 Bon, je l'annonce officiellement (enfin, dans la mesure où ce site pourrait se draper dans une quelconque cape d'officialité prescriptrice - ce dont il se garde bien, fort heureusement), ce que je vais faire, là, tout de suite, est franchement dégueulasse : je vais tirer sur une ambulance. Mais je vais le faire parce que, bon, l'exemple sous respiration artificielle dont je vais m'amuser à moduler le rythme du respirateur n'en est qu'un parmi des tas d'autres - mais, comment dirais-je... disons que celui-ci est particulièrement appuyé. Et puis parce que je pleure de rire à chaque fois que, par hasard, la chanson dont ils sont les sympathiques coupables s'immisce dans mes esgourdes (ça arrive, je le confesse bien volontiers). En même temps, je fais partie de cette fraction tordue de la population qui crée un onglet spécial "Imbéciles" sur Netvibes pour se gondoler à la lecture des billets lamentables de prétention vaine de certains blogouilleurs dans mon genre, donc, en même temps, je ne vois pas vraiment pourquoi je devrais chier sur des moribonds en privé et ne pas me répandre sur eux, aussi, en public ou quasiment. Je suis une merde cynique, parfois, mais là, c'est trop bon - je me dois de le faire partager. L'homme qui mange des pizzas World Monoprix Gourmet huîtres-huile de kebab-fraises Haribo (puisqu'on parle d'ambulances), Tadek s'en est déjà chargé. Mais moi, petite chose insignifiante de l'immensité numérique, il me reste quand même, à tout le moins, le dernier single de Matmatah (groupe bretonnisant parce que c'est cool mais pas du tout Breton en fait, il paraît - je n'en sais rien je n'ai pas vérifié ; d'ailleurs, j'invite les vrais enfants de l'extrême-Ouest breizhique qui passent sur ce site (et il y en a - j'ai les noms) à m'éclairer sur ce point)... le dernier single de Matmatah, donc, à me mettre sous la dent. "La Cerise", que ça s'appelle.
Au début, je pensais que c'était de Sinsemilia, cet autre grand groupe catastrophique qui nous infligea tout de même, relayé par tous les médias de l'Hexagone (qui relayent n'importe quoi depuis un moment, et avec succès - la preuve le 6 mai dernier), ce "Tout le Bonheur du Monde" qui était quand même, et déjà, une vraie daube désespérante ("chier" - "merde" - "daube"- on dirait que je joue le champ lexical facile, moi, aujourd'hui). Et non. Non. Ce n'était pas l'un, c'était l'autre (et on parlera de Tryo une autre fois - on ne peut pas grouper le tir indéfiniment, ou alors on prend le risque de louper certains dommages collatéraux, ce qui est quand même ballot quand on espère provoquer une guerre digne de ce nom). Matmatah, souvenez-vous, c'était ce groupe qui nous infligea déjà, en 1998, ce Lambé an Dro que tout le monde connaît sans savoir forcément qu'ils en sont les auteurs - un truc idiot mais, disons, fonctionnel, qui dérive jusqu'à la nausée autour du thème "si tu cherches un peu de gaieté, viens donc faire un tour à Lambé", le tout sur fond de musique... euh... fonctionnelle là encore, jeune et cool, vive et répétitive - bref, le hit du dancefloor de cette année 1998 qui n'a pas forcément été la meilleure dans la vie de tout le monde (mais pas forcément à cause de ça quand même - et puis on s'en fout, ça n'a rien à voir, c'est vrai). Bon. Et donc, quoi ? Et donc, rien. Mais alors vraiment rien. Ce qui m'amuse beaucoup aujourd'hui, c'est que les mecs ont sorti récemment un album, dont je ne sais plus le nom et peu importe là encore, mais duquel ils ont, semble-t-il, décidé qu'il serait celui, le fameux, l'incontournable dans une carrière, l'album de la maturité (TM), donc. Tiens tiens... la maturité de Matmatah, en même temps, voilà un sujet qui suscite quand même pas mal de questions (un peu comme la maturité de Tryo (ah pardon, on n'en parle pas ici) ou de Stupéflip (mais eux, il paraît que c'est décalé, le nouvel adjectif qui couvre aujourd'hui, sans distinction de sexe, d'âge ou d'origine, tout ce qui peut se faire en terme de n'importe quoi), pour ne citer que les fleurons de notre industrie musicale totalement cool de déjantisme et de shit). Comment des post-ados à peine capables de faire la distinction entre un vrai roman et un Profil d'une oeuvre plaqué sur leurs genoux en interro de français peuvent-ils bien envisager le tournant de la maturité, me direz-vous ? Très bonne question, dans la mesure où c'est vous qui la posez, certes, mais aussi où c'est moi qui vous l'impose, ici et maintenant, parce que c'est un peu sur ce genre d'artifices rhétoriques pourraves que reposent tous les argumentaires quasiment depuis Sénèque (le Grand ou le Petit - peu importe - disons celui qui est mort, comme ça tout le monde est d'accord). Très bonne question, donc, dont la réponse peut être trouvée sans coup férir dans les paroles de leur dernier single, "la Cerise" donc : je ne sais pas bien si les mecs, contre lesquels je n'ai absolument rien sauf qu'ils produisent quand même quelque chose de pas très bien du tout, ont ouvert un vrai livre, un Profil d'une oeuvre ou alors juste un dictionnaire, mais visiblement, pour eux, la maturité, ça veut dire des mots compliqués - ni plus ni moins. Mêlés un peu n'importe comment, peu importe, le principal, c'est qu'il y en ait presque un par vers. Et que ce soit aussi abscons que possible. Moi, franchement, je n'y résiste pas. Et quand les mêmes mecs, interviewés sur Ouï FM (ah oui, parce que oui, comme tout bon banlieusard un peu limité musicalement, mais plein d'avenir quand même, qui se respecte, j'ai grandi avec Ouï FM, cette radio-rock francilienne que, depuis, j'écoute presque plus, occasionnellement, par nostalgie presque amoureuse que par réelle conviction, mais fermons là la parenthèse), déclarent comme de vrais rebelles que, oui, c'est vrai, leur dernière chanson a fait couler beaucoup d'encre (la preuve, ou presque), parce qu'elle a laissé entendre au gens que le groupe était anti-religieux ou anti-capitaliste ou anti-tout en fait, moi, je dois vous l'avouer : ça me fait plaisir, et ce au moins à deux niveaux. D'abord, bien évidemment, parce que c'est complètement con, dans la mesure où leur chanson, avant toute autre critique, ne veut simplement rien dire du tout. Ensuite parce qu'en entendant ces propos, un soir d'août dernier, je me suis dis : "bordel, mon gars, dans la mesure où ils en parlent et où ils en parlent sur les ondes, c'est sûr, c'est plié, on ne va pas couper à une redif' bien cocasse de cette chanson qui me remplit de bonheur hilaristique à chaque fois que je l'ois" (j'ai vérifié - moi aussi ça m'a étonné, mais ne me faites pas chier sur la conjugaison du verbe "ouïr" - vous perdriez précisément parce que j'ai vérifié - pour tout vous dire, pour l'effet comique, moi aussi j'aurais préféré que ça s'écrive "à chaque fois que je l'ouis" - mais non, en fait). Et bingo, ça n'a pas manqué. On a eu la chanson. Alors j'ai ri, très fort et abondamment, une fois encore (je ris des moribonds sous respirateur artificiel - je sais que c'est mal, mais je vous avais prévenu, aussi). Pour une meilleure transparence, je vous livre ci-dessous les lyrics, et vous laisse apprécier. Et pour mieux achever les déjà-bien-dégommés, je mets les mots "intelligents" (c'est à dire directement issus du dictionnaire) en gras-souligné. Comme ça tout le monde peut rire avec moi (et encore, vous n'avez pas le ton du chanteur, si vous ne connaissez pas la chanson - mais c'est très engagé, très fort, très puissant évidemment - et donc encore plus caustique quand on y pense.) "Et l'on serpente à la surface, Négligeable bagatelle, Candidate forcée à l’hécatombe perpétuelle, Ouvrons la chasse aux mécréants qui n'ont jamais goûté l'opium, Censé faire de nous des hommes et des mères pour nos enfants,
Alors on brûle on brûle on brûle, on accumule autant d'émules, De peuple en peuple, de ville en ville, pendant que les théocrates dealent.
Si Dieu existe ? Je n'en sais rien. Quel est le plus beau des jardins ? Si par le plus grand des hasards tout ça existe, je ne veux pas le savoir.
Et l’on torture à la surface Le corps, le sexe, la femme, la science Et autres formes de connaissances trop dangereuses pour nos systèmes Je refuse toute abstinence plutôt que de m’avouer vaincu J’invoque ici l’immanence, la transcendance en temps voulu
Ignorants noyés sous la gnose Prenez le ou non comme une fronde Mais je ne ferai pas de vos névroses Un modèle pour mon monde
Si Dieu existe, je n’en sais rien Je ne péterai jamais plus haut Que le Cul d’aucun de vos Saints Si Dieu existe, rencard à l’échafaud
(Refrain) Alors ne me fais pas croire que nous attend la bonne surprise, J'ai autre chose à faire à voir dans cette vie de friandises, Comment pourrais-je boire ces paroles imbibées de bêtises ? Pourquoi devrais-je donc m’en vouloir dans cette vie en terre soumise ?
N’attendons pas plus tard qu’aujourd’hui pour rafler la mise Et si enfin tout n'est pas noir, ce ne sera que la cerise. Ce ne sera que la cerise Ce ne sera que la cerise." Euh... franchement... "J'invoque ici l'immanence, la transcendance en temps voulu", est-ce que ça n'est pas extrêmement drôle, comme phrase ? Ca sent le digest de philo pour les nuls à plein nez - et ça, c'est bon. Mais je rejoins totalement le parolier : "comment pourrais-je boire ces paroles imbibées de bêtise ?" Une petite précision, quand même. Enfin, non, deux en fait. La première, c'est que si les mecs ne se la pétaient pas autant en interview, parlant de la profondeur de leur texte et tout, je ne m'amuserais pas à les chambrer. Moi-même, j'ai toujours été une grosse tanche en philo - mais bon, je ne fais pas semblant. Ce qui m'agace, dans la bêtise - et je le répète -, ce n'est pas tant qu'elle existe (nous en portons tous notre lot, bien fourni a priori), mais qu'elle puisse servir de base à une auto-célébration faussement érudite. La seconde, c'est que si nos camarades Matmathistes veulent me péter la gueule, je pense que ce sera mérité - et qu'ils y parviendront sans l'ombre d'un doute (je suis un moustique). Mais bon, je leur dis juste : si vous faites ça, je pense quand même que ce ne sera pas très noble - je vous rappelle quand même que l'immanence, selon Sartre ET Wikipedia, ça se définit comme ça : "Est immanence ce qui est intérieur à l'être d'une réalité et ne renvoie, ni pour son existence, ni pour son explication, ni pour sa valeur, à aucun principe extérieur ou supérieur, c'est-à-dire à aucun principe transcendant. Cette thèse peut être résumée par l'énoncé: tout est intérieur à tout." ... Et moi aussi, je n'ai rien compris à cette définition. C'est d'ailleurs pour ça que je ne l'utilise pas à tout bout de champ.
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Chez Zoë, y a bagarre !!!
Je reviens sur cognée: son tableau presqu...
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pour entretenir la polémic à Zoe: image:...