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Les lois des séries : une analyse comparée Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Franswa P.   
21-07-2007

[En fait, je voulais appeler cet article "Les lois des séries : analyse comparée et mise en perspective de trois entités sans lien direct : la saga de Lehane, le théâtre traditionnel et le "previously on" des séries américaines" (mais ça bousillait vraiment trop la mise en page). Trois entités, en fait, qui n'ont même strictement rien à voir les unes avec les autres, mais en tirant la corde on peut toujours arriver à quelque chose, je l'espère - à savoir plus précisément le statut de la scène d'exposition dans le théâtre traditionnel, le corpus Gennaro-Kenzie de Denis Lehane et le montage des "previously on" - ah oui quand même - oui, désolé.]

J'ai toujours fait preuve d'assez peu d'aptitude au classement, à la catégorisation et à la dissociation des entités (et après un titre aussi long, et un sous-titre plus long encore, il fallait bien que je fasse débuter mon propos par une phrase pompeuse, c'est même bien la moindre des choses - et ce même si ladite phrase ne reflète absolument pas la réalité, bien entendu, au même titre que le titre comme le sous-titre, bien que pompeux, ne témoignent en rien de la moindre trace d'intelligence supérieure dans le cervelet de votre serviteur.)

Cette lacune s'est manifestée très tôt, quand un beau jour je me suis refusé catégoriquement à classer sur une même échelle de valeur mon amour pour ma mère et mon amour pour le cabillaud pané, qui étaient pourtant tous deux comparables en cela qu'ils faisaient tous deux référence au même noble sentiment (ou presque). Ce qui me dérangeait le plus, ce n'était pas de devoir hiérarchiser ces deux manifestations enthousiastes (tout de même, ce n'était pas très difficile à faire), mais de devoir les positionner respectivement sur la même échelle - ce à quoi je ne pouvais pas, quoique bien cynique dans ma tête, me résoudre.

Il sera donc ici question, pêle-mêle, d'une comparaison entre la scène d'exposition du théâtre classique et le montage des "previously on" (petits pré-génériques caractéristiques des séries américaines qui, depuis des décennies déjà, réimplantent l'épisode dans le mouvement général de l'intrigue, mais qui sont presque devenus ces dernières années des objets propres), d'un vaste questionnement sur les éventuelles pesanteurs "scénaristiques" de la pourtant très bonne série de polars écrits par Denis Lehane, et de tout un tas d'autres réflexions éparses qui émailleront sans doute mon propos au fur et à mesure de sa formulation.

Au départ, et après m'être rapidement injecté dans le crâne les quatre premiers opus de la saga Angie Gennaro-Pat Kenzie de Lehane (vous trouverez à ce sujet une très bonne critique du premier opus, Ténèbres prenez moi la main, chez Thom, ici , et une analyse plus générale chez Gaëlle là ), je me suis demandé ce qui m'avait le plus dérangé dans ma lecture, pourtant boulimique et vraiment fascinée : l'effondrement de la qualité des titres d'un épisode à l'autre, ou bien la mobilisation parfois un peu artificielle d'éléments biographiques nouveaux de la vie des deux héros, pour justifier presque une nouvelle intrigue.
 
Sur le premier point, j'en ai déjà parlé ici ou là, peu importe, et même si je me suis dit, parfois, dans ma tête, "Mais bordel, Denis, qu'est-ce qui t'a pris ? C'est important un titre, quand même, surtout que je sais maintenant que tu sais en pondre d'excellents" (car je tutoie les auteurs dans ma tête, symptôme pathologique classique chez les mytho-mégalomanes), je ne vais pas tenir deux heures, c'est promis. En gros, je vais vous laisser vous faire votre idée, en vous livrant ici-même la succession de ces titres, et en deux langues s'il vous plaît : A drink before the war (Un dernier verre avant la guerre, 1994 - un des plus beaux titres de bouquin que je connaisse), Darkness, take my hand (Ténèbres, prenez-moi la main, 1996 - presque encore plus beau), Sacred (Sacré, 1997 - c'est là que je dis qu'il ne s'est pas foulé, quand même), Gone, baby, gone (Gone, baby, gone, 1998 - oui, bon, là, c'est le traducteur qui ne s'est pas foulé) puis Prayers for rain (Prières pour la pluie, 1999 - qui me fait sombrement penser à "Chansons pour les pieds" de Jean-Jacques Goldmann, ce qui n'est quand même pas super, mais je veux bien reconnaître qu'à ce niveau, nous pauvres Français, nous sommes lésés par notre culture musicale de variétoches diverses). Bon, là effectivement, rien ne sert de s'étendre plus longtemps là-dessus : d'abord parce que c'est un peu anecdotique quand même, ensuite parce que, vous l'aurez constaté, cette énumération bat en brèche ma théorie artificielle des "titres de plus en plus mauvais", puisque le plus nul à mon avis est celui du troisième opus, suivi de celui du cinquième et enfin de celui du quatrième - on ne relève pas, ici, donc, de série chronologique aussi parfaite que je n'aurais pu l'espérer (puisque 3,5,4,2,1, jusqu'à preuve du contraire, ce n'est pas 5,4,3,2,1 - et vous pouvez vérifier, chez vous).
 
Non, ce qui m'a le plus embêté, et là encore, indépendamment de tout le reste (puisque, je le répète, ces bouquins sont excellents),  c'est cette injection, épisode après épisode, d'éléments nouveaux propres à la biographie des deux héros, qui permettent de... comment dire... disons, "relancer une nouvelle enquête". Je veux dire par là que Lehane ne savait pas forcément, manifestement, qu'il allait écrire un deuxième livre après le premier, puis un troisième après le deuxième, et ainsi de suite. Logique, mais bon, quand même. Forçons donc un peu le trait pour caricaturer quelque peu le propos. Dans le premier roman, on apprend la relation qui lie Angie et Pat, deux détectives ayant ouvert leur propre agence, deux détectives qui se connaissent depuis l'enfance, et qui entretiennent visiblement des rapports presque amoureux l'un avec l'autre (en tout cas, sans l'ombre d'un doute, l'auteur est amoureux de sa créature féminine, l'atomique Angie dont il sait parfaitement bien rendre la sensualité et le caractère bien trempé - certains de mes amis (c'est toujours plus simple de balancer ses amis) ne s'en sont pas encore remis). Ils ont grandi dans un quartier très populaire, très irlandais, très défavorisé, des Etats-Unis, et Patrick Kenzie constitue un bon exemple, je cite Thom du Golb , d'un "archétype du héros de roman noir (détective mélancolique, torturé, grande gueule voire un peu bourrin sur les bords)." J'ajouterai à son sujet que la tension, dont il est l'objet, entre le souvenir de son père violent (donc condamnable) et le souvenir social de son père pompier (donc considéré, aux Etats-Unis plus encore qu'ailleurs, même avant 2001, comme un héros absolu et incontestable), constitue une clef psychologique et un ressort dramatique originaux. Bon. Chaque roman tourne autour d'une enquête mettant en lumière une déviance de la société américaine (voire de la société tout court), et introduit de nouveaux personnages qui, d'une façon ou d'une autre, sont systématiquement connectés au passé commun des deux héros.
 
Sans trop dévoiler les intrigues respectives, je résume brièvement le propos. Dans "Un dernier verre...", l'enquête concerne des magouilles au sommet de l'Etat - classique mais efficace. Dans "Ténèbres...", un ou plusieurs serial-killer(s) particulièrement furieux. Dans "Sacred", la disparition de la fille adulte d'un milliardaire. Dans "Gone...", la disparition, cette fois-ci, d'une enfant. Et... et je n'ai pas encore lu le cinquième, merci d'avance pour votre clémence. A chaque fois, de manière traditionnelle quoique parfaitement bien menée, l'enquête se révèle être à la fois prétexte à la dénonciation d'une ou plusieurs déviance(s) et à l'émergence d'un inextricable dilemme moral - le paroxysme de cette tension étant atteint dans le quatrième opus, qui met en présence une enfant ravi à sa mère (que l'ordre et la force se doivent donc de retrouver et de rendre à cette dernière) et une mère totalement méprisable, inconsciente, déresponsabilisée (dont on vient à douter du droit pourtant légalement incontestable à élever, voire à enfanter un rejeton). Du lourd, donc. Et à chaque fois, sans doute trop systématiquement à mon goût, certains des acteurs-clefs qui permettent de résoudre l'affaire ne sont ni plus ni moins... que des amis d'enfance ou des contacts de jeunesse des deux héros ou de leurs parents respectifs. Et c'est là que le bât blesse (un peu) à mon avis. Dans le deuxième épisode apparait comme par magie un ancien flic tenancier de bar (ah oui, en fait, c'était un ami du père de Patrick, et ce dernier vient souvent lui rendre visite, depuis toujours - ah oui, d'accord.) Dans le troisième, c'est le détective qui a formé les deux héros qui joue un rôle de premier plan (ah oui, en fait, ils s'adorent et ils se voient souvent, bien qu'on n'en relève aucune trace dans les deux premiers opus - ah oui, d'accord.) Dans le quatrième, enfin, ce sont à la fois un camarade d'école devenu grand truand et toute une tripotée de loosers drogués, eux aussi camarades d'école, qui font surface (ah oui, en fait, tous ces gens ont toujours été présents, presque quotidiennement, dans la vie des héros, depuis le début. - ah oui, d'accord.)
 
Idéalement, en tant que lecteur, je dois le reconnaître, j'aurais trouvé plus cohérent d'entendre parler du barman, du détective formateur et des camarades d'école dès "Un dernier verre avant la guerre". Il me semble que ça m'aurait paru plus malin, plus complet, plus systémique d'une certaine façon : trouver en germe, dès le début, tous les personnages réunis en un microcosme, les uns quittant leur rôle d'arrière-plan d'un livre à l'autre, les autres retournant dans le décor après leur petit tour de piste. D'ailleurs, cette absence de traces antérieures (appelons ça comme ça) se révèle d'autant plus criant que chacun de ces personnages-clés trouve pleinement sa place, ne serait-ce que dans les souvenirs des personnages, dans les romans qui suivent celui de leur première apparition. Le barman du second est cité plusieurs fois dans les deux romans ultérieurs, les personnages du troisième dans le quatrième, et ainsi de suite j'imagine. On est donc confronté à une absence de traces antérieures qui résonne d'autant plus fort que les traces ultérieures sont permanentes et durables.
 
Pourtant, est-ce que je ne fais ici un faux procès à Lehane ? Bien entendu, ce dernier ne savait sans doute pas, au moment de la rédaction de son premier polar, qu'un autre suivrait, puis un autre, puis un quatrième, puis un cinquième. Son premier roman ne pouvait donc pas contenir en germes  l'ensemble des interactions et interconnexions nécessaires, organisées, qui offrirait à mes yeux plus de fluidité aux romans suivants, sur ce point précis. Mais alors ? Quel est le problème ? Le problème est simple, en fait, et c'est là qu'interviennent les deux autres sujets de ce papier : si j'ai été particulièrement sensible à ces apparitions ex nihilo de nouveaux personnages posés pourtant, au moment de leur débarquement dans l'intrigue, comme des acteurs constants, incontournables, nécessaires à une bonne compréhension à la fois de la biographie des héros et de leurs tiraillements internes, si j'ai eu l'impression, d'une certaine façon, d'être à chaque fois le pauvre pigeon d'une nouvelle arnaque (j'exagère, je tire sur la corde, je sais), c'est sans doute parce que j'ai trop aimé le théâtre classique, et que je suis maintenant devenu un trop grand consommateur de séries américaines.
 
Ces deux domaines de création pourtant bien disjoints, tant au niveau chronologique que dans la forme qu'adoptent leurs émanations, possèdent cependant une caractéristique commune, dont l'habitude que j'ai prise de me l'injecter régulièrement et de manière intensive dans les veines, à différents moments de ma vie, explique sans doute le trouble parfaitement illégitime que je ressens ponctuellement, et plus spécifiquement dans le cas de Lehane, à la lecture d'une série de romans mettant en scène les mêmes personnages. Une pièce de théâtre, même déclinée en trois, quatre ou cinq actes, une série télévisée, même déclinée en huit, douze ou vingt-quatre épisodes (au hasard), forment en effet un Tout - les dramaturges ou les scénaristes jouant justement sur cette Unité pour faire évoluer les relations entre les différents personnages, ménager les rebondissements et effectuer des mouvements de va-et-vient entre personnages secondaires et héros. Le valet discret au départ va devenir le véritable héros, le client anonyme de la banque, qu'on voit apparaitre en arrière-plan au cours de la scène d'introduction, va se trouver être un criminel psychopathe, un personnage-clé, un adjuvant indispensable ou l'élément perturbateur qui va transformer la vie quotidienne en scénario vendeur pour HBO ou pour la Fox. Pire : si un type dont il n'était pas du tout question dès le départ s'incrustait au beau milieu de l'intrigue pour permettre au (télé)spectateur de mieux comprendre la situation initiale, ledit consommateur d'images ou de prestations scéniques se sentirait sans doute, floué, baisé - arnaqué un peu, aussi.
 
C'est ce Tout dont Lehane ne pouvait pas forcément avoir connaissance, conscience, au moment où il écrivait A drink before the war, et ma propension de consommateur d'images à me révéler contempteur sans appel des incohérences ou facilités d'un scénario ou d'une intrigue donné(e), qui créent ce décalage, ce sentiment un peu gêné, un peu idiot aussi, entâchant à la marge ma lecture de Lehane.
 
Mais comment s'expriment traditionnellement cette énonciation du Tout, ce jeu de dupes plus ou moins intelligemment orchestré par le dramaturge ou le scénariste ? C'est là que les deux domaines créatifs (le théâtre traditionnel et les séries américaines, donc) divergent. Dans le théâtre traditionnel, la première scène, voire le premier acte tout entier, sont la plupart du temps construits comme une scène (ou un acte) d'exposition. On nous révèle peu à peu quels sont les liens entre les personnages, les rapports de force, les tensions dramatiques, avant d'entrer dans le vif du sujet - le cadre nous est planté une fois pour toutes, au début, et il appartient ensuite au dramaturge de le démolir à coups de masse ou de se servir de cette partition de manière plus classique, dans la suite de sa pièce. Le processus fonctionne souvent de manière parfaitement identique au cinéma : une scène d'exposition, une scène de rupture qui brouille les cartes, des péripéties permettant soit le retour à la situation de départ, soit une modification substantielle à cette situation, une conclusion.
 
Là où les séries américaines divergent de ce modèle, et de manière de plus en plus nette, c'est dans la mesure où la conception quasi-incontournable du fameux "previously on", à chaque nouvel épisode, permet de replacer chaque semaine une nouvelle scène d'exposition, introduisant un épisode donné, et donc de jouer sur cet outil pour faire évoluer le propos ou insérer de nouvelles focales au cours du déroulement de l'intrigue. On le remarque tout particulièrement lorsque l'on compare (oui, désolé, c'est ma journée de la comparaison) les pré-génériques touffus et imbitables pour le novice qui nous étaient servis dans les séries de notre enfance - et dont Gotlieb s'est très intelligemment moqué dans je ne sais plus quel Rubriques à Brac ou Rhaaa Lovely - et les petits bijoux introductifs qui nous sont aujourd'hui livrés dans les séries récentes. Ces derniers introduisent plusieurs dimensions, dont on ne peut ignorer le talent dont il faut savoir faire preuve pour les agencer efficacement :
- le classique "bordel, alors, où en est-on arrivé, dans l'histoire, là, maintenant ?" (dimension qu'ils partagent avec les vieux pré-génériques),
- le plus circonstanciel "tiens, alors, quels souvenirs précis des épisodes précédents doit-on mobiliser pour bien comprendre l'épisode d'aujourd'hui ?" ,
- enfin, le plus général travail de hiérarchisation des évènements constants, propres à l'ensemble de l'intrigue, de ceux nécessaires à une bonne compréhension immédiate des interactions entre les personnages, et de ceux, enfin, ayant introduit un suspense plus immédiat, ceux sur lesquels on nous a laissé, dépités, en nous lançant un "à la semaine prochaine, les gars" totalement sadique.
 
Ces trois dimensions induisent donc deux spécificités propres aux "previously on" : d'une part, la mise en lumière d'éléments passés qui divergent d'un épisode à l'autre (dans un "previously on" donné, on va nous rappeler que deux personnages sont issus de la même fratrie, parce que l'épisode du jour va insister sur cette question ; dans le suivant, on va nous rappeler que quatre épisodes auparavant, untel a menacé untel d'une arme, sous le coup de la panique, parce que c'est ce problème qui va resurgir dans l'épisode du jour) ; d'autre part, la réorganisation non-chronologique des images, afin de retracer l'évolution, par exemple, d'un personnage donné.
 
Mais au fait, pourquoi réfléchir à ce sujet ? D'abord parce que j'ai fini il y a peu le livre de Jean Songe, Tout (ce que je sais) vient du noir, et qu'il m'a semblé qu'un passage  entier y était consacré au droit inaliénable (n'ayons pas peur des mots, encore) à tisser des liens sans finalité et à faire des comparaisons entre des éléments qui ne s'y prêtent pas naturellement, soit simplement pour s'entretenir la matière grise (le step de la matière grise, mettons), soit pour en faire surgir des théories nouvelles. Ensuite, aussi, parce que j'aime bien essayer des trucs - ce qui revient un peu au même.
 
Quoi qu'il en soit, c'était mon laïus lénifiant du samedi, merci à ceux qui l'ont suivi.
Commentaires
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daniel     |2007-07-21 21:53:05
Oh! Bordel...
Je viens de commander le livre de Jean Songe à ma libraire nouvellement installée...
Je sais pas, mais si sa lecture doit me plonger dans de telles réflexions existentielles concernant la structure du moindre récit que j'aurais envie d'entreprendre sans m'être au préalable farci des tas de séries américaines que je n'ai aucune envie de voir: la corde du pendu m'attend!
Je vais expérimenter la case François Villon...
sophiek   |2007-07-21 21:54:45
avatar Et bien mon petit Franswa, ton laïus est loin d'être lénifiant (dix milliards de fois moins que regarder la télé un samedi soir, surtout l'été). Je suis parfaitement d'accord (hé oui, bon , pas étonnant, je sais) avec ta fine analyse. De la série des Kenzie-Gennaro, je n'ai lu que "Prières pour la pluie" (je lis souvent les séries dans le désordre, donc ce que tu remarques avec justesse ne m'avait pas frappée) et je ne me souviens absolument de rien à propos de l'intrigue ou des personnages (ce qui est mauvais signe, pour moi). En revanche, du même Lehane, j'ai adoré "Shutter Island", excellent "Shoker". Pas le meilleur polar que j'ai lu cependant, mais bon.
sophiek  - PS   |2007-07-21 21:56:31
avatar (en fait, je ne suis pas une grande fan de Lehane, on l'aura compris, hum.)
sophiek   |2007-07-21 22:09:29
avatar Cela dit, j'ai un GROS problème avec les polars depuis que j'ai lu Thomas Harris, les Ellroy, quelques Crumley, Jeff Lindsay et Tony Hillerman. Quand on a goûté à l'excellence en matière de scénario, d'écriture, de rythme, ça devient beaucoup plus duraille de lire du polar "de série". J'ai faim d'un nouveau style dans ce domaine, et là, en dehors de "Train" de Pete Dexter, j'ai rien avalé de bon, je veux dire de vraiment bon, depuis quelques temps. Ah si, "Comme une tombe" (Peter James, chez Panama), éventuellement.
yannick b   |2007-07-22 13:39:20
de Lehane, je n'ai lu que " Gone, baby, gone ", parce que le sujet me touchait et que je bossais dans la même direction. Comme Sophie, je ne peux rien dire sur les personnages secondaires et les relations qu'ils entretiennent avec le duo. Je pense que c'est sur le plan stylistique et du rythme de la structure que Lehane pêche un peu. Il alterne des passages " classiques " avec quelques moment de brio ( je pense à la scène où le duo fait irruption dans la baraque des pédophiles, Lehane laisse des choses dans l'ombre, l'imagination du lecteur fait le reste et c'est terrifiant ), manque parfois une " atmosphère " spécifique.
Sur le thème de la disparition des enfants, je recommande " L'enfant à la luge " ( points/policier ) de Chris Mooney, mené de main de maître, psychologiquement très fouillé et surprenant.

Daniel: malheureux, dans quoi t'es-tu embarqué? " Tout ( ce que je sais ) vient du noir " est écrit par un dément coincé dans un
univers de SF noire...
KMS   |2007-07-22 13:43:50
Et pourquoi (pourquoi)(bordel) cette note n'est pas sur page quand j'arrive dessus hien? Je pose la question. Hein?
C'est pas la première fois.
C'est pour m'embêter hien?
C'est ça vous m'en voulez hmmm? (je fais mon parano à la Sly Stone)(en tout cas réécoutez There's a riot...)
(bon je vais manger je lis ensuite)
(d'abord je rêle)
(ensuite je lis)
(c'est ainsi)
2nd Flore   |2007-07-22 13:49:56
je vais me concentrer sur les quelques points sur lesquels je diverge, hein, parce que c'est plus drôle...
Donc :
1. Les séries ne rechignent pas à introduire ex abrupto de nouveaux personnages, me semble-t-il - soit pour faire de la place à un "guest", soit pour pallier le départ d'un acteur ou d'une actrice qui a trouvé mieux ailleurs (ou qui doit inopinément entrer en cure de désintox)... mais c'est surtout le cas des soaps, il est vrai
2. le lien entre le théâtre classique et les séries US n'est pas une surprise : les scénaristes respectent les règles de la dramaturgie telle qu'elle est enseignée à Hollywood - et qui emprunte beaucoup aux classiques (voir sur ce point l'excellent "La dramaturgie", de Lavandier, qui mêle gentiment Eschyle et Jumanji)

Sinon, ben, chuis d'accord - avec une mention spéciale pour le traducteur de Lehane (avoir traduit "a drink" en "un dernier verre ", c'est une bien jolie trouvaille, qui rend le titre
français + fort que l'original)
2nd Flore   |2007-07-22 13:51:49
PS - fin juillet et la file d'attente déborde (le salut à RMLW est prêt).
Qu'est-ce que ce sera en août...
2nd Flore  - > KMS   |2007-07-22 13:54:40
C'est ça, la fameuse file d'attente - pour laisser les textes de la page d'accueil prendre l'air au moins une journée, et que l'anarchie reste joyeuse.
Reste à attendre que Franswa se réveille ;-)
(salut, Franswa)
garrincha   |2007-07-22 14:29:10
Sophiek, Yannick, vous avez lu les moins bons Lehane. Il n'a jamais réussi à retrouver le niveau des deux premiers, hélas. Après, même des deux là ne valent pas un bon vieux Burke, mais ce n'est pas le sujet.

Il me semble moi aussi que les séries ne rechignent pas à introduire des personnages nouveaux mais là où Franswa a raison, c'est que ces nouveaux personnages ont justement rarement une existance antérieure qu'on découvrirait par accident. En ce sens, un Aaron Sorkin est par exemple plus adroit. Quand vraiment il est obliég d'introduire un personnage antérieur (dont on aurait du entendre parler avant), il a au moins le mérite de prendre le temps nécessaire pour nous expliquer d'où il vient, pourquoi on ne l'a pas vu avant, etc.

Un autre élément justement : une série US qui se déploie sur une ou plusieurs saisons offre la possibilité à ses scénaristes d'approfondir chaque semaine leurs personnages. Je ne connais pas de dispositif de fiction équivalent, qui donne une
telle liberté. C'est un peu comme si le premier acte d'une pièce de théâtre se poursuivait en parallèle tout du long de l'évolution de la série. Chaque semaine, on en apprend plus. C'est aussi ce qui rend les acteurs de série beaucoup plus "forts" que leurs alter-egos du série : ils ont le temps pour eux. (Bradley Whitford, je t'aime).

Ce qui me gêne avec les Lehane au final (et c'est pour ça qu'il ne faut pas prendre Prières pour la pluie comme modèle) : dans les derniers, Kenzie dispose de deux armes atomiques qui lui permettent de résoudre systématiquement toute difficulté, Gennaro d'une part et Bubba de l'autre. Il n'a plus qu'à les dégainer pour se sortir des impasses dans lesquels il se trouve. Un peu comme un superpouvoir à la con. C'es tun peu trop mécanique à mon goût.

Fin du pâté.
sève   |2007-07-22 14:37:12
je suis comme tant d'autres, je n'ai lu qu'un seul Lehane, je ne peut donc pas comparer, mais je suis d'accord avec bertrand, le traducteur fait un joli boulot et c'est assez rare (en polar et en SF plus particulièrement) pour qu'on le remarque.

Yannick, dans deux secondes je tourne la dernière page du "Body" de Crews et pour l'istant tout ce que je peux en dire c'est: merci.
KMS   |2007-07-22 15:45:17
C'est grave, si, de Lehane, je n'ai aucun ouvrage lu?
yannick b  - Sève   |2007-07-22 18:29:14
alors si tu as envie de continuer de plonger dans Crews ( il y a des façons plus débiles de passer l'été ) tu as le choix entre " Le chanteur de gospel ", " Le roi du KO " et " La foire aux serpents ", tous 3 du niveau de " Body. Et on en reparle dans 3 semaines ( oui, je m'absente, un tiers plaisir, un tiers boulot, un tiers obligation familiale ).
Franswa P.   |2007-07-22 18:45:08
(ouais, bon, me revoilà. Et je suis pas dans la merde, avec tout ce que vous avez écrit.)

Daniel, bien ouèj' pour ta commande à Séverine (si j'ai bien suivi). Sur les séries, en fait non, il n'y a aucune obligation à les visionner (mais tu loupes quelque chose, dans certains cas : l'époque de Super Jaimie et de Dallas est bel et bien révolue - enfin si, il existe encore des Suepr Jaimie et des Dallas, mais on s'en fout parce que la production est nettement plus riche).

Sophiek, effectivement, Lehane n'est pas le meilleur auteur de polar. Mais il est bon, quoiqu'inégal (et là je rejoins tout le monde, preuve qu'en fait, je suis une vraie girouette à laquelle on ne peut pas du tout faire confiance). Mais je trouve qu'il décrit bien l'horreur. Et tu as oublié de citer, de lui, Mystic River (dont Eastwood, je crois, a tiré un excellent film je trouve) - enfin, je ne sais plus si c'est Sean Penn ou quoi, mais quelqu'un a racheté
les droits de Gone Baby Gone pour l'adapter au cinoche. C'est une bonne idée, on verra (en même temps, de Ellroy, il y a eu de la bonne adaptation (LA Confidential) et de la calamiteuse (Le Dahlia Noir)), dont j'attends de voir quand même. Ah oui, et merci Sophiek, aussi.

Yannick, parfaitement d'accord avec toi sur cette irruption des deux héros dans la baraque des pédophiles. Et la prochaine fois que tu passes te changer dans une cabine téléphonique, tu salueras Jean Songe pour moi (je me comprends, toi aussi, la vie est belle).

KMS, mon gros loup, tout rentre dans l'ordre au bout d'un moment, tu vois ? Mais il faut bien, aussi, que le corps (de chaque texte) exulte. Et ce n'est pas grave du tout que tu n'aies lu aucun Lehane - je n'ai quant à moi lu aucun Harry Crews.

Secondflore, je suis d'accord avec ton point 1 (surtout avec la fin d'ailleurs - ta remarque s'adresse mieux aux soaps qu'aux autres. Dans les autres
séries, comme le souligne (un peu) Garrincha, les incursions intempestives de nouveaux personnages interviennent plus souvent d'une saison à l'autre - pas au cours d'une saison. Sur le point 2, je te suis aussi (une girouette, je vous dis), et je prends bonne note, comme disent en général les gens qui ne prennent, en fait, pas du tout bonne note - mais là si.

Garrincha (justement), ah ouais, c'est Josh ton préféré ? Et sinon, les moins bons Lehane, comme tu y vas. Je trouve que le moins bon est le troisième, et que Gone, baby, gone, n'est pas mal du tout, franchement. En revanche, sur la systématisation Bubba-Angie comme portes de sortie, je suis bien d'accord (mais j'adore Bubba quand même, et j'ai un ami (encore une fois, le même - quel pervers celui-là) qui adore Angie.
Sinon, tu pâtes pas mal en ce moment - c'est bien.

Sève, bordel oui, Harry Crews. Il faut que j'aille plonger en apnée là-dedans, moi aussi. En plus, si vous êtes maintenant deux à me le conseiller, je n'ai plus aucune excuse (mais j'achèterai mon exemplaire quand même, névropathie fétichiste oblige).

Sinon, pour tous, en fait, le traducteur est une traductrice - elle s'appelle Isabelle Maillet, et j'imagine qu'elle vous remercie pour vos compliments.
sophiek   |2007-07-22 21:16:17
avatar C'est vrai que "Shutter Island" était fort bien traduit par Dame Maillet, je confirme.
...
Bon, j'imagine que sans Yannick et sans Franswa et sans KMS, on va avoir une semaine assez calme sur ce blog. Juste : bonnes vacances, camarades !
KMS   |2007-07-22 21:36:01
Ah mais je suis encore là tout la semaine.
Je ne pars que samedi.
(vous pensez pas vous débarasser de moi comme ça)
(ah ah ah ah)
(just call me Ze Morbac)
(hum)
sophiek   |2007-07-22 21:44:06
avatar Ah boooooon. Cool. J'espère que 2ndFlore, Fab et Tsquaron seront là aussi pour faire bouger le site. Et Fol revient en fin de semaine, donc...
(Quelqu'un a-t-il des nouvelles d'Aymeric, au fait ? C'est vrai qu'après son stage au pôle Nord, il attaque l'Anapurna, ou c'est des racontars, encore ?)
Daniel     |2007-07-22 21:57:50
Faites gaffe quand même les vacanciers!

Samedi matin, en revenant de chez Darty avec un nouveau Nokia pour ma fille qu'a eu son bac et qui va aller, toute heureuse, à la faculté, dans une ligne droite à une voie où, vu la circulation des estivaliers, il était difficile de cartonner, dans le fossé y'avait une voiture toute retournée...Les quatre roues en l'air et ses occupants comme des cons à la regarder...
Ils arrivaient des Ardennes et je pense pas qu'ils avaient loué pour l'été ce bord de route enherbé...

Ah! les vacances si désirées, voilà où quellequefois elles nous laissent plantés...

Soit à cause d'une paupière trop lourde ou soit à cause d'une énième dispute au sujet du thermos de café!

igh
sophiek   |2007-07-22 21:59:59
avatar Peut-être qu'ils avaient perdu l'habitude des routes droites en terrain plat, tes Ardennais. Ca joue, aussi. :p
daniel   |2007-07-22 22:12:50
Bah! je sais pas...
Ici aussi y'a des creux et des bosses, et aussi des travaux de mise à quatre voies...

Et aussi des sangliers qui se baladent par deux ou par trois...

Mais c'est quand il fait nuit noire qu'ils passent...lorsqu'ils se rendent à des soirées où ne nous sommes jamais invités...

:eek
sophiek  - Garrincha   |2007-07-23 11:14:37
avatar Tu peux me citer quelques titres de Burke, steplé ? Je ne crois pas en avoir lu (me souviens plus, en fait). Sinon, en accord total avec ce que tu dis sur Lehane.
sophiek   |2007-07-23 11:58:56
avatar Garrincha ? Es-tu là ?
DeYeR   |2007-07-23 12:07:57
erf . va falloir que je trouve le temps de lire ton texte :upset mais comment vous faitent pour écrire autant, moi j'en suis à 3 pages de mon rapport de stage et je cale déja ! :grin
Franswa P.   |2007-07-23 12:09:19
Mais... mais... qu'est ce que c'est que cette nouvelle image qui illustre le texte ? Remarque, dominos ou métier à tisser, ça me va.
Vous avez vu je suis pas chiant.
Franswa P.  - Deyer   |2007-07-23 12:10:27
En fait, pour écrire autant, c'est simple (au moins dans mon cas). Tu te lances, en sachant que tu peux te ramasser la gueule. Et en cours de route, parce que tu ne veux pas trop te foutre de la gueule du monde, tu essaies quand même de rester (au moins un peu) cohérent.
Et zou.
sophiek   |2007-07-23 12:57:34
avatar (Pardon, Franswa, le métier se téléchargeait mal, une fois sur deux en fait, alors j'ai changé. Comme je te croyais parti, je ne t'ai pas demandé ton avis, désolée.)
Garrincha-de-retour     |2007-07-23 15:13:59
Alors le Burke, James Lee, de son prénom, c'est du polar situé en louisiane avec un flic gros, moche, alcoolo au doux patronyme de Dave Robicheaux. Il y en a que j'ai vraiment aimé : Purple Cane Road.

Il est compréhensible même sans avoir lu les autres et il a une charge émotionnelle assez inouïe (cas de pédophilie + corruption + flashback sur la maman à Robicheaux qui s'est fait tuer quelques années plus tôt).

Ceci dit, le Burke qui m'a le plus touché, c'est son premier roman, qui n'est pas vraiment un polar. Rien que le titre déjà : le boogie des rêves perdus. J'en cause .

Et sinon, vraiment, un dernier verre avant la guerre, c'est vachement bien.
sophiek   |2007-07-23 20:53:04
avatar Oki, merciii, Grarrrinch'.
Franswa P.   |2007-07-26 14:08:10
avatar Plus ça va, plus j'aime ces dominos, en fait, qui ont finalement remplacé mon métier à tisser initial.
Un métier à tisser, c'est le début de l'industrialisation, les règles d'or gavées de dogmes techniques jusqu'à la gueule, le taylorisme, les automatismes et tout ça.
Des dominos, l'idée de base est la même (broder, tisser, dériver), sauf que l'aléatoire y garde totalement sa place.
Je préfère, donc, forcément. Une bonne idée, parfois, on tombe dessus par hasard, au détour d'une promenade burlesque dans un champ déjà quinze fois labouré.
thom     |2008-01-30 16:34:36
J'avais lu ce papier à l'époque, et puis je ne l'avais pas commenté, je ne sais plus trop pourquoi (bref). Là je viens de le relire en relisant "Mystic River", je me demandais si tu en parlais (en fait non, mais c'est pas grave), et...bref : oui, je suis assez d'accord avec tout ça, pas spécialement sur Lehane (je n'ai lu que le 1 et le 5, qui risque de te faire pleurer a priori), mais sur la loi des séries en générale. C'est pourquoi en matière de littérature j'ai tendance à dissocier "série" de "cycle" (ou "saga" selon mon humeur), puisque le premier cas de figure n'a pas de fin précise quand le second est prévu dès le départ tel quel. Et en ce sens, bien entendu, je préfère amplement les cycles aux séries.

Voilà ! c'était pas palpitant, mais c'était juste pour dire. Ah et puis : j'ai pas lu "Ténèbre...", c'est le dernier verre que j'ai commenté

A +
Franswa P.   |2008-01-30 16:43:33
Eh ben plusieurs choses alors, Thom (salut Thom !).

1. Depuis juillet dernier, j'ai lu toute la série Lehane. Et oui, oui, évidemment oui. Le dernier est tip-top poil à mon avis.

2. Série contre cycle, je dis quinze fois oui.

3. Désolé, effectivement, je me suis planté sur le bouquin que tu avais commenté. Mais comme les deux titres sont super beaux, ça va (ah bon ? Oui, c'est une argumentation de merde, on va pas en faire un fromage non plus.)
thom     |2008-02-01 09:53:32
Il va sans dire que si tu avais échangé "Un dernier verre..." avec "Prières..." j'aurais été moins indulgent, aurais exigé réparation voir même peut-être des excuses publiques. Là, ça va :grin
Pour ce qui est du dernier...c'est le premier de la série que j'ai lu, en fait ; je n'aurais pas déjà connu "Mystic River", je crois que j'aurais pris Lehane pour un cousin de Michael Connelly et n'y serais jamais revenu...pas étonnant qu'il ait arrêté là, au moins il aura fait preuve de plus de clairvoyance que ledit...Connelly

Tout de même, je retiens un truc assez intéressant de tout ça : Lehane, globalement, tout le monde le trouve très bon...mais personne n'est d'accord sur ses livres. Il n'a pas son ouvrage référence, son bouquin que tout le monde conseil (certains diront "Mystic River" mais je connais un tas de fans qui le trouvent complètement caricatural ; "Ténèbres..." idem ; "Shutter Island" est aussi souvent adulé
que détesté...), et ça...c'est intéressant, je trouve vraiment curieux qu'il divise à ce point son propre lectorat lectorat... :upset
daniel     |2007-07-21 21:53:05
Oh! Bordel...
Je viens de commander le livre de Jean Songe à ma libraire nouvellement installée...
Je sais pas, mais si sa lecture doit me plonger dans de telles réflexions existentielles concernant la structure du moindre récit que j'aurais envie d'entreprendre sans m'être au préalable farci des tas de séries américaines que je n'ai aucune envie de voir: la corde du pendu m'attend!
Je vais expérimenter la case François Villon...
sophiek   |2007-07-21 21:54:45
avatar Et bien mon petit Franswa, ton laïus est loin d'être lénifiant (dix milliards de fois moins que regarder la télé un samedi soir, surtout l'été). Je suis parfaitement d'accord (hé oui, bon , pas étonnant, je sais) avec ta fine analyse. De la série des Kenzie-Gennaro, je n'ai lu que "Prières pour la pluie" (je lis souvent les séries dans le désordre, donc ce que tu remarques avec justesse ne m'avait pas frappée) et je ne me souviens absolument de rien à propos de l'intrigue ou des personnages (ce qui est mauvais signe, pour moi). En revanche, du même Lehane, j'ai adoré "Shutter Island", excellent "Shoker". Pas le meilleur polar que j'ai lu cependant, mais bon.
sophiek  - PS   |2007-07-21 21:56:31
avatar (en fait, je ne suis pas une grande fan de Lehane, on l'aura compris, hum.)
sophiek   |2007-07-21 22:09:29
avatar Cela dit, j'ai un GROS problème avec les polars depuis que j'ai lu Thomas Harris, les Ellroy, quelques Crumley, Jeff Lindsay et Tony Hillerman. Quand on a goûté à l'excellence en matière de scénario, d'écriture, de rythme, ça devient beaucoup plus duraille de lire du polar "de série". J'ai faim d'un nouveau style dans ce domaine, et là, en dehors de "Train" de Pete Dexter, j'ai rien avalé de bon, je veux dire de vraiment bon, depuis quelques temps. Ah si, "Comme une tombe" (Peter James, chez Panama), éventuellement.
yannick b   |2007-07-22 13:39:20
de Lehane, je n'ai lu que " Gone, baby, gone ", parce que le sujet me touchait et que je bossais dans la même direction. Comme Sophie, je ne peux rien dire sur les personnages secondaires et les relations qu'ils entretiennent avec le duo. Je pense que c'est sur le plan stylistique et du rythme de la structure que Lehane pêche un peu. Il alterne des passages " classiques " avec quelques moment de brio ( je pense à la scène où le duo fait irruption dans la baraque des pédophiles, Lehane laisse des choses dans l'ombre, l'imagination du lecteur fait le reste et c'est terrifiant ), manque parfois une " atmosphère " spécifique.
Sur le thème de la disparition des enfants, je recommande " L'enfant à la luge " ( points/policier ) de Chris Mooney, mené de main de maître, psychologiquement très fouillé et surprenant.

Daniel: malheureux, dans quoi t'es-tu embarqué? " Tout ( ce que je sais ) vient du noir " est écrit par un dément coincé dans un
univers de SF noire...
KMS   |2007-07-22 13:43:50
Et pourquoi (pourquoi)(bordel) cette note n'est pas sur page quand j'arrive dessus hien? Je pose la question. Hein?
C'est pas la première fois.
C'est pour m'embêter hien?
C'est ça vous m'en voulez hmmm? (je fais mon parano à la Sly Stone)(en tout cas réécoutez There's a riot...)
(bon je vais manger je lis ensuite)
(d'abord je rêle)
(ensuite je lis)
(c'est ainsi)
2nd Flore   |2007-07-22 13:49:56
je vais me concentrer sur les quelques points sur lesquels je diverge, hein, parce que c'est plus drôle...
Donc :
1. Les séries ne rechignent pas à introduire ex abrupto de nouveaux personnages, me semble-t-il - soit pour faire de la place à un "guest", soit pour pallier le départ d'un acteur ou d'une actrice qui a trouvé mieux ailleurs (ou qui doit inopinément entrer en cure de désintox)... mais c'est surtout le cas des soaps, il est vrai
2. le lien entre le théâtre classique et les séries US n'est pas une surprise : les scénaristes respectent les règles de la dramaturgie telle qu'elle est enseignée à Hollywood - et qui emprunte beaucoup aux classiques (voir sur ce point l'excellent "La dramaturgie", de Lavandier, qui mêle gentiment Eschyle et Jumanji)

Sinon, ben, chuis d'accord - avec une mention spéciale pour le traducteur de Lehane (avoir traduit "a drink" en "un dernier verre ", c'est une bien jolie trouvaille, qui rend le titre
français + fort que l'original)
2nd Flore   |2007-07-22 13:51:49
PS - fin juillet et la file d'attente déborde (le salut à RMLW est prêt).
Qu'est-ce que ce sera en août...
2nd Flore  - > KMS   |2007-07-22 13:54:40
C'est ça, la fameuse file d'attente - pour laisser les textes de la page d'accueil prendre l'air au moins une journée, et que l'anarchie reste joyeuse.
Reste à attendre que Franswa se réveille ;-)
(salut, Franswa)
garrincha   |2007-07-22 14:29:10
Sophiek, Yannick, vous avez lu les moins bons Lehane. Il n'a jamais réussi à retrouver le niveau des deux premiers, hélas. Après, même des deux là ne valent pas un bon vieux Burke, mais ce n'est pas le sujet.

Il me semble moi aussi que les séries ne rechignent pas à introduire des personnages nouveaux mais là où Franswa a raison, c'est que ces nouveaux personnages ont justement rarement une existance antérieure qu'on découvrirait par accident. En ce sens, un Aaron Sorkin est par exemple plus adroit. Quand vraiment il est obliég d'introduire un personnage antérieur (dont on aurait du entendre parler avant), il a au moins le mérite de prendre le temps nécessaire pour nous expliquer d'où il vient, pourquoi on ne l'a pas vu avant, etc.

Un autre élément justement : une série US qui se déploie sur une ou plusieurs saisons offre la possibilité à ses scénaristes d'approfondir chaque semaine leurs personnages. Je ne connais pas de dispositif de fiction équivalent, qui donne une
telle liberté. C'est un peu comme si le premier acte d'une pièce de théâtre se poursuivait en parallèle tout du long de l'évolution de la série. Chaque semaine, on en apprend plus. C'est aussi ce qui rend les acteurs de série beaucoup plus "forts" que leurs alter-egos du série : ils ont le temps pour eux. (Bradley Whitford, je t'aime).

Ce qui me gêne avec les Lehane au final (et c'est pour ça qu'il ne faut pas prendre Prières pour la pluie comme modèle) : dans les derniers, Kenzie dispose de deux armes atomiques qui lui permettent de résoudre systématiquement toute difficulté, Gennaro d'une part et Bubba de l'autre. Il n'a plus qu'à les dégainer pour se sortir des impasses dans lesquels il se trouve. Un peu comme un superpouvoir à la con. C'es tun peu trop mécanique à mon goût.

Fin du pâté.
sève   |2007-07-22 14:37:12
je suis comme tant d'autres, je n'ai lu qu'un seul Lehane, je ne peut donc pas comparer, mais je suis d'accord avec bertrand, le traducteur fait un joli boulot et c'est assez rare (en polar et en SF plus particulièrement) pour qu'on le remarque.

Yannick, dans deux secondes je tourne la dernière page du "Body" de Crews et pour l'istant tout ce que je peux en dire c'est: merci.
KMS   |2007-07-22 15:45:17
C'est grave, si, de Lehane, je n'ai aucun ouvrage lu?
yannick b  - Sève   |2007-07-22 18:29:14
alors si tu as envie de continuer de plonger dans Crews ( il y a des façons plus débiles de passer l'été ) tu as le choix entre " Le chanteur de gospel ", " Le roi du KO " et " La foire aux serpents ", tous 3 du niveau de " Body. Et on en reparle dans 3 semaines ( oui, je m'absente, un tiers plaisir, un tiers boulot, un tiers obligation familiale ).
Franswa P.   |2007-07-22 18:45:08
(ouais, bon, me revoilà. Et je suis pas dans la merde, avec tout ce que vous avez écrit.)

Daniel, bien ouèj' pour ta commande à Séverine (si j'ai bien suivi). Sur les séries, en fait non, il n'y a aucune obligation à les visionner (mais tu loupes quelque chose, dans certains cas : l'époque de Super Jaimie et de Dallas est bel et bien révolue - enfin si, il existe encore des Suepr Jaimie et des Dallas, mais on s'en fout parce que la production est nettement plus riche).

Sophiek, effectivement, Lehane n'est pas le meilleur auteur de polar. Mais il est bon, quoiqu'inégal (et là je rejoins tout le monde, preuve qu'en fait, je suis une vraie girouette à laquelle on ne peut pas du tout faire confiance). Mais je trouve qu'il décrit bien l'horreur. Et tu as oublié de citer, de lui, Mystic River (dont Eastwood, je crois, a tiré un excellent film je trouve) - enfin, je ne sais plus si c'est Sean Penn ou quoi, mais quelqu'un a racheté
les droits de Gone Baby Gone pour l'adapter au cinoche. C'est une bonne idée, on verra (en même temps, de Ellroy, il y a eu de la bonne adaptation (LA Confidential) et de la calamiteuse (Le Dahlia Noir)), dont j'attends de voir quand même. Ah oui, et merci Sophiek, aussi.

Yannick, parfaitement d'accord avec toi sur cette irruption des deux héros dans la baraque des pédophiles. Et la prochaine fois que tu passes te changer dans une cabine téléphonique, tu salueras Jean Songe pour moi (je me comprends, toi aussi, la vie est belle).

KMS, mon gros loup, tout rentre dans l'ordre au bout d'un moment, tu vois ? Mais il faut bien, aussi, que le corps (de chaque texte) exulte. Et ce n'est pas grave du tout que tu n'aies lu aucun Lehane - je n'ai quant à moi lu aucun Harry Crews.

Secondflore, je suis d'accord avec ton point 1 (surtout avec la fin d'ailleurs - ta remarque s'adresse mieux aux soaps qu'aux autres. Dans les autres
séries, comme le souligne (un peu) Garrincha, les incursions intempestives de nouveaux personnages interviennent plus souvent d'une saison à l'autre - pas au cours d'une saison. Sur le point 2, je te suis aussi (une girouette, je vous dis), et je prends bonne note, comme disent en général les gens qui ne prennent, en fait, pas du tout bonne note - mais là si.

Garrincha (justement), ah ouais, c'est Josh ton préféré ? Et sinon, les moins bons Lehane, comme tu y vas. Je trouve que le moins bon est le troisième, et que Gone, baby, gone, n'est pas mal du tout, franchement. En revanche, sur la systématisation Bubba-Angie comme portes de sortie, je suis bien d'accord (mais j'adore Bubba quand même, et j'ai un ami (encore une fois, le même - quel pervers celui-là) qui adore Angie.
Sinon, tu pâtes pas mal en ce moment - c'est bien.

Sève, bordel oui, Harry Crews. Il faut que j'aille plonger en apnée là-dedans, moi aussi. En plus, si vous êtes maintenant deux à me le conseiller, je n'ai plus aucune excuse (mais j'achèterai mon exemplaire quand même, névropathie fétichiste oblige).

Sinon, pour tous, en fait, le traducteur est une traductrice - elle s'appelle Isabelle Maillet, et j'imagine qu'elle vous remercie pour vos compliments.
sophiek   |2007-07-22 21:16:17
avatar C'est vrai que "Shutter Island" était fort bien traduit par Dame Maillet, je confirme.
...
Bon, j'imagine que sans Yannick et sans Franswa et sans KMS, on va avoir une semaine assez calme sur ce blog. Juste : bonnes vacances, camarades !
KMS   |2007-07-22 21:36:01
Ah mais je suis encore là tout la semaine.
Je ne pars que samedi.
(vous pensez pas vous débarasser de moi comme ça)
(ah ah ah ah)
(just call me Ze Morbac)
(hum)
sophiek   |2007-07-22 21:44:06
avatar Ah boooooon. Cool. J'espère que 2ndFlore, Fab et Tsquaron seront là aussi pour faire bouger le site. Et Fol revient en fin de semaine, donc...
(Quelqu'un a-t-il des nouvelles d'Aymeric, au fait ? C'est vrai qu'après son stage au pôle Nord, il attaque l'Anapurna, ou c'est des racontars, encore ?)
Daniel     |2007-07-22 21:57:50
Faites gaffe quand même les vacanciers!

Samedi matin, en revenant de chez Darty avec un nouveau Nokia pour ma fille qu'a eu son bac et qui va aller, toute heureuse, à la faculté, dans une ligne droite à une voie où, vu la circulation des estivaliers, il était difficile de cartonner, dans le fossé y'avait une voiture toute retournée...Les quatre roues en l'air et ses occupants comme des cons à la regarder...
Ils arrivaient des Ardennes et je pense pas qu'ils avaient loué pour l'été ce bord de route enherbé...

Ah! les vacances si désirées, voilà où quellequefois elles nous laissent plantés...

Soit à cause d'une paupière trop lourde ou soit à cause d'une énième dispute au sujet du thermos de café!

igh
sophiek   |2007-07-22 21:59:59
avatar Peut-être qu'ils avaient perdu l'habitude des routes droites en terrain plat, tes Ardennais. Ca joue, aussi. :p
daniel   |2007-07-22 22:12:50
Bah! je sais pas...
Ici aussi y'a des creux et des bosses, et aussi des travaux de mise à quatre voies...

Et aussi des sangliers qui se baladent par deux ou par trois...

Mais c'est quand il fait nuit noire qu'ils passent...lorsqu'ils se rendent à des soirées où ne nous sommes jamais invités...

:eek
sophiek  - Garrincha   |2007-07-23 11:14:37
avatar Tu peux me citer quelques titres de Burke, steplé ? Je ne crois pas en avoir lu (me souviens plus, en fait). Sinon, en accord total avec ce que tu dis sur Lehane.
sophiek   |2007-07-23 11:58:56
avatar Garrincha ? Es-tu là ?
DeYeR   |2007-07-23 12:07:57
erf . va falloir que je trouve le temps de lire ton texte :upset mais comment vous faitent pour écrire autant, moi j'en suis à 3 pages de mon rapport de stage et je cale déja ! :grin
Franswa P.   |2007-07-23 12:09:19
Mais... mais... qu'est ce que c'est que cette nouvelle image qui illustre le texte ? Remarque, dominos ou métier à tisser, ça me va.
Vous avez vu je suis pas chiant.
Franswa P.  - Deyer   |2007-07-23 12:10:27
En fait, pour écrire autant, c'est simple (au moins dans mon cas). Tu te lances, en sachant que tu peux te ramasser la gueule. Et en cours de route, parce que tu ne veux pas trop te foutre de la gueule du monde, tu essaies quand même de rester (au moins un peu) cohérent.
Et zou.
sophiek   |2007-07-23 12:57:34
avatar (Pardon, Franswa, le métier se téléchargeait mal, une fois sur deux en fait, alors j'ai changé. Comme je te croyais parti, je ne t'ai pas demandé ton avis, désolée.)
Garrincha-de-retour     |2007-07-23 15:13:59
Alors le Burke, James Lee, de son prénom, c'est du polar situé en louisiane avec un flic gros, moche, alcoolo au doux patronyme de Dave Robicheaux. Il y en a que j'ai vraiment aimé : Purple Cane Road.

Il est compréhensible même sans avoir lu les autres et il a une charge émotionnelle assez inouïe (cas de pédophilie + corruption + flashback sur la maman à Robicheaux qui s'est fait tuer quelques années plus tôt).

Ceci dit, le Burke qui m'a le plus touché, c'est son premier roman, qui n'est pas vraiment un polar. Rien que le titre déjà : le boogie des rêves perdus. J'en cause .

Et sinon, vraiment, un dernier verre avant la guerre, c'est vachement bien.
sophiek   |2007-07-23 20:53:04
avatar Oki, merciii, Grarrrinch'.
Franswa P.   |2007-07-26 14:08:10
avatar Plus ça va, plus j'aime ces dominos, en fait, qui ont finalement remplacé mon métier à tisser initial.
Un métier à tisser, c'est le début de l'industrialisation, les règles d'or gavées de dogmes techniques jusqu'à la gueule, le taylorisme, les automatismes et tout ça.
Des dominos, l'idée de base est la même (broder, tisser, dériver), sauf que l'aléatoire y garde totalement sa place.
Je préfère, donc, forcément. Une bonne idée, parfois, on tombe dessus par hasard, au détour d'une promenade burlesque dans un champ déjà quinze fois labouré.
thom     |2008-01-30 16:34:36
J'avais lu ce papier à l'époque, et puis je ne l'avais pas commenté, je ne sais plus trop pourquoi (bref). Là je viens de le relire en relisant "Mystic River", je me demandais si tu en parlais (en fait non, mais c'est pas grave), et...bref : oui, je suis assez d'accord avec tout ça, pas spécialement sur Lehane (je n'ai lu que le 1 et le 5, qui risque de te faire pleurer a priori), mais sur la loi des séries en générale. C'est pourquoi en matière de littérature j'ai tendance à dissocier "série" de "cycle" (ou "saga" selon mon humeur), puisque le premier cas de figure n'a pas de fin précise quand le second est prévu dès le départ tel quel. Et en ce sens, bien entendu, je préfère amplement les cycles aux séries.

Voilà ! c'était pas palpitant, mais c'était juste pour dire. Ah et puis : j'ai pas lu "Ténèbre...", c'est le dernier verre que j'ai commenté

A +
Franswa P.   |2008-01-30 16:43:33
Eh ben plusieurs choses alors, Thom (salut Thom !).

1. Depuis juillet dernier, j'ai lu toute la série Lehane. Et oui, oui, évidemment oui. Le dernier est tip-top poil à mon avis.

2. Série contre cycle, je dis quinze fois oui.

3. Désolé, effectivement, je me suis planté sur le bouquin que tu avais commenté. Mais comme les deux titres sont super beaux, ça va (ah bon ? Oui, c'est une argumentation de merde, on va pas en faire un fromage non plus.)
thom     |2008-02-01 09:53:32
Il va sans dire que si tu avais échangé "Un dernier verre..." avec "Prières..." j'aurais été moins indulgent, aurais exigé réparation voir même peut-être des excuses publiques. Là, ça va :grin
Pour ce qui est du dernier...c'est le premier de la série que j'ai lu, en fait ; je n'aurais pas déjà connu "Mystic River", je crois que j'aurais pris Lehane pour un cousin de Michael Connelly et n'y serais jamais revenu...pas étonnant qu'il ait arrêté là, au moins il aura fait preuve de plus de clairvoyance que ledit...Connelly

Tout de même, je retiens un truc assez intéressant de tout ça : Lehane, globalement, tout le monde le trouve très bon...mais personne n'est d'accord sur ses livres. Il n'a pas son ouvrage référence, son bouquin que tout le monde conseil (certains diront "Mystic River" mais je connais un tas de fans qui le trouvent complètement caricatural ; "Ténèbres..." idem ; "Shutter Island" est aussi souvent adulé
que détesté...), et ça...c'est intéressant, je trouve vraiment curieux qu'il divise à ce point son propre lectorat lectorat... :upset
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