au Dilettante puis chez Folio, d'une jeunette batteuse de Pussy Patrol, d'un accompagnateur de Troy von Balthazar, d'un auteur de notes de service, d'un rock-critic précaire de Chronic'art, d'un dessinateur de bédés, d'une auteure publiée chez Naïve puis au Dilettante, d'un fumeur poilu de cigares québécois (vous pouvez remettre les adjectifs dans l'ordre, si vous voulez), d'une pro du solitaire, d'un enterré au Père Lachaise, d'un éleveur de chiens et d'une tête-en-l'air qui oublie toujours d'acheter le pain. Et ils écrivent quoi, les gens, alors ? Pas bête, comme question. Comme toujours dans ce genre de cas, mais je ne suis que moi (même si je le respecte), il y a des tas de choses là-dedans qui m'ont beaucoup plu, des choses qui m'ont juste plu, quelques trucs dont je ne me souviens plus trop et, très sincèrement, pas plus de deux textes qui m'ont semblé pénibles, voire irritants. Mais voici pour quelques extraits (la sélection fut quand même rude) : - cette phrase résumant un passage entier, et qui pourrait donner du grain à moudre à pas mal de réflexion stériles actuelles : "Ce n'est pas le laser qui a tué le vinyle, de même que l'éléphant n'a pas tué le mammouth." (Tombeau de Lewis Furey - Milan Dargent). Ah ben ouais, pas con. - ce passage relatant une idylle de patins avec une pochette de disque : "on met "Life on Mars" à fond et on pose ses lèvres sur celles de Bowie, la pochette c'est Hunky Dory, il ressemble tellement à une fille que c'est rassurant, à l'époque c'est les années soixante-dix on a quatorze ans et on n'aime que les garçons qui ressemblent à des filles. Plus tard, plus tard on leur dessinera de la moustache et des pectoraux, on dira qu'on aimait Zappa mais en fait c'était Bowie, tant pis si on a mauvais goût, y a pas photo." (Freak Out ! (In A Moonage Daydream) - Catherine Mazodier). - cette histoire résumée du monde : "Sur "I'm Not in Love" de 10CC ou "Dreams Are My Reality" de Richard Sanderson, du smack collégien au patin lycéen, la découverte du baiser est aussi la lente exploration de l'autre, de plus en plus profonde. On cherche avec la langue à entrer dans la personne qu'on aime (qu'on l'aime ou pas d'ailleurs, peu importe). L'investir. L'incorporer. L'incuber. Suite de l'histoire : le pénis écarte les lèvres de la fille et se dépose à l'intérieur. De ces lèvres plus tard sortent une grosse tête, un corps, puis un cri." (Je te baise - Wilfired Paris). Et, du même : "(...) la plupart des mammifères j'imagine, ont bien une bouche, ce qui nous fait un dénominateur commun pour bouffer, parler et chanter, quoiqu'on ne chantera jamais aussi bien que les oiseaux, qui ont des becs, faut-il le rappeler, quoiqu'il est possible peut-être un jour de chanter aussi bien que les oiseaux, je ne sais pas, en sifflant sans doute, et ce serait alors vraiment incroyable de communiquer avec les oiseaux comme saint François d'Assise, je pense que l'humanité fera un grand pas en avant, voire s'envolera dans le ciel et on sera tous sauvés (...) mais je dis ça, je parle, je parle, je m'enroue, je parle trop et je fume trop aussi, j'espère que je n'aurai pas un cancer des poumons, de la gorge ou de la langue, ce serait horrible, pas aussi horrible qu'un cancer du rectum sans doute, mais qui chante avec son rectum je vous le demande ?" - et comment "rendre" bien la tentative brillante de Benjamine Dorno de dresser un Indice érotique spécial, selon différents critères, tels que l'instrument pratiqué ("Guitare 46% (...) Roadie 4%"), les indices bucco-génitaux ("Fellation - Oui 39% - Non 52% - Je ne sais plus 9%") ou les cadeaux reçus ("Un disque 26% - Des bières 13% - Un T-shirt 9% - un Fanzine 4% - un Badge 4% - une MST 4% - Rien 40%"). - enfin, évidemment, vous ne couperez pas à un extrait de l'excellente nouvelle de l'ami McComber : "Je marche dans la neige fine, assassine, qui pique obliquement à travers l'avenue, taillade les pommettes, crible l'occiput. Mon souffle sonne faux, absorbé par la chape froide qui a tout recouvert. Mes pas aussi, sont censurés, et je vais, ombre silencieuse souillant la blancheur de ma masse de cuirs et de laines. Une odeur de poudre se répand et je cherche un bar où personne ne me fera chier." (Levrette - Eric McComber). En bref, en un mot comme en cent (mais en cent quand même, ça se saurait si je savais écrire court), non seulement j'apprécie ce genre d'initiatives pour des raisons qui, certes, ne sont pas toutes dicibles, mais quand ces initiatives savent en plus charrier des textes avec des vrais morceaux de qualité dedans, comme dans ce cas, moi je n'ai qu'un mot à dire : Minimum Rock'n Roll n'est pas bien difficile à trouver, alors faites en sorte de vous la procurer dès que possible - vous n'en serez pas déçu. D'ailleurs, tiens, je mets mon intégrité physique en jeu : si vous l'achetez suite à ces conseils, et que vous ne l'aimez pas, vous aurez le droit de me gifler personnellement. Ca au moins, je sais que ça va motiver pas mal de monde. Fiche technique : 176 pages. 41 textes et dessins pour quasiment autant d'auteurs. Spécificités : un port-folio central avec des photos commentées de gens qui ont roulé des patins à d'autres gens. Prix : 15 euros. Où le trouver : en librairie (normal quoi) et lors de certains évènements particuliers liés à Disco Babel, comme le "DIY Boogie". Minimum Rock'n Roll - Numéro 4 : "Lipstick, patins mouillés et gorges profondes" - Disco-Babel et Le Castor Astral, 2007. Site internet : ici .
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Rhô, me dis pas que t'aimes pas Nick Cave...
Rhô, me dis pas que t'aimes pas Nick Cave....
Nick Cave...
(De Nick Charles à Nick Cave, je me demand...
Bon, j'ai pas d'idée de post, en ce moment...