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[Crypto-poème auto-flagellatoire] "Détruis toi, mon ami. Qui attend mieux de toi, l'ami ? Détruis toi, copain. Et le ver-héros, sur la droite, veut te bouffer. Laisse le faire - c'est son plaisir. Et ta libération. Laisse le faire, donc." (F.W. Jonas, allumé on the rocks - très tard - à un moment donné de son existenticule.) Commentaires de texte ci-après.
L'avis du bon élève : "De tout temps, les écrivains ceux qui aiment écrire ont tenu, ponctuellement ou de manière plus systématique, à dire à exprimer leur mal-être de manière publique, sous la forme ou non d'un poème plus ou moins mal léché bien ciselé. Le titre de celui-ci associe l'idée de l'alcoolisme, posé comme un processus destructeur auto-infligé (ce qu'il est en quelque sorte, dans tous les cas), à celle du saturnisme, épidémie de canard résultant d'un très large excès d'apport en plomb (en général causé par les cartouches et douilles des chasseurs allant terminer leur course dans les mares et autres espaces naturels au sein desquels ils n'ont pas leur place, mais bon, ainsi va la vie.) Moins expéditive qu'une autre, cette méthode d'annihilation partage en effet avec le saturnisme à la fois son temps d'incubation, sa dégénérescence progressive et sa dimension c'est-pas-ma-faute, c'est-la-faute-aux-autres. Le texte se présente sous forme d'une harangue hallucinée, presque messianique, c'est dire s'il se prend au sérieux (le texte - ainsi que son auteur, voire son narrateur, d'ailleurs). Dans ce poème en six vers, donc, la complaisance affleure à chacune des césures. Dans les trois premières lignes, l'objet de la harangue subit un processus de distanciation croissante : de "mon ami", on passe à "l'ami", puis à un vague "copain" (introduit sans article, qui plus est). S'il y avait eu un quatrième vers introductif, on pourrait parier qu'il contiendrait le mot "connard", voire le mot "machin". Mais c'est une simple hypothèse, même si elle semble sensée. La destruction est ici posée comme une sorte de châtiment auto-infligé, certes, mais excusé dans la mesure où il semble répondre à une passivité du reste du monde, à une absence criante d'enjeu et d'attente de la part des pairs de la victime. C'est la classique bonne conscience alcoolique qui s'exprime, comme indiqué plus haut : je me détruis, mais c'est parce que les autres n'en attendent pas plus de ma part. La destruction n'est pas assumée : elle est posée comme une fatalité circonstancielle, "à la Grecque" si l'on peut dire. Comme Héraclès qui ne peut rien faire sinon sauver le monde, comme les Atrides qui ne peuvent rien faire sinon subir leur sort funeste sans sourciller, l'anti-héros semble ici ne rien pouvoir faire sinon se consumer à petit feu. La question de la responsabilité est ainsi savamment, sinon piteusement, écartée. Dans les trois vers suivants, et sans faire de jeu de mots sur la notion de "ver" (dans le sens lombric, donc, mais aussi en tant que travailleur de l'ombre, esclave d'Hadès se nourrissant de cadavres), la résignation et l'abandon sont là encore à l'honneur, puisque le personnage principal semble à nouveau destiné à s'abandonner à la nature, à se laisser aller à un cycle naturel sur lequel, là encore, il n'a aucune prise. La libération semble passer, précisément, par cet abandon à la volonté de la Terre (non plus considérée comme nourricière, mais au contraire comme affamée de chairs refroidies). C'est pitoyable d'auto-suffisance déresponsabilisée, si je peux me permettre un avis personnel, ainsi que l'usage de la première personne dans un commentaire de texte. Quant à cette histoire de "ver-héros", difficile de la commenter, difficile de la comprendre même, pour tout dire, sauf à penser que par ce biais extrêmement artificiel, l'auteur induit un déplacement de la focale, le héros n'étant plus la baderne avinée, mais le ver travailleur. Le nouveau héros de l'histoire, donc - une continuité macabre de l'existence.
Commentaire de Madame Bielle, professeur de français en Terminale 7 : Vous êtes un petit con arrogant, sachez-le. Cela dit, vous n'avez pas tort. Je vous mets un seize parce que vous avez parlé de la Fata grecque et que vous avez su bien orthographier le terme "dégénérescence". L'avis du cancre : Je né ri1 compri à ce texte. Mé dan "alcoolisme", il y a "cool". Cé fun. Commentaire de Madame Bielle, professeur de français en Terminale 7 : Sans commentaire, désolée. Je vous dirai ce que je pense de votre avis la prochaine fois que je vous croiserai sur MSN. Pour l'instant, c'est un bon deux que je vous offre de bon coeur. L'avis du gothique attitré de la Terminale 7 :
Ce texte est trop bien. Il exprime parfaitement le mal-être d'une génération en passe de pourrissement sur pied, la déliquescence d'une société de consommation qui contient en elle un éloge de l'excès et de l'abus, tous deux nécessaires à sa bonne continuation. J'aime bien les vers de terre, les rats et manger des oeufs pourris, parce que par ce biais j'exprime au Monde l'abhorration qu'il m'inspire. Nous sommes tous des cadavres animés, notre immobilisme terminal est notre lot à tous, notre devenir, notre au-delà. Je respecte les lombrics parce qu'ils me le rendront bien, je l'espère. Commentaire de Madame Bielle, professeur de français en Terminale 7 : Oui oui, d'accord. C'est vrai que Marilyn Manson a écrit quelques bonnes chansons. Allez, je vous mets huit : vous avez su orthographier proprement "déliquescence", et même l'utiliser - c'est rare, ça mérite un encouragement.
L'avis de sa mère : Reviens à la maison, imbécile. Et arrête de faire de mauvais jeux de mots, s'il te plaît - laisse ça à d'autres, veux-tu ? Ta maternelle mérite mieux qu'un calembour ringard. Commentaire de Madame Bielle, professeur de français en Terminale 7 : Qu'est-ce que vous faites dans ma classe, Madame ? Je vous l'ai déjà dit au dernier conseil de classe : je ne suis pas le Samu Social. Merci d'essayer de le comprendre ou, à tout le moins, de déguerpir avant que je n'appelle le proviseur.
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Rhô, me dis pas que t'aimes pas Nick Cave...
Rhô, me dis pas que t'aimes pas Nick Cave....
Nick Cave...
(De Nick Charles à Nick Cave, je me demand...
Bon, j'ai pas d'idée de post, en ce moment...