Quel que soit le domaine artistique, il est souvent difficile d’être “fils ou fille de”, car vous êtes encore plus attendu au tournant que les autres. Asia Argento, par exemple, essaie tout: elle écrit des bouquins, fait la DJ en soirée hype, et donc elle réalise aussi des films.
Asia Argento traînait déjà une réputation sulfureuse en tant qu’actrice, son réalisateur de père l’ayant fait jouer dans ses propres films des rôles plutot durs et borderline, notamment dans Le fantome de l’Opéra ou Le Syndrôme de Stendhal. Alors en tant que réalisatrice, qu’a-t-elle à montrer?
Anna Battista (Asia Argento) est une jeune actrice italienne de renommée internationale, dont la vie se partage entre son pays natal, la France et les Etats-Unis, entre tournages, interviews et défonces-parties.
Tout à la fois déjantée et aussi fleur bleue qu’une midinette, Anna poursuit l’amour, sa carrière d’actrice et son désir de devenir réalisatrice.
Asia Argento avait tout juste 24 ans quand elle a réalisé Scarlet Diva, et ça se sent. Long journal intime sur pellicule de 1h30, Asia se filme sous tous les angles, sous toutes les coutures, s’observe (dans des miroirs, des écrans), se drogue et flippe, fait l’amour, tombe enceinte, et semble vouloir démontrer par A+B qu’elle n’est rien tant qu’elle ne passera pas à la réalisation. Elle aurait pu aussi bien en faire un blog photo ou vidéo, ce film n’étant qu’un prétexte à satisfaire l’autolâtrie et l’ego-trip de son auteur. Rien de véritablement répréhensible là-dedans, mais ce film ne satisfera que les fans inconditionnels d’Asia Argento. Pour les autres, on risque plutôt un ennui certain, même s’il y a des images qui sont de vrais moments de grâce, notamment quand Anna arpente les aéroports, roule au volant de sa voiture, dort dans le train ou les avions et déambule dans des décors citadins sur des musiques éthérées et aériennes. Ou encore cette vision du freak out nimbée de rouge et de vert à la suite d’un mauvais trip au special k. Pour le reste, rien de frappant, palpitant ou saisissant à retenir. C’est d’autant plus paradoxal que ce film est censé faire exister la jeune comédienne en tant qu'autre chose qu’un joli minois sur un écran.
Les bonus du dvd ont un interêt très limité, trois bande-annonces du film qui sont quasiment identiques si ce n’est leurs durées respectives (et qui permettent de se rendre compte que le film a d’abord été tourné en format vidéo, repassé ensuite en 35mm) et un long documentaire sur et avec Asia Argento qui devient vite un interminable monologue masturbatoire et égotique.
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