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En fait, au départ, je voulais vous balancer les deux vidéos, sans commentaire, et vous laisser vous faire une idée. Et en fait, non. Enfin si, si vous ne lisez pas la suite de l'article (et c'est autorisé, évidemment.) Mais sinon, non. Il y a une suite, quand même. ... Facultative, c'est vrai. Mais, euh... ... Les vidéos, donc.
Dans les deux cas, nous voilà confrontés à des auteurs de talent (enfin, je n'en ai lu qu'un - mais j'ai bu avec l'autre, et, vous me connaissez maintenant, je suis une pute - donc je généralise (ah oui, alors comme ça, les putes généralisent - non, bien sûr, mais enfin... mettons) : un type que j'aime bien écrit bien, forcément.) [attention, quart d'heure transparence : j'ai bu avec Jestaire trois bières sur les Champs-Elysées, deux verres de vin rouge à la Librairie d'Odessa, et je lui ai offert deux mojitos dans "mon" rade - je le connais donc depuis la petite enfance. En plus, il ressemble à un de mes potes d'enfance : c'est vous dire si on se connaît bien. Quant à Julien BG, j'ai partagé avec lui une quinzaine de bières dans la rue de Ménilmontant, puis des tas de trucs lors d'une soirée germano-pratine décadente (dont du champagne et du rhum) - nous voilà donc, là encore, amis pour la vie (et depuis toujours) - cela dit, je ne l'ai jamais entendu chanter, ce qui constitue tout de même une lacune grave dans la bonne tenue d'une relation-depuis-la-petite-enfance, convenons-en tous en coeur. Enfin, enfonçons le clou, les deux sont publiés au Diable Vauvert, et j'ai parlé une fois avec une personne qui y travaille, et trois fois avec une autre - je suis donc un pourri, je le confesse. En même temps, si on en a fini avec ces conneries, j'aimerais bien continuer - vous n'y voyez pas d'inconvénient ? C'est parfait, je vous remercie.] Jestaire , c'est Tourville , dont on a déjà un petit peu entendu parler si on fréquente ce site depuis quelques temps (et sinon, c'est là ). Julien Blanc-Gras , l'homme à l'évocation du nom duquel je connais au moins deux-trois personnes de sexe féminin qui se pâment à raison, c'est Comment devenir un Dieu vivant, à paraître en janvier (mais j'en parlerai mieux quand je l'aurai lu, d'ici quelques semaines, si tout se passe normalement (ça, c'est ce qu'on appelle un dring-dring éhonté à l'attachée de presse, je crois bien - mais enfin, c'est un épiphénomène, on ne va pas s'y arrêter des heures non plus). Ce qui est assez amusant, déjà, c'est que les bouquins traitent du même sujet, la Fin du Monde (TM). En même temps, et quoi qu'on puisse en penser, l'un des livres a été écrit il y a pas mal de temps, et l'autre plus récemment - j'entends par là : non, non, les gens ne surfent pas sur des vagues: des parutions se téléscopent en terme de thématique, mais c'est avant tout conjoncturel. Julien ne s'est pas dit, à mon avis, à un moment donné : "ah, tiens, la fin du Monde, c'est porteur - je vais écrire un livre là-dessus". Et Alex ne s'est pas fait le même raisonnement.au même moment, ce serait quand même trop simple, comme phénomène, à disséquer. Les écrivains ne surfent pas sur une vague donnée, à un moment t - ils écrivent, et parfois, leurs bouquins sont publiés presque au même moment. Point. Ce que je trouve amusant, ensuite, c'est que les deux vidéos, éminemment différentes dans leurs traitements respectifs, correspondent assez bien à l'esprit des auteurs qu'ils mettent en scène. Jestaire se livre tout entier, Blanc-Gras n'apparaît pas. Jestaire joue des codes provocants en usant de la distance punk qui fonde le personnage, Blanc-Gras joue de la parodie cynique de manière plus classique, certes, mais plus accueillante aussi (au sens noble du terme.) Les deux vidéos parlent de la même chose (de la fin du monde, de la perte des repères, d'un jus de moule savamment injecté par d'autres ou par nous-mêmes dans nos cerveaux malades). Mais de deux manières éminemment différentes.
[deuxième quart d'heure transparence : le Jean-Marc de la seconde vidéo, j'ai passé une soirée avec lui hier soir, totalement par hasard (croyez-le ou pas, je m'en fous en fait), et tout ce dont je me souviens, c'est que j'avais deux gants en cuir jaune dans ma poche ce matin, d'une part (qui ne m'appartiennent absolument pas, d'ailleurs), et qu'une bouteille de vodka presque vide a explosé dans la rue des Petites Ecuries (mais j'avais sans doute enfilé mes gants-pas-à-moi à ce moment précis de rebellitude lamentable, parce que mes mains ne sont mouchetées d'aucune égratignure - ce qui est une bonne nouvelle, après tout (ou alors je ne suis pas coupable, ce qui est possible aussi)).]
Ce que je trouve amusant, enfin, c'est que ces deux vidéos expriment assez bien ce que les gens peuvent faire aujourd'hui - assurer leur promo tous seuls, sans intermédiaires (à la Luther, disons, même si je ne suis pas certain que Luther se soit déjà mis en scène en train de manger un sexe - mais il faut que je vérifie). D'autres, aussi publiés au Diable d'ailleurs, l'ont fait de manière nettement plus lourdingue, engoncés dans leur confort de mec-de-la-pub-tu-vois lamentable. Des blogs d'auto-célébration, des auto-citations permanentes, des notes systématiquement motivées par un objectif ultime : la vente de leur propre bouquin... un égocentrisme à prendre au pied de la lettre, c'est à dire une lecture de l'ensemble du monde au seul prisme de sa personnalité propre (ou alors, en l'occurrence, de son roman). Quelque chose, un peu, comme "ah tiens, ce matin, j'ai croisé un type qui regardait un distributeur de capotes. Et ça m'a fait penser à mon livre (lien amazon), parce que comme mon livre s'appelle "les lardons du latex", tu vois, je me suis dit qu'on en était tous, un peu, des lardons du latex." (en même temps, et convenons-en pour l'anecdote, si nous étions tous des lardons du latex, nous n'existerions pas - tous ensemble certes, mais pas du tout quand même (un doigt de logique ne fait pas de mal, de temps en temps.) Aujourd'hui, les gens peuvent se démerder tous seuls, sans se mettre à poil (Jestaire y compris - celui qui pense sincèrement qu'il s'est mis à poil dans sa vidéo, franchement, ne l'a pas très bien captée à mon avis.) Tout ceci me fait un peu penser à ce qu'avait fait Christophe Paviot (poil à mon sexe qui te frotte le dos) pour la sortie de son dernier bouquin : ce "making of du livre" que je n'avais pas très bien saisi non plus, à l'époque. Les gens se prennent en main, produisent des choses qui leur ressemblent, et moi je dis, juste : pourquoi pas. Une bonne illustration de ce qu'on peut faire de constructif au sein d'un système numérique régi par le Vide. Mais je vous laisse juges - et je suis curieux de vos réactions, franchement. Tenez, dans le même ordre d'idées, autre auteur, autre vidéo, autre style (mais qui ressemble beaucoup à l'auteur, là encore - et je trouve ça bon) : je me suis permis d'emprunter à Mandor une interview filmée, au parc Monceau, de Benoît Luciani. Ce dernier a commis récemment un livre (logique), Mise à mort, aux éditions Hugo. La vidéo propose un style complètement différent, plus "discussion entre potes", et dégage une convivialité assez rare sur ce genre de média - là encore, elle ressemble autant à l'interviewer qu'à l'interviewé (avec lequel j'ai du boire quelques bières aussi, et avec plaisir encore - ma transparence n'a décidément d'égal que mon alcoolisme). Voilà, maintenant, vous pouvez à votre tour vous faire une idée.
(allez tiens, deux dernières vidéos, l'une pour Tourville, l'autre pour Comment devenir un dieu vivant, dont je pense qu'elles sont toutes deux moins réussies que les premières, mais enfin, voilà.)
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link:http://www.youtube.com/watch?v=Esb...
Chez Zoë, y a bagarre !!!
Je reviens sur cognée: son tableau presqu...
link:http://www.youtube.com/watch?v=Esbt...
pour entretenir la polémic à Zoe: image:...