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Dans mes bagages, j'avais emporté plus de livres que de vêtements. Un paquet de livres. A lire et à relire. D'une façon ou d'une autre mes lectures étaient reliées à mes deux projets en cours. Je comptais relire " La reine de la nuit " de Marc Behm, " Le cimetière de ceinture " d'Alan Furst et " L'oiseau noir " de Richard Stark, et lire " Jazz gang " de H. Paul Jeffers et " Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay " de Michael Chabon, ainsi que les recueils de mémoires de deux éditeurs fameux, Marcel Duhamel ( fondateur de la Série Noire ) et Maurice Girodias ( Olympia Press ). Cet ensemble se rattache à mon thriller historique, " Partition noire ", dont l'action se situe entre les années 1936 et 1938. Je devais aussi me farcir le dossier de presse complet des NTM. Rien moins que l'équivalent de deux bottins d'un département comme la Manche. Tout ça, ainsi que d'autres documents et des souvenirs, pour préparer les interviews des différentes intervenants qui vont figurer dans la bio filmée du duo. Comme on a déjà bossé avec les deux lascars et qu'on les connait un peu, une boite de production nous a confié, à moi et à mon meilleur pote DD, l'écriture du scénario qui va retracer l'épopée fulgurante de Kool Shen et Joey Starr.
Et puis j'avais pris " Toxic blues " ( Folio Policier ) de Ken Bruen, que j'avais commencé avant mon périple de trois semaines. Une mince histoire de privé irlandais enquêtant sur une série de meurtres de " tinkers ", qui ne sont ni tout à fait des gitans ni des travellers. Jack taylor, la cinquantaine, ex-flic, ressemble, version irlandaise, aux privés de Crumley. Il boit et se drogue, beaucoup, trimballe un blues existentiel, aime le rock, a des aventures avec des jeunettes, se fait tabasser et se plante dans ses choix. Rien de très neuf sous le soleil. Le meilleur, c'est finalement les citations des auteurs de polars que lit Taylor et qui sont plus brillantes ( " Montrez à un junkie le jardin d'Eden et ils vous dira qu'il le préférerait sombre, froid et sinistre. Et qu'il veut en être l'unique occupant. ", " La différence entre un alcoolo et un junkie, c'est que le premier vous piquera votre porte-feuille. Le junkie aussi, mais lui, il vous aidera à le chercher. ", Lawrence Block ) que ses propres réflexions, car Bruen est loin de posséder le talent de Crumley ou de Lawrence Block. Disons que Ken Bruen, présenté comme un des nouveaux polareux à suivre, manque de souffle ( la résolution des crimes liée à la fin en queue de poisson laisse un goût de bâclé assez étonnant ) et de profondeur, que la couleur locale n'apporte pas grand-chose et que ça se lit aussi vite que ça s'oublie. Mais tous mes plans ont été contrarié, car sur ma route j'ai croisé un formidable bouquiniste qui opère près de Royan. Je ne sais pas comment le mec se débrouille mais il a récupéré un tas de merveilles qui s'entassent sur quelques mètres carrés et il les vend entre 2 et 5 euros. Je me suis frotté les yeux, je ne savais plus où donner de la tête. Si mon budget avait suivi mes envies, je remplissais le coffre de la bagnole. C'est ainsi que je me suis offert " Ombres sur la prairie " de Karen Blixen ( qu'est-ce que j'aime cette femme! ), " Les acrobates " de William Saroyan ( je recauserai de ce furieux cousin lointain de Charles Aznavour et d'Atom Egoyan ( joke arménienne ) qui a influencé plein d'auteurs ricains ), " C'était mieux avant " d'Howard Buten ( c'est le seul ouvrage de lui qui me manquait; le billet est à suivre bientôt ), " Romans 1 " de Richard Brautigan, compilant " Un général sudiste de Big Sur ", " La pêche... " et " Sucre de pastèque ", " De l'écriture " de Francis S. Fitzgerald, et surtout, surtout, j'ai trouvé le livre mythique, un de ceux que je pensais ne jamais prendre dans mes filets, le " Poto-Poto " de Erich Von Stroheim, acteur et metteur en scène de génie, mais aussi formidable écrivain baroque. Bonne pêche et bonnes lectures en perspective, mais auparavant, faut que je bosse...
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Mouarf. Toi rôtir toujours dans le sud ? (...
mon frein j'l'ai pété à 17 ans alors
T'aurais rongé ton frein.
J'ai voulu regarder le tour c't'aprème, bi...
Mais moi, je déteste le sport !