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« La beauté est rarement douce ou consolatrice. Plutôt le contraire. La véritable beauté est toujours très inquiétante. […] La beauté, c’est la terreur. Ce que nous appelons beau nous fait frémir . » (Le Maître des illusions , Donna Tartt, 1992)
Louis Skorecki aurait pu faire sienne cette citation avec Il entrerait dans la légende . Livre étrange et inclassable au sujet à faire grincer les dents les plus aguerries, le parcours d’un serial-killer qui depuis l’enfance aime les femmes et les petites filles. Qui les aime à les tuer. Oui et alors, vont soupirer certains. L’erreur première serait de vouloir lire Il entrerait dans la légende comme un énième roman sur tueur froid et misogyne car ici, on n’est pas dans American Psycho .
Première chose, aussi curieux que cela puisse paraître, il ne faut pas lire ce livre comme un roman, car même s’il en a l’apparence, ce n’en est pas un. D’ailleurs, faites l’expérience, tentez de lire Il entrerait dans la légende de la première à la dernière page de façon linéaire, vous ne pouvez pas. Le texte découpé en 2323 séquences (sic) et 303 parties – et je ne me suis pas amusée à compter tous les chapitres – vous empêche de vous laisser réellement emporter.
Donc le mieux pour aborder Il entrerait dans la légende est encore de le lire comme un recueil de poèmes. Qui aurait l’idée saugrenue de lire Les fleurs du mal de façon linéaire ? Non, on ouvre le livre un peu au hasard et on choisit de se laisser prendre par le poème ou pas. Sinon, on passe à celui d’après. Car Louis Skorecki, à force de décliner ainsi l’obsession meurtrière et érotomane de son personnage, finit par lui donner un rythme qui ne touche plus réellement au roman mais à une vraie forme de prose poétique dont la terrifiante beauté (nous y voilà) saisit le lecteur de manière insidieuse.
Je prend quelques pages au hasard.
Séquence 1278. Mes cheveux tombent, mes dents pourrissent, mes forces me lâchent. Il faut que je me régénère à ta bouche de princesse, ton sexe de reine, ton vagin encore vierge de moi, qui n’attend que moi.
Séquence 1288. Tu es dur de moi mon amour, tu es l’épée que j’attends. Viens. Il entra en elle en criant. Elle criait aussi. Leurs deux voix se mêlaient comme le vent et la grêle .
Séquence 1794. Plus il déchirait ses chairs roses, plus elle pleurait de joie. Elle pleurait des larmes chaudes et sucrées qui rafraîchissaient sa bouche sèche et noire .
Séquence 1840. Je veux entrer en toi, t’éclabousser de moi au plus profond de toi, t’ouvrir à toi et à moi. Elle tremblait de désir et de peur, tapie dans l’ombre de la chambre en attendant que se passe ce qui devait se passer et qui n’avait pas de nom .
Séquence 2158. Ce sang qui sort de nous, c’est la pluie de la vie, c’est la rosée rouge du matin.
A dessein, j’ai préféré ne pas noter les séquences franchement pornographiques – elles abondent pourtant – qui souvent se terminent par une mise à mort sur la pointe d’une lame ou d’une flamme. Non qu’elles soient moins intéressantes, mais elles sont fort nombreuses au contraire de ces quelques autres pépites dont la beauté tient au souffle d’une violence prête à jaillir et qui généralement se déploie franchement dans la séquence suivante. Il entrerait dans la légende porte très bien son titre aussi pour la dimension quasi mythologique du récit qui tient presque par moments du conte de fées pour adultes. Des royaumes de plages et d’océans, de paysages enneigés, de forêts profondes, où il est souvent question aussi de liqueurs sucrées et de fruits au jus abondant comme les offrandes que l’on faisait autrefois aux dieux. Un récit qui s’articule sur trois couleurs : le rouge sanguin, le noir de l’épiderme et le blanc du sperme, parfois piquetées du brillant des larmes. On ne pénètre pas facilement dans Il entrerait dans le légende et pour le savourer, il faut donc l’ouvrir par petites touches. Pour que sa terrifiante beauté puisse prendre tout son sens en fait. Après, que les meurtres de petites filles, de femmes, et que les scènes de sexe tapissent les pages, c’est pas réellement le sujet premier. D’aucuns s’en offusqueront, je leur dirai juste qu’il s’agit ici avant tout de littérature, et la façon dont on déploie la langue même pour raconter le plus ignoble. Surtout si ça tient du fantasme…
Il entrerait dans la légende , de Louis Skorecki. Editions Leo Scheer, 2003.
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Commentaires (128)
1 Ecrit par yannick b , le 2008-01-04 10:18:01 Dahlia, insinuerais-tu que la prose romanesque, dans ce qu'elle a de plus beau, est dépourvue de poésie? Ça me semblerait une hérésie... J'ai beaucoup de mal avec ce texte, je ne sais pas pourquoi, j'y vois, sans raison reconnue, de l'opportunisme, la tentative de prendre un thème à la mode et de faire une variation " littéraire " dessus, alors que la force du thème est ailleurs ( c'est souvent le problème avec les auteurs qui touchent à la litté de genre, ils croient s'élever au-dessus alors qu'ils s'écrasent lamentablement par prétention ), et puis le pseudo-style est catastrophique ( cf. seq. 1794 ). C'est un bouquin pour rire, je trouve.
2 Ecrit par Dahlia , le 2008-01-04 10:34:35 Dire que ça fait des semaines que tu ne daignais plus donner signe de vie et quand tu reviens, c'est seulement pour me sacquer (au fait, j'ai fini Hairspray , je te le rend dès qu'on se revoie)
3 Enfin Ecrit par
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, le 2008-01-04 11:01:57 Je tiens à rendre hommage à Strictement Confidentiel de publier le premier article portant sur le livre, six ans après, enfin. Je mets en lien sur mon site. Merci à Dahlia de cette belle lecture. Léo Scheer
4 Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 11:18:18 Mille excuses, je passe mon tour comme Yannick...
5 Dahlia Ecrit par yannick b , le 2008-01-04 11:57:00 soyons clairs ( ce qui n'est pas toujours mon cas ): tu n'es pas en cause, ta critique se tient, quand je parle du " texte ", c'est du Skorecki bien évidemment... si je ne donnais plus signe de vie, c'est qu'il faut bien que je gagne mon bœuf et que la vie quotidienne ne me laisse guère de répit, hélas...
6 Ecrit par Florian , le 2008-01-04 12:07:17 C'est un violeur de petites filles, n'est-ce pas? Et il les tue après? Et certains s'en offusqueraient? Alors que ce n'est qu'un phantasme? De la littérature? Franchement, comme tu dis Dahlia, c'est qu'ils passeraient à côté de la beauté insidieuse dont manque un peu notre pauvre monde.
7 Je ne suis pas accroc , mais... Ecrit par
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, le 2008-01-04 12:17:17 Je ne suis pas accroc à ce genre de "littérature" pour un certain nombre de raison dont la première est que je trouve qu'elle est "facile". Facile de se lâcher, facile de faire porter à des personnages ses propres fantasmes même si ce n'est que partiellement, facile enfin dans l'écriture que je ne trouve pas trs travillée. Par contre , ce que je trouve formidable c'est d'avoir envie de parler d'un texte quelques années après sa sortie parce que l'on pense qu'il est important. Quelque soit le texte ... Ne pas céder aux modes, aux derniers nés mais s'attacher à une conception de la littérature alors là je dis:BRAVO
8 Ecrit par Mr Natural , le 2008-01-04 12:38:34 là, je fais la grève de la connerie. A marquer d'une pierre pâle.
9 Ecrit par p. , le 2008-01-04 12:43:04 « Il entrerait dans la légende » de Louis Skorecki est un catalogue éprouvant des mille et une façons de violer puis de tuer des fillettes des femmes ou des petits garçons. Certains critiques ont pour justifier le roman fait appel aux mânes de Sade ou de Georges Bataille. Ecrit en 2323 séquences répétitives, il évoque pourtant plus un manuel destiné à la formation des garçons bouchers qu'au vaste poème onirique que certains ont voulu y voir.
10 Ecrit par p. , le 2008-01-04 12:43:48 ah pardon! je cite Brigit Bontour.
11 Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 12:47:12 Je précise juste que oui, parler de ce qu'on a aimé, et ce même si le livre, le dessin, le film ou la peinture abordés ne sont plus "d'actualité", c'est effectivement l'une des raisons d'être de ce site. Merci Gilles. (Et Dahlia, moi non plus je ne remets pas en cause les qualités de ta critique, seulement le livre dont tu parles.)
12 Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 12:50:29 (le paradoxe de tout ça est que je pense que Skorecki est lui, totalement soumis aux sirènes de la mode nihiliste actuelle.)(Bref.)
13 Ecrit par Roberte Pinon , le 2008-01-04 12:52:35 l'imagination est en berne. esprit télévisuel marketé. vendre vendre vendre.
14 Ecrit par Mr Natural , le 2008-01-04 12:54:05 EXISTER !
15 Ecrit par piotr , le 2008-01-04 12:55:46 il y a un siècle, l'adultère était scandaleux, aujourd'hui c'est le viol des enfants, demain faudra-t-il s'enfiler des étoiles ?
16 Ecrit par Franswa P. , le 2008-01-04 13:00:37 Léo Scheer, "premier article" vraiment ? Je ne mets pas en doute, je suis sur le cul. Je me souviens du tollé de l'époque, qui associait Jones Gorlin et Skorecki sous les foudres de jenesaisplusquelle association, du tollé repris par à peu près tout le monde à l'époque, et je trouve quand même hallucinant qu'au-delà de vouer à grands cris les deux bouquins au pilori, personne ne se soit encore essayé à en critiquer/analyser vraiment un des deux (celui-ci, par exemple). Hallucinant, mais plus que probable, évidemment. Disons que je fais un peu semblant d'être halluciné, en fait. En tout cas, le récent (?) rapprochement entre Nicolas Jones et Léo Scheer tient peut-être là ses racines, je n'en sais rien (et ça vous regarde tous les deux, d'ailleurs). En tout cas, tout cela est cohérent. Quant à la remarque sur "doit-on parler d'un objet culturel paru il y a longtemps, parce qu'on pense qu'il vaut le coup ?", je parle bien de remarque et pas de débat, parce que je pense, effectivement, que nous sommes tous d'accord. D'ailleurs, même ma formulation de la remarque est faussée, parce que le commentaire de Gillou le fou n'était en rien formulée sous forme de question. Mais il est effectivement bon de le rappeler. Sur le bouquin en tant que tel, enfin (enfin !), je ne suis pas plus chaud que ça a priori. Mais si on devait s'arrêter à ses propres a priori, on vivrait tous dans une grotte. Je ne l'ai pas lu : je n'en dirai donc rien. Et si l'occasion se présente, je m'en ferai ma propre idée.
17 Ecrit par Hyper marché , le 2008-01-04 13:01:42 synopsis: Riri le chien désespéré mais rigolo encule des extincteurs. Une fable érotique et dure mais finalement morale se déploie sous la plume poétique et engagée d'un auteur en phase avec la télévision.
18 Ecrit par Franswa P. , le 2008-01-04 13:02:37 Hyper marché, tu as déposé les droits sur cette histoire, ou le synopsis est encore libre ? Parce que je suis tenté de m'y essayer(hin hin hin).
19 Ecrit par Mr Natural , le 2008-01-04 13:04:09 c'est cadeau ma puce, pour toi, rien n'est trop beau !
20 Ecrit par Hy , le 2008-01-04 13:04:58 j'ai une douzaine d'extincteurs sous la papatte, si tu veux...
21 Ecrit par p. , le 2008-01-04 13:06:05 (entre nous c'est loin d'être le premier article)
22 Ecrit par piotr , le 2008-01-04 13:13:26 vouloir faire couler bcp d'encre en laissant couler pas mal de sang frais entre les lignes, une vieille recette (qui ne marche peut-être plus, ou bien faut-il un vrai talent de poète, bataille, sade et lautréamont, la charogne de baudelaire, mais avant tout une excellente plume, faute de quoi le goéland s'effiloche lamentablement sous les embruns d'une actualité molle et de hauts cris des ligues trop heureuses de l'occasion d'en être) et puis l'on invoquera l'humour. ira-t-on jusqu'à parler de talent. un tueur sur la route, ici l'on pourrait dire talent, les crimes ne sont pas moins vils pourtant, mais, mais il y a cette... intelligence de la subtilité chez ellroy qui manque aux...
23 Ecrit par Franswa P. , le 2008-01-04 13:20:05 P., tu me rassures quand même en me révélant que ça n'est pas le premier article. Ca m'étonnait aussi. Quant au sang, Hyper, tu le places à quel niveau de ton histoire de chien extincteurophile (fais moi rêver) ?
24 Ecrit par
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, le 2008-01-04 13:23:25 Un livre de plus qui prend pretexte (?) d'un sujet grave pour en traiter deux de vendeurs: la sexe et le tueur en série. De prime abord ça ressemble à une recette. Mais j'avoue n'en avoir pas pris connaissance, mais comme Manchette critiquait des films sans jamais les avoir vu, nous pourrions facilement dire, de ce livre, qu'il use d'un esthétisme ambigü et convenu sans déflorer (sic) la véritable charge sociale et politique du phénomène. On pouvait attendre d'un auteur sérieux un éparpillement des chairs, une implosion sexuelle et un déferlement d'imprécations qui s'apparentent au terrorisme; car telle est la vocation privative du serial killer. Je ne remets pas en cause la critique de la très charmante Dahlia. Je remets en cause la fonction de la critique dans son ensemble dans un paysage dominé par les nécessités marchandes. Là plus de mesures humaines, plus d'échappées belles ou tonitruantes, le commentaire est circonscrit à une obligation qui pèse d'un poids dispendieux et toujours résolument à côté de la plaque. Pas la faute à Dahlia elle lit ce qu'on lui propose, elle ne lit pas ce qu'elle aimerait lire. Bien à vous.
25 Ecrit par p. , le 2008-01-04 13:23:43 disons que les articles insistent surtout sur le fait que c'est une grosse daube clientéliste qui barbote dans la vague pédophilique contemporaine, merci dutroux, merci fourniret, encore et encore on vous enverra des oranges. en oubliant pas le couplet obligatoire au sujet de la liberté d'expression gnagnagna. moi je dis que si la liberté mène à cela, au clou le salaud, mais je dois être fasciste. c'est sûr. Limite nazi.
26 Ecrit par Franswa P. , le 2008-01-04 13:29:43 Ogur, tu soulèves un tas de points importants en un seul commentaire - moi je dis chapeau. Et tu m'ouvres des perspectives pour un prochain article, donc merci. Quant à lire ce qu'on nous propose plutôt que lire ce qu'on aimerait lire, ce point de vue me plonge dans une abyssale réflexion (car je suis abyssal comme mec - limite un Néant). P., pour ton compte, je te signale que tu as atteint le fameux (?) point Godwin (ou je ne sais plus quoi) dès le 25ème commentaire en mentionnant le terme "nazi". Je dis clap-clap, c'est fort.
27 Ecrit par p. , le 2008-01-04 13:32:58 c'est un entrainement quotidien. On l'aura remarqué, ad nauseam. A ce propos je tiens à remercier chaleureusement toute l'équipe !
28 Ecrit par Mr Natural , le 2008-01-04 13:34:20 « Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les Nazis ou Hitler s'approche de 1.»
29 Ecrit par Roberte Pinon , le 2008-01-04 13:38:33 "En rhétorique, l'existence de la pseudo-locution latine Reductio ad Hitlerum depuis les années 1950 (elle apparaît pour la première fois, semble-t-il, sous la plume de Leo Strauss dans Droit naturel et histoire en 1953) montre que cette pratique est antérieure à Internet, même si elle y a ensuite trouvé un terrain privilégié."
30 Ecrit par piotr , le 2008-01-04 13:40:47 Ce qui est dangereux, c'est quand on pense à la vertu, et à la formule de Robespierre qui disait qu'il fallait unir la vertu à la terreur.
31 Ecrit par
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, le 2008-01-04 13:44:13 Franswa. Je suis tout à fait novice par ici. Dans quelle revue écrivez-vous? J'ai écrit, il y a peu, un court texte dont le propos est de soulever les incohérences manifestes du public. Des juges se prononcent sur la condamnation de Christian Van Geloven et cependant cautionnent des politiques discriminatoires à l'égard d'enfants (de couleurs) (et des enfants en général si l'on veut bien admettre que la biométrie est une horreur moderne). Comme s'il y avait de meilleurs châtiments pour les enfants! Les sous-bassements de ces procès intentés aux pédophiles mis en parallèle avec la réalité de la politique de l'enfance, voilà bien ce qu'on attend de la littérature, de la poésie et de la critique sociale. Or nous le voyons le livre obéit scrupuleusement à une censure objective opérée par le marché. Je persiste à ne pas vouloir lire Skorecki. Je pense que sur le sujet Franca Maï est plus intéressante. Je continuerai à lire Dahlia. Elle est charmante et elle doit encouragée... sur la bonne voie.
32 Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 15:34:48 Piotr, je suis d'accord avec toi pour la comparaison avec Ellroy (je viens d'écrire un petit article sur lui que je mettrai en ligne dès qu'il y aura une place, peut-être ce soir en deuze, ou demain (si vous le voulez bien)). A mon sens, la question n'est pas que morale (je me méfie des moralistes justement parce que je crois à l'éthique individuelle), elle est aussi dans le "trucage", qui est une des maladies de l'époque (on peut parler, effectivement, de "facilité", comme l'a écrit Gillou). Je n'aimais pas les chroniques cinéma de Louis Skorecki dans Libé parce que j'y décelais ce "trucage" constant. Je crains juste que son livre soit du même acabit. D'autre part, malgré l'intérêt que je porte au genre "policier" et "sérial-killers", je ne lirais pas les mémoires de Gilles de Rais s'il les avait écrites (sauf si j'étais profiler ou psy).
33 Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 15:35:01 (Et Ogur, bienvenue ici, alors !)
34 Ecrit par piotrevski , le 2008-01-04 15:35:15 par bunuel et carrière, le «Barbe bleue» de Tiffauges, est passionnant. Il faut dire que le gus se croyait alchimiste. Sais-tu qu'un très beau parc d'attraction "Gilles de Rais" expliqué aux enfants est né dans la commune. La vulgarité et l'ignorance contemporaine me rendront tjs hilare. ce n'est pas temps le trucage que la bêtise ordinaire. L'on trouvera tjs, si l'on a un petit nom, avec un sujet pareil, un jeune éditeur, ou un plus vieux sans remords, pour publier de la daube clinquante dans l'espoir de se refaire... Ce genre de textes étaient relégué dans les profondeurs de la littérature noire, ou brillaient des chester himes et consorts, dont les meurtres littéraires n'étaient pas moins crapuleux. Mais ils parlaient de la condition des leurs. De quoi parle-t-on ici ? non, ce qui me frappe c'est le réflexe d'accumulation de ce temps. N'était-ce les oulipiens qui lançaient la mode des listes? Non, c'était les surréaleux. Eh bien, de listes on en fait encore. De courses, de meurtres...
35 Ecrit par p. , le 2008-01-04 15:35:27 quoi, sophie, tu aurais sans doute voulu que le gars fut honnête et pas truqueur ! Genre un vrai pédophile bien entier qui parle de son expérience ?
36 Ecrit par
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, le 2008-01-04 15:35:41 Chaleureux accueil Sophie K. Soyez en remerciée. Manchette tenait une chronique cinéma. Pendant plusieurs années il a grugé le public et déqualifié la critique dans son ensemble, par des critiques de films dont il a révélé, par la suite, qu'il ne les avait pas vu. Conforme à sa stratégie il a ainsi porter un rude coup au trucage et à l'imposture précisement. Sa chronique était très prisée jusqu'à ce qu'il révèle ce qui n'était pas une supercherie mais une démonstration d'autant plus convaincante qu'il avait du succès.
37 Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 15:35:58 Mais c'est justement parce que j'ai lu "Le procès de Gilles de Rais" de Bataille, "Là-bas" de Huysmans, "Gilles et Jeanne" de Tournier et le "Gilles de Rais" de Bossard que je dis ça, Piotrounet... ;-)
38 Ecrit par p. , le 2008-01-04 15:36:08 j'entends bien sophiette !
39 PS Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 15:36:20 (Non, Piotr, ce que je voulais dire par là, c'est que ce qui m'intéresse est l'analyse d'un comportement, pas le comportement en lui-même.)
40 Ecrit par
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, le 2008-01-04 15:36:32 Le réflexe d'accumulation c'est un propos très juste, mais vous avouerez qu'il est nécessairement lié au marchand. Critique cinéma c'était Skorecki en monoforme, écrivain c'est Skorecki au mono prix; c'est dire l'accumulation et le prix unique d'une inique littérature
41 Ecrit par p. , le 2008-01-04 15:36:43 bon ben j'entends pas alors, si tu veux. moi c'est pareil hein pas de malaise !
42 Ecrit par piotrevski , le 2008-01-04 15:36:51 oui oui ogur, les étales et les têtes de gondole.
43 Ecrit par Mr Natural , le 2008-01-04 15:37:02 de bonne ogur ! Ahahhaha, que je suis drôle !
44 Ecrit par Roberte Pinon , le 2008-01-04 15:37:17 bon ben voilà, je crois que là on a fait le tour, on l'a bien descendu, on démolit quoi mainant ?
45 Ecrit par
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, le 2008-01-04 15:37:26 Et la monoforme du cinéma tant décriée par Peter Watkins appliquée au livre Piotreski. Des prises iniques aux prix uniques il n'y a qu'un pas, qu'après la loi Lang a franchi le monde de l'édition, à l'exception de quelques auteurs et de quelques éditeurs. Nous attendons de Dahlia qu'elle nous rejoigne
46 Ecrit par piotrevski , le 2008-01-04 15:37:36 ce serait charmant, en effet, que dahlia (noir) nous rejoigne en monochrome et bas échancrés. Appliqué au livre et à tout le reste... Disséquer le réel pour le rendre apparemment accessible par la simplification et la scansion. Finalement il n'y a rien de plus banal, de plus convenu qu'un assassin. Rien de plus logique non plus. Je découpe ce qui s'oppose à moi. J'humilie ce par quoi je ne puis me faire aimer. MTV, chantre du monoforme: |--|-|--|---|-|-|-|--|
47 Ecrit par p. , le 2008-01-04 15:37:43 la civilisation du coq à l'âne !
48 Ecrit par piotrevski , le 2008-01-04 15:37:57 ce qui permet, au masque et la plume, de s'extasier sur, que dis-je de kiffer grave, un plan séquence de vingt minutes !
49 Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 15:38:05 Excellemment vu, P.
50 Ecrit par piotrevski , le 2008-01-04 15:38:11 merci, sophiette. Comme quoi, l'on n'est souvent pas qu'un gros con. Trop timide, tout au plus.
51 Ecrit par p. , le 2008-01-04 15:38:17 (sophie, tu l'as vu (lu) mon séquence ?)
52 Ecrit par p. , le 2008-01-04 15:38:24 lire "plan séquence", évidemment.
53 Ecrit par Dahlia , le 2008-01-04 15:38:31 Erf, je me doutais que ça n'allait pas forcément plaire à tout le monde, par contre, ne m'accusez pas de complaisance envers ce livre. Je le répète, lire Il entrerait dans la légende de façon linéaire est insupportable et indigeste. Le lire comme un recueil de petits poèmes est au contraire particulièrement plaisant. Vous me dites que Skorecki est un mauvais critique de cinéma, j'avoue ne pas savoir quoi en dire, je n'ai jamais lu ce qu'il a fait dans ce domaine. @Ogur: Je ne remets pas en cause la critique de la très charmante Dahlia. Je remets en cause la fonction de la critique dans son ensemble dans un paysage dominé par les nécessités marchandes. Là plus de mesures humaines, plus d'échappées belles ou tonitruantes, le commentaire est circonscrit à une obligation qui pèse d'un poids dispendieux et toujours résolument à côté de la plaque. Pas la faute à Dahlia elle lit ce qu'on lui propose, elle ne lit pas ce qu'elle aimerait lire. Que veux-tu dire exactement dans ce paragraphe?
54 Ecrit par
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, le 2008-01-04 15:38:38 Dahlia, Dans une société qui prône l'équivalence du tout, plus personne ne semble en mesure de distinguer le vrai du faux. Pour cause tout est dupliqué. Nous n'avons, en général, et au mieux, qu'un duplicata d'un duplicata de l'original. C'est un système d'entonoir, un entonoir qui à chacun des passages retiendrait la substance initiale. Ou si vous préférez un tamis à l'envers. Ou plus exactement la pépite d'or n'est pas la susbtance qu'il nous faut. Nous voudrions la terre, le fleuve, les galets qui l'ont accueilli. Nous n'avons pas même la pépite mais une vague réplique de ce que fut et la réalité et la vraie vie. Lorsque vous lisez un livre votre critique est alors nécessairement circonscrite à ce que l'on vous donne, ou plus précisement que vous achetez (le critique que vous êtes paye de sa personne). La démocratie on l'aime et on l'acquitte. Bien à vous. P.S.: je crois vous l'avoir dit, par ailleurs, (sur MySpace), votre sensiblité n'est pas en cause, celle-là est au contraire très appréciable
55 Ecrit par piotrevski , le 2008-01-04 15:38:43 watkins est un as que la critique et la distribution nie et dont il faut voir absolument TOUS les films (munch, la commune, libre penseur...), en comparaison, michael moore est un nain vendu en grande surface...
56 Ecrit par
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, le 2008-01-04 15:38:49 Impossible de me procurer "libre penseur". Comment avez-vous fait? Hormis les films distribués par Doriane films je n'ai pu mettre la main sur les autres... Watkins a été contraint de quitter l'Angleterre, puis les Etats-Unis, puis la Suède... C'est dire s'il dérange et si il dérange c'est qu'il vise juste. Songeons à la rejoindre en Lituanie où il vit désormais...
57 Ecrit par p. , le 2008-01-04 15:38:54 La Lituanie qui vient de rejoindre l'Union ! Autant dire qu'il va devoir revoir ses positions. Mais l'amour... "Libre penseur" n'est pas édité en DVD, d'après ce que j'en sais. Ai eu la chance de le voir en un musée du cinéma, une rétrospective. Mais bon avec punishment park, the bomb, la commune et Edvard Munch, l'on a déjà un joli cocktail des films du plus grand réalisateur de la fin du XX ème, et je pèse mes petites crottes.
58 Ecrit par piotrevski , le 2008-01-04 15:39:00 et, en passant, lire le petit catéchisme de strinberg, évidemment, puisqu'il s'agit de lui.
59 Ecrit par
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, le 2008-01-04 15:49:47 Tu peux ajouter Culloden et The Gladiators, P. Le plus grand avec Debord. Sauvons Larry Clarke
60 Ecrit par ogur , le 2008-01-04 15:52:21 Bunuel et Pasolini, de Sicca et quelques autres
61 Ecrit par Dahlia , le 2008-01-04 15:52:56 Sauvons Larry Clarke Tu sors!!! Sauver Gregg Araki, ok mais certainement pas Larry Clark (sans "e" à la fin)
62 Premier article Ecrit par
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, le 2008-01-04 16:00:51 J'ai dit que c'était le premier article qui parlait du livre, en soulignant "du livre" mais ça n'a pas marché. Des articles, il y en a eu, bien sûr, mais il s'inscrivaient dans une campagne juridico-mediatique. Par exemple, entre bien d'autres, une page dans Telerama qui était un véritable appel au lynchage de l'éditeur signé par Michel Abescat. Je lui ai envoyé une lettre pour lui demander ce qui lui avait pris. Il a dit qu'il n'avait pas lu le livre et que c'était une commande de la direction du journal...et tout à l'avenant. On était à l'époque du procès d'Outreau, c'était une autre ambiance. C'est ce que je veux dire quand je parle du premier article à propos de ce qu'écrit Dahlia, c'est peut-être seulement maintenant qu'on peut le lire sans ce contexte désastreux. Pour ceux qui croient que c'est une opération pour vendre, juste les faits : il s'est vendu exactement 2000ex, le livre a été boycotté par un grand nombre de libraires qui m'ont souvent appelé pour m'annoncer qu'ils refuseraient de le vendre, ce qu'ils ont fait.
63 Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 16:03:41 Question à Dahlia : pourquoi cette réaction vis à vis de Larry Clark ? Je ne pige pas.
64 Ecrit par Dahlia , le 2008-01-04 16:08:09 @Sophie K: ses films me font l'effet de pétards mouillés, des sujets provocs tout en étant ambitieux qui se dégonflent dès qu'ils sont visionnés. Après ce n'est que mon avis... (mais je l'aime bien en tant que photographie) @Leo Scheer: merci de cette précision!
65 Ecrit par Florian , le 2008-01-04 16:12:26 Peut-être n'aimait-il pas déchirer les chairs roses... Tout ces conneries me... Tout doux, je sors. Pas besoin qu'on me l'ordonne. Avec plaisir.
66 Ecrit par piotrevski , le 2008-01-04 16:15:39 puisqu'on a la chance d'avoir l'auteur parmi nous, sans lui commander une auto-justification, peut-il nous dire plus au sujet du choix de son sujet ?
67 Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 16:15:47 @ Dahlia : OK. je ne connais pas bien son univers cinématographique, je l'avoue, mais j'ai l'impression, en tout cas à travers ses photos, que c'est un artiste qui dénonce justement l'immolation de la jeunesse par la société, donc je m'étonnais. @ Ogur : Je suis plus mitigée que toi vis à vis de Debord. Malgré la justesse de sa vision de la société, je trouve nases ses solutions.
68 Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 16:16:41 (Piotr, ce n'est pas l'auteur, mais l'éditeur) ;-)
69 Ecrit par piotrevski , le 2008-01-04 16:25:36 (pasolini, bunuel, debord, de sicca, d'accord, on ajoute cimino (les portes du paradis) on enlève clarke pour les mêmes raisons que celles de notre dahlia noir, et on met johan van der keuken dans le panier. MAis van sant est pas mal tt de même, et takashi miike non plus, tout comme Peter Tscherkassky. voilà, voilà, voilà... plus qu'à passer à la cuisine, et goeden apétite les amites)
70 Ecrit par piotrevski , le 2008-01-04 16:29:30 quoi c'est pas un pseudo ? oui, bon, puisqu'on a l'éditeur alors... qu'il nous dise pourquoi... merci d'avance
71 Ecrit par loupiotte clignottant (très) f , le 2008-01-04 16:41:25 Le kiekefrieteur (non, peutêtre?)me fait bien rigoler, comme souvent. Et pas que. Je voudrais bien te dire Dalhia, des trucs sur le bouquin.Oh rage de l'inculture qui me cantonne dans le j'aime-j'aime pô. Violent dans ce cas ci.le volcan qui s'réveille avec tout ça. Bref. Le 6é commentaire, celui cyanure-citron vert de Florian m'est et met un baume. Il émet, quoi.
72 Ecrit par Dahlia , le 2008-01-04 16:45:24 @Loupiote: ah non, dans le 6ème commentaire, Florian tente de faire un pastiche plus ou moins réussi de ma critique, je dirai au final qu'il a fait un copié-collé complètement bancal. Pour ce qui est de dire des trucs sur le livre, c'est toi qui voit et je ne t'empêche de rien.
73 Ecrit par piet van brussel , le 2008-01-04 16:47:04 koi koi il te fait pas TOUJOURS marrer ?! ah ben merte alaur ! fretter le kieke, gamin, pas frieteur ! ca est pas le même sens du tout espèce de babeltuut van mijn twee.
74 Ecrit par ogur , le 2008-01-04 16:55:02 Larry Clark est probablement le cinéaste qui se préoccupe le mieux de la jeunesse; à mon sens de la Vie, tumultueuse et la plus viscéralement attachée à la liberté, telle qu\'est l\'adolescence. Je ne vois pas de ruptures entre ses magnifiques photos et ses films (certains plus réussis que d\'autres. Ken Park plutôt que Bullitt). Allons y pour Van der Keuken, mais en ce cas Imamura pour \"l\'anguille\", Kurozawa et \"Eureka\"... Quant à Debord il n\'a guère proposé de solutions mais une critique sociale dont ont découlé des solutions. La psychogéographie ne peut être tenue pour une solution. Il y a une intégrité et une cohérence lorsqu\'on est anarchiste à n\'imposer à personne de solutions. Tout du moins des solutions qui ne seraient pas approuvées du plus grand nombre, une fois les peuples libérés de leurs tutelles. Si Debord a jamais proposé \"quelque chose\" (tout autant que Vaneigem) c\'est de susciter ou d\'affirmer l\'idée que l\'homme est à inventer. D\'ou ses références à des novateurs révolutionnaires ou à des poètes viscéralement attachés à une condition humaine grandie dans la création perpétuelle... et le vin (Omar Khayyam). \"Vive la révolution passionnée de la vie\" d\'Asgeir Jorn. Dahlia vous êtes pourtant clarkienne (sans la savoir Mme Jourdain).
75 Ecrit par Dahlia , le 2008-01-04 17:00:10 Je suis "clarkienne"? (moi qui ait eu une enfance calme, qui ne boit pas, ne me suis (presque) jamais drogué et ait une vie sexuelle presque normale)... Sur quels critères te bases-tu? @Piotr: tu me conseilles quoi d'autre de Miike, je n'ai vu que Audition... Kili, kili, kili...
76 Ecrit par Loupiotte-lucie , le 2008-01-04 17:02:23 au zinneke:t'arrête jamais de faire de ton nez, hein? et suis pas de bxl mais de lièche et tes twee baltjes tu sais ousque tu peux te les ...(en stoemelings) à Dalhia: tu m'enlèves mon baume? Enfin, tu essayes. Ciao à toi et a tutti.
77 Ecrit par ogur , le 2008-01-04 17:08:54 Je ne me base sur aucun critère je tachais de vous arracher des aveux C'est chose faite. Vous me semblez attachée à la liberté; la votre s'y exprime par le corps (référence à vos photographies). Ces adolescents de Clark s'expriment principalement par le corps sinon pourquoi et l'affecter et l'exalter par la boisson, la drogue, le sexe et les risques.
78 Ecrit par ogur , le 2008-01-04 17:16:14 ... que des libraires puissent refuser un tel livre en dit long sur la coercition qu'impose le spectacle aux professionnels des choses de l'esprit... Je ne m'étonne pas de ne m'être jamais entendu avec mes collègues de librairie, de l'édition... Je leur préfère de plus authentiques amis de la liberté, un vieux maçon de mes amis, un vieux notaire défroqué aux allures de clochard de mes amis également....
79 Ecrit par piotr , le 2008-01-04 17:35:21 biz à la valeureus' litchoise ! (on se serait pas vu des fois ya une semaine des fois?) de miike, sa trilogie. et the island, de kim ki duk, mais tu l'as vu c'est certain. je jette un voile pudique sur cette scène d'une intolérable lubricité, entre notre sombre dahlia et cet oiseau de mauvaise augure ! a plus les cactus et biz et joli swarée ca est wiik einde !
80 Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 17:57:19 (Ogur, je faisais l'andouille pour Debord.) Tenez, j'ai trouvé de lui un extrait intéressant par rapport à ce dont nous causons : "Ainsi peut se donner pour nouvelle une école de néo-littérature, qui simplement admet qu'elle contemple l'écrit pour lui-même."
81 Ecrit par
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, le 2008-01-04 18:03:12 @ogur. OK. Piotrevski. Je ne suis pas l'auteur, ce n'est pas un pseudo, je ne suis que l'éditeur, mais c'est bien moi qu'on a poursuivi en justice (je signale au passage que j'ai fini par gagner le procès qui fait jurisprudence sur la censure en littérature) si vous voulez en savoir plus c'est Emmanuel Pierrat qui m'a défendu. C'est d'ailleurs curieux de voir comme la presse a été discrète sur cette décision de justice qui met un terme à deux siècles de censure de la littérature au motif des "bonnes moeurs". Il est vrai qu'ensuite, en tant qu'éditeur j'ai eu deux compensations : 1) celui qui m'a attaqué (proche du Front National) a été condamné à me verser 1500 euros (j'aurais dû scanner le chèque pour le mettre sur mon blog) 2) sur le bandeau rouge du livre, vous pouvez lire que c'est l'éditeur qui a reçu le Prix Sade (et pas l'auteur). Je ne peux pas vous répondre, à sa place, sur les motivations de l'auteur, d'autant plus que nous ne nous entendons pas très bien, il faudrait lui demander. Je peux vous dire comment j'ai pris la décision de l'éditer. Le livre devait être publié par Flammarion. J'ai reçu un appel de Raphaël Sorin me disant qu'il y avait dans sa maison une "levée de boucliers" et une menace de grève des attachées de presse s'il le sortait. Il m'a dit qu'il pensais que j'étais le seul éditeur à Paris assez inconscient pour le publier. J'ai demandé qu'il me l'envoie, j'ai beaucoup ri en le lisant, pour moi, cette histoire d'un hype-sérial-killer qui commet son premier crime à l'âge de sept ans sur sa copine relève de la farce ennnnnorme avec un style délirant. Donc je l'ai publié, parce que, quand c'est le destin d'un livre d'être publié, il faut bien qu'il y ait au moins un éditeur pour assumer ce destin. Je ne le regrette pas.
82 Ecrit par florian , le 2008-01-04 18:03:59 Dahlia, j’apprécie ton indulgence, tu connais mon niveau, je fais ce que je peux : je tente, je copie-colle, plus ou moins, quoi. Mais que faire devant un véritable essai, devant Ta Critique. On est d’avance condamné à la bancalité, las… A part ça, t’es pas prétentieuse, c’est une qualité rare de nos jours. Bon j’ai un autre avis de ver de terre (chers à d’autres vers de terre de ma connaissance) : je pourrais commencer par la plus belle réplique du cinéma, mais ça ferait prétentieux, et je pense que ce n’est pas une qualité (si tu as suivi), mais j’ose : « N’y voyez pas le phantasme de l’auteur, mais plutôt le délire de l’artiste ». (Tiens, ça me donne une preuve que je ne copie-colle pas bêtement les plus grands d’entre nous : j’utilise -ph pour phantasme, et toi -f. Votre honneur, la diffamation est démasquée.) Bon sérieusement. Qu’on ne vienne pas me parler de liberté, tout ici, dans ce que tu cites, n’en est que le contraire. Tout ça n'a rien à voir avec la morale ou la transgression de la morale. La morale n'est qu'un amas de conscience tribale ou religieuse. La transgresser est essentiel, dans l'art ou dans l'action. Tout ça n'a rien à voir non plus avec quelque mythe du style Lolita, et rien ne me gêne dès lors qu'il y a deux libertés et deux consentements. On parle ici d'un type qui torture et détruit des vies d'enfants uniquement pour son plaisir, sans penser un seul instant aux souffrances provoquées, sans penser à une quelconque liberté autre que la sienne. Au contraire, qu'est-ce qu'il dit dans son babil de merde? La gamine tremblait autant de peur que de désir... Tu m'étonnes, une fille violée, et par un gars comme lui, attends, elle n'oserait le reconnaître, mais il y a forcément du désir, tu parles. Les filles sont des salopes, elles ne l'avouent pas, c'est tout. Lui libère tout ça, quoi, il désinhibe, c'est un homme libre, quoi. Un accoucheur de désirs inavoués. Tu m’étonnes, impubères, les filles, comment oseraient-elles l’avouer ? Plus elles crient, plus elles sont excitées, je suppose. Le viol et le meurtre d'enfants n'ont rien à voir avec la morale, mais avec ce que Sophie appelle plus haut l'éthique humaine, ou individuelle, comme on voudra. Le mec qui écrit ça, on pourra tout me dire, est un sale mec. On ne choisit pas des thèmes par hasard. Tu cites des séquences infectes, sans oublier de te draper, là oui, de moralité en précisant que tu ne choisis pas d'extraits pornographiques, d'un type qui viole (mais bon esthétiquement, hein) des enfants, et tu sembles te pâmer devant "une vraie forme de prose poétique dont la terrifiante beauté saisit le lecteur de manière insidieuse". Là je te copie-colle. Voyons, ne vois-tu pas que le thème en lui-même est bien plus crade que la pornographie ? Que ce n’est pas sur cela que tu devrais prendre des gants ? Que ce n’est pas la pornographie qui est sale là-dedans ? Ma morale de ver de terre commence et s'arrête là-dessus. C'est moins drôle, d'un coup. Tchao, et bise à l'ancienne.
83 Ecrit par Dahlia , le 2008-01-04 18:16:29 Heureusement que tu n'as pas lu Rose bonbon Florian (puisque Franswa a évoqué le sujet quelques commentaires plus haut) ou même Un roman sentimental de Robbe-Grillet, je n'ose même pas imaginer la façon dont tu les aurai détruit (et encore une fois, je constate qu'il y a des sujets qu'on ne peut définitivement pas toucher en littérature sans provoquer des remous assez violents. je me demande si le cannibalisme qui reste l'un des tabous fondateurs de toute société avec l'inceste en provoque toujours autant.)
84 Dahlia Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 18:23:04 Non, on peut y toucher, bien sûr. La question est de savoir comment y toucher. Ce qui est très difficile, c'est de ne pas sombrer dans la complaisance.
85 Ecrit par Daniel , le 2008-01-04 18:25:48 Arrivé au n°82, je souffle... Enfin un peu d'air frais! De quoi digérer ceci: ""J'ai demandé qu'il me l'envoie, j'ai beaucoup ri(on peut rire de tout...) en le lisant, pour moi, cette histoire d'un hype-sérial-killer qui commet son premier crime à l'âge de sept ans sur sa copine relève de la farce ennnnnorme ( pas la peine de multiplier les "n", cher éditeur-viagra, ça ne le rendra plus "bitable")avec un style délirant(ah! le style! que de crimes on commet en ton nom!) Donc je l'ai publié, parce que, quand c'est le destin d'un livre d'être publié(ah! Ouais????) il faut bien qu'il y ait au moins un éditeur pour assumer ce destin. Je ne le regrette pas. Il semble que beaucoup ici pensent l'inverse.
86 Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 18:31:28 Non, Daniel. Je suis paradoxale, mais je pense que si un éditeur croit en un livre, il a raison de l'éditer. Et le plaisir de gagner en justice contre un abruti du FN le prouve. Même si je ne suis pas du tout fana de ce type de livres, j'exècre encore plus la censure.
87 Ecrit par p. , le 2008-01-04 18:49:07 alors ça pardon scuze mais c'est dégueulasse. cet argument là. soph. Merde. je ne relève pas sur le cannibalisme, cela n'a rien à voir.
88 Ecrit par loupiotte-lulu , le 2008-01-04 19:04:54 Beth Conklin (ouais, ça date un peu, années 80) a écrit un bouquin sur le canibalisme. Pas un book pour choquer le bon peuple ou se faire pâmer les intellos de tant de provocation-prout-ma-chère, hein. Non, non, un truc sans prétention qui explique drôlement bien quelle marque de respect c'est pour certains de cuire ses morts et d'en manger certaines parties. Tout ça dans le contexte de cultures ou laisser pourrir ses morts dans la terre était vu comme du dernier dég'. Ce préambulle pour te dire que je ne pige queud' quand tu fais le rapprochement entre canibalisme, inceste, et gerbations powétiques du bouquin dont il est question dans ton article. Je pense qu'il y a confusion grave sur le terme "tabou". Sil est permis de sortir 2 minutes d'un salon porno-soft où le S&M est ravalé au rang d'esthétisme cocoon (ce que je me permets de faire) je dirais simplement qu'être "forcée" en tant que qu'enfant,que ce soit par son père (puisque tu parles d'inceste) ou par tout autre adulte, est une abomination. Hou! l'aut', là! Quelle rétrograde, hé, abas la censure,ringuarde sans recul, va! et j'en passe. Sans aucunS douteS, oui. OUI!!! Là je me la ferme vraiment. A bientôt!
89 Ecrit par p. , le 2008-01-04 19:06:41 monsieur scheer (rasoir en néerlandais), je n'ai lu que qq pages du livre, en librairie, il y a longtemps, ça me barbe ce genre de truc, je n'en connais pas plus. Tout ce que je peux dire c'est que ni la prose n'est touchante, novatrice, belle, intéressante, ni le sujet troublant, l'on y trouve nulle philosophie, nul point de vue, que de la provocation. Et je sais de quoi je parle. En terme de provacation. Quelle audace vous avez ! Woah suis sul cul tiens ! Ce serait en quelque sorte un livre de cuisine pédophile super drôle. Et il y a des images aussi ? Etes-vous cynique, au sens moderne? Se draper comme vous le faites dans le bonheur de pourfendre la ligue vertu... battre en justice, un sympathisant du FN. je suppose que vous seriez encore plus fier si cela avait été un grand mufti ! beau tableau de chasse. C'est grossier et cela ne trompe personne. De mimer ensuite la pose du défenseur des libertés... enfin bref ! je préfère supposer que vous vous foutez allègrement de la gueule des gens, de la nôtre, j'aurais peur d'admettre que la seule inanité pousse à dire ce que vous dites.
90 Ecrit par p. , le 2008-01-04 19:09:54 et le fait même que le patron du prix Sade fonde comme une buse sur le bouquin, on sait sa rigueur, sa hardiesse et sa créativité, n'est-ce pas déjà un gage de qualité ?
91 Ecrit par Dahlia , le 2008-01-04 19:16:23 @tous: Otez-moi tout de suite d'un doute. C'est le fait que j'ai apprécié le livre qui vous met dans des états pareils? J'ai presque l'impression que je devrai m'en excuser... Je le dis sans provocation, le plus simplement du monde car je suis épouvantée de la tournure que prend la discussion à mon égard...
92 Ecrit par p. , le 2008-01-04 19:24:03 je t'ôte le doute, pour ma part en tout cas. Simplement, tu parles de terrifiante beauté et tu proposes ça: "Mes cheveux tombent, mes dents pourrissent, mes forces me lâchent. Il faut que je me régénère à ta bouche de princesse, ton sexe de reine, ton vagin encore vierge de moi, qui n’attend que moi." et là, je ris ou je ris double. C'est de l'humour non, je veux dire, de ta part ? tu te fous de sa gueule, c'est bien ça.
93 Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 19:25:10 Bon, on ne s'insulte pas ici, pliz. Ne confondez pas l'auteur du livre et ses choix avec son éditeur, ni avec la critique qu'en a fait Dahlia. Vous pouvez quand même vous exprimer sans grossièreté, mille sabords. Ou alors ça devient débile. Le fait ne ne pas être d'accord n'implique pas la violence verbale.
94 Ecrit par p. , le 2008-01-04 19:27:21 j'ai été grossier ? oh ben ça, je pensais que c'était l'auteur et son bousuin, tiens ! comme quoi les points de vue hein... bon ok, je vais au coin avec le bonnet d'âne. pardon, pardon encore.
95 Ecrit par florian , le 2008-01-04 19:27:40 J'ôte, j'ôte pas, j'ôte,j'ôte pas... tadaaa ! j'ôte ! Coup de bol, j'ôte le doute. En ce qui me concerne. Au reste des tous d'ôter ce qu'ils veulent. Tu aimes ce que tu veux, en vrai. Va savoir, tu m'aimerais peut-être...
96 Ecrit par p. , le 2008-01-04 19:30:36 allez soyons clairs, le gars y vient, y dit, oui, bon, j'ai voulu faire un coup, j'en ai vendu 2000, j'ai perdu, dommage. ok. pas de problème. Mais y vient se déverser en se drapant de le plus nase des habit de comptoir... attends eh oh ! ca va ouais ! et toi soph qui joue dans le jeu... non mais attends. T'as pensé au centaines de textes magnifiques qui ne sont et seront jamais publié ? Et tu parles d eliberté d'expression. Et c'est nous sommes grossiers ! nous ne devons pas regarder le monde des mêmes points de vue. mais c'est pas grave.
97 Ecrit par Sophie K. , le 2008-01-04 19:35:02 Florian, si tu me trompes déjà, je te botte le popotin. Piotr, je t'aime aussi. Dahlia, défends ta position. Monsieur Scheer, pardon pour les débordements (ce site déborde constamment). Les autres... heu... rien en fait. ... J'ai mal à la tête.
98 Ecrit par p. , le 2008-01-04 19:37:18 ouais, et si on faisait une partouze tiens, j'ai des pucelles au grenier, et puis c'est un sport national, on a du bagage. allé tchao, ca fait un quart d'heure qu'y gueulent pour que je vienne ! biz
99 Sophie Ecrit par florian , le 2008-01-04 19:40:52 ce genre de sévices me donne une idée de bouquin... Allez, laissez moi le n° 100, juste une fois... j'demand'rais plus rien après, promis. Toujours Piotr qui l'a, le 100. Marre, on le préfère, ça se voit.
100 Ecrit par florian , le 2008-01-04 19:41:39 toc
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