SC Le Livre

   
  
 

Qui est en ligne?

Conseils du moment

 
 
Montecore, 
un tigre unique
J.H. Khemiri 
 

 
Perdu dans un
supermarché
Svetislav Basara 
 

 
L'aveuglement
José Saramago 
 

 
Corps et âme
Frank Conroy 
 

 
Le vent de la lune 
A. Munoz Molina
 

 
Existe En Ciel
Christine Spadaccini
 

 
Ailes et Serres
Le Condor de Colca
Florian Laska
 
 
 
A coups redoublés
Kenneth Cook 
 

 
Voyage
d'un Européen
à travers
le XXè siècle 
Geert Mak
 
 
Pirates,
Bandits des mers 
John Matthews
 
 
 
Les Dauphins Ivres
Pierre Duys
 

 
Le privilège du fou
Daniel Fano
 

  
Le Gâteau Mexicain
Antonin Varenne
 
  
Je reviens de mourir
Antoine Dole
 
Je reviens de mourir
 
Cassé (Kurt Cobain)
Christophe Paviot
 
 Cassé
 
Comment devenir un dieu vivant
Julien Blanc-Gras
 
Comment devenir un dieu vivant
  
Comment c'était avant 
Dupuy - Berberian
 

   
Yapou, bétail humain
Shozo Numa
 
 
 
Mon Ange
Guillermo Rosales
 
Mon Ange
 
Cochon d'Allemand
Knud Romer
 
 
   
Tourville
Alex D Jestaire
 
 
 

Les livres de l'équipe

 
Le fantôme de
Canterville
Oscar Wilde
Trad. Sophiek
Illustr. C. Merlin 
 
  
 
James Brown
Stéphane Koechlin 
 
 
Hors Jeu
Bertrand Guillot
 
 
Juré
Stéphane Koechlin

 
  
Azima La Rouge
Aymeric Patricot
 
 

Tout (ce que je sais)
vient du noir
Jean Songe
 
 
 
Contes des années Folles
Sophie K. 
Stéphane Koechlin
 
 
Jazz Ladies
Le roman d'un combat
Stéphane Koechlin
 
 Jazz ladies
 
 

Site sélectionné par la

Derniers commentaires

1: (Ah, cette fois, c'... by Sophie K.
2: Poil à ton routoutou... by Pas la moitié d\'une conne
3: (Half, et ceci dit s... by Sophie K.
4: Ah non, je suis dans... by Franswa P.
5: ah non, pas de mail,... by half a person
6: Non, non, il bosse, ... by Sophie K.
7: Bon ben on dirait qu... by half a person
8: :grin (Ah quand mêm... by Sophie K.

Accueil arrow Littérature arrow Chroniques et Critiques arrow Absurde (partie I - L'espoir)
Absurde (partie I - L'espoir) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Tadek   
07-05-2008

 L’espoir. Je voue un dégoût profond à l’espoir. Mesquinerie de raison, orgueil d’homme réfutant, à bout de souffle autant que de vie, l’intolérable cruauté de ne rien être, ne rien attendre, ne rien devenir. Le vide engendre cet enfant terrible, l’espoir, petite fuite misérable qui préserve les hommes de ses nausées les plus violentes.

Et c’est un problème vache, l’espoir, à bien y réfléchir, une vraie épidémie, et si je trouvais le con qui nous a fourré ça dans le crâne comme une châtaigne dans le cul d’une dinde, je lui collerais bien volontiers une main emplie d’espoir dans sa tronche de salaud.

Les hommes Espoirs courent dans la rue, pressés qu’ils sont d’ériger leurs lendemains, barricades pour poitrail, et soulager le vide d’un monde déraisonnable ; et chaque jour la même chose, demain a son prochain, et c’est presque sans fin, avec la mort en ligne de mire, à vous attendre tout sourire, « bon boulot, à bientôt », « c’est par là qu’il n’est rien ». L’Espoir est pareil à une phrase que les gens de lettres rayent d’un trait rouge. L’espoir c’est l’évitement du point final, s’essouffler et tracer mais ne surtout pas faiblir, s’arrêter, se regarder. La raison ne supporte pas le statisme. L’arrêt. Ne plus bouger à se regarder penser et tout autant frémir, à se lever le ventre froid avec des yeux figés, un regard bien louche, un de ceux qui ferait bicher le dealer de crack de la station Barbès. Espérer, c’est fermer fort les yeux, défendre avec ferveur le bon « coup du lapin », juger qu’un coup dans le dos vaut mieux qu’un autre de face; faut dire, aussi, qu' on le voit pas venir…

Y a pas plus triste que l’homme Espoir, accroché à ses possibilités comme un tique à l’oreille d’un chien, à le ponctionner encore un peu pour tenir la cadence. C’est exactement cela l’homme Espoir : un tique qui, sitôt décroché, viendra crever sur le parquet d’un coup de godasse, avec une goutte de sang pour toute essence. C’est le vide qui se profile mais on s’en tape il n’est plus rien. Bien joué, « on a rien vu passer ».

C’est dépendant un homme Espoir.  A préparer toujours, à s’en faire des projets, ajuster les œillères de son regard de lâche, à calculer tout son avenir, ses demain comme ses nuits, pour soulager la vacuité de son présent. L’espoir c’est demain, et toujours, et on y mettra bien le prix qu’il faut y mettre, pourvu qu’on ne songe pas trop aux sacrifices endurés aujourd’hui, que le dos tienne le coup et que la faim s’oublie.

Ca justifie, en somme, l’espoir, d’être un merdeux sans fond et consistance, une chair si malingre, une contingence absurde. L’homme Espoir est utile à son entreprise, à son gosse,  à sa planète ou à n’importe quoi. Il se sent utile, se justifie par lâcheté et court jusqu’à s’en étouffer pour ne rien voir passer. Un homme Espoir a pour épitaphe : je n’ai rien vu passer.

Vous les reconnaitrez, les gars emplis d’espoirs, ils font des gosses pour les saisons à venir, pour quand le froid viendra leur chicorer les tempes et que les enfants ça fait passer toute inutilité. Être seul c’est penser, et penser c’est crever. L’enfant c’est le bon bout pour s’oublier un peu, on a l’espoir, encore, « qu’ils seront moins carnes que nous autres » comme disait le vieux Louis.

C’est triste un homme d’espoir. Je vous jure, des fois, je voudrais me dégommer. A tomber amoureux par espoir, à rester en miaulant par espoir, à bosser par espoir, à ne pas se tirer par espoir, pour pas avoir à supporter sa gueule, le soir et tard, et seul avec son 12°5 et ces étrons qui braillent par la fenêtre opposée. Et une phrase qui n’en finit pas.

Donnez-moi un homme sans espoir, bien absurde comme il faut, et je vous montrerai le sourire qu’ont ceux qui n’attendent rien. Ne rien attendre, voilà le vrai bonheur. L’espoir c’est trop bruyant et il prend tout l’espace. On se dit « et si » à s’en fermer les yeux, on vit demain et sans savoir que demain n’arrive jamais, que y a pas plus fuyant que demain et que ça dure toujours, demain.

Et l’amour, je peux bien vous le dire, voilà le pire espoir. Faudrait aussi avoir l’adresse, et même si c’est là-haut, ou nulle part ou ailleurs, du type qui nous a garé cela dans le coffret. L’amour toujours, et bien nickel, cette éternelle recherche de retour dans le nid, le doux et tendre ventre de la mère, celle qui nous a torché, et même qu’on est unique, pour elle et personne d’autre, et même tout laid et saoul un soir de mai, c’est une belle saloperie, un mensonge trop cruel. Ils vous balancent ça à la gueule quand c’est qu'on est minot et qu’on peut rien comprendre, et ils nous disent : tu aimeras, et rien qu’une femme et ce sera beau, et ce sera tout. Alors on se pointe, on est des bêtes, et bien dociles, comme les autres, et on comprend un soir, ou peut-être jamais, qu’on s’est bien fait berner. Et le pire de tout ça, c’est qu’il suffirait d’une génération, et d’une seule, pour qu’on arrête les frais. Il est un âge, et c’est celui qu’on se sent vieillir, qu’on sait le mensonge et les conneries. Allez savoir pourquoi, c’est à cet âge aussi qu’on fait les mômes, à leur refiler notre casserole, le baratin vieux de dix mille ans. Tout ça pour leur mettre de l’espoir, c’est comme un conte de fée ; ils ne seront pas heureux, les mômes, mais ils seront en vie et c’est bien tout ce qu’on leur demande. L’espoir c’est prolonger la vie.
Et tuer l’espoir est douloureux, pourtant « il faut imaginer Sisyphe heureux ».

Illustration: Soutine, Bœuf écorché, 1925, huile sur toile


  Commentaires (30)
Flux RSS des commentaires
 1 Ecrit par Franck-Olivier, le 2008-05-07 10:13:02
Tuer l'Espoir c'est être libre...Tuer l'Espoir c'est apprendre à vivre sans illusion, après, la question est, sommes nous capables, sans espoir, de ne pas sombrer corps et âme dans le Nihilisme ? ça c'est un défi... 
 
(Dis, c'est pas un gars le responsable, c'est une fille, Pandore, celle qui a ouvert la boite... à la fin s'en est échappée l'espérance... Le suicide en est une forme... croire qu'après, ailleurs, ça pourrait être mieux...bref) 
 
Il y a un proverbe chinois qui dit à peu près ceci : vivre chaque jour comme s'il était le dernier, et en même temps, nourrir des projets comme si vous aviez l'Éternité... 
 
(bon, c'est pas tout ça mais je me tire en Aquitaine...)
 2 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-07 11:05:26
Tiens, j'ai vu hier soir le documentaire que Guy Debord avait tourné en 73, "La Société du Spectacle", donc. Ca m'a aidée à mieux comprendre certains passages du livre (faut dire qu'honnêtement, c'est pas toujours évident de piger ce que dit ce sacré bonhomme, et que même quand on a pigé, on a du mal à synthétiser après, et encore plus de mal à expliquer l'ensemble, surtout quand on n'a compris que des morceaux). 
Je sais pas si c'est moi qui ne suis pas assez fûtée, dans cette histoire (c'est fort probable, en fait), je me déconcentre vite, et hier soir, je me surprenais, malgré les pauses bienvenues du doc (extraits de films, par exemple), à réfléchir encore à la théorie précédente quand la suivante commençait. Bref, je pagayais ferme. Il n'empêche que tout ce qu'il a écrit a un rapport direct avec la notion d'espoir, dont se servent, fondamentalement, les idéologies (et les religions).
 3 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-07 11:22:29
Bref, pour être plus claire, l'espoir est un levier permettant de réduire l'homme à une fonction (l'âne et la carotte). Son pendant, qui sert exactement aux mêmes buts, est l'annihilation totale de toute espérance utilisée par les états totalitaires (l'âne et le bâton). 
(Extrait :"La fausse conscience ne maintient son pouvoir absolu que par une terreur absolue.")  
Dans tous les cas, l'idée principale est d'empêcher l'individu d'exister pour et par lui-même, cela au nom du "bien-être" (chez nous) ou du "service" (dans les états totalitaires) de la collectivité.
 4 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-07 11:18:23
Donc la seule conclusion est finalement celle des sages : ne pas se bercer d'illusions, certes, mais en garder quelques unes quand même pour avancer, du moins pour savourer la vie. "In medio stat virtus" ("au milieu se tient la vertu"), quoi...
 5 Ecrit par Franswa P., le 2008-05-07 11:20:02
J'aime manger du bon au petit déjeuner. Autrement, d'ailleurs, je ne petit-déjeune pas. 
Tadek, merci d'avoir rempli mon ventre d'une si bonne came en ce bon matin. 
Je partage ta vision générale sur l'homme-Espoir, mais pas dans toutes ses directions. L'Espoir ne fait pas vivre, certes (il fait même plutôt crever d'ailleurs), mais une petite poignée d'espoirs à courte vue, vraiment à courte vue, savamment balancée par la Semeuse (l'autre, donc, pas la Faucheuse) et pris comme tels, comme de gentils rêves qui achoppent ou pas on s'en fout au fond, je pense que ça peut faire vraiment du bien, de temps en temps.
 6 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-07 11:24:36
Ben voilà, c'est ce que je disais (de manière plus compliquée) en fait.
 7 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-07 11:33:12
Et pour encore être pénible deux secondes, l'exemple de Sisyphe correspond très bien à l'aliénation de celui ou de celle qui est englouti(e) dans le "temps cyclique" (métro-boulot-dodo-vacances etc.) créé par ce que Debord appelle (à juste titre) le "monde marchand". 
... 
Bon, chuis chiante, j'arrête, pardon.
 8 Ecrit par Daniel, le 2008-05-07 12:12:16
"In medio stat virus" 
Sistyphe... 
 
Suffit d'un "t" mal placé pour perdre sa san(té) 
 
Dans le midi d'ailleurs, pour conjurer, on en met à la fin des phrases... té...(pardi) 
Ou on le prononce, par sécuri(té). Quand il est muet! 
 
Comme par exemple: ce commentaire n'a aucun rapport avec le sujètte!
 9 L\'espoir (ou du cas Ducasse)...
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir website, le 2008-05-07 15:23:34
Si comme filtre à votre article je choisis le décret de Lautréamont, "L'homme ne doit pas créer le malheur dans ses livres ", alors ledit article est tout bonnement grandiose.
 10 Laurent...
Ecrit par Sophie K., le 2008-05-07 19:52:50
Nos esprits se sont croisés à propos de la discrète disparition de Germaine Tillion, grande et noble dame, chère à mon coeur...
 11 Ecrit par pat website, le 2008-05-07 22:30:17
j'ai le meme probleme que toi, sophie, avec debord... Franchement, je ne comprends pas un paragraphe sur deux... Je me dis que je ne maitrise pas assez marx, et pourtant je m'en suis pas mal farci, et puis de la vulgarisation aussi...
 12 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-08 01:17:13
Héhéhé. Sympa, ça me rassure un peu, merci ! ;) 
Non, mais c'est déroutant, parce que quand on comprend enfin le fond de ce qu'il dit, on trouve ça vraiment brillant et bien pensé (ce qui ne veut pas dire, évidemment, qu'il a toujours raison). Mais je me dis que le langage est vraiment, parfois, une barrière qui sépare les intelligences. Et pour un penseur qui dénonçait justement les séparations que s'imposent les humains, c'est quand même étrange. (Pareil avec Lacan, d'ailleurs.)
 13 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-08 10:54:45

 14 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-08 11:02:10
Du langage...
 15 Ecrit par Tadek, le 2008-05-08 12:56:52
Je tâcherai de vous répondre en détails dans les parties suivantes. 
 
FOL: oui, il est possible de ne pas tomber dans le nihilisme. L'absurde peut conduire au suicide ("La seule vraie question philosophique sérieuse est le suicide" A.Camus) mais aussi à la liberté (je taperai la deuxième partie sur ça. Et le nihilisme, considérons Nietzsche, n'est pas noir (on se trompe beaucoup sur F.N, comme sur les épicuriens qui n'avaient rien de fêtards) mais ouvre à la beauté en s'affranchissant de la raison mesquine. (Le gai savoir). Camus a beaucoup étudié Nietzsche. Leurs thèses sont très proches. 
 
Sophie:Sisyphe est l'être absurde et libre par excellence. Maître parmi tous de sa condition imposée. C'est l'histoire de l'esclave, maître du maître puisqu'il n'est pas de maître sans esclave (L'homme révolté). Et la connaissance, l'acceptation de sa limite, sa vacuité conduit à l'homme libre ("on le forcera d'être libre" Jean-Paul). Remarquerons ici que Camus a été taxé à tort d'existentialisme et qu'il s'en est toujours défendu. Le mythe de Sisyphe est notamment très anti-sartrien. Pourtant tous deux sont humanisme, mais pour Camus la raison transcendante n'a pas de sens et n'est qu'un leurre parmi d'autres. 
 
Franswa: (merci, déjà). L'espoir n'est pas à "courte portée". Et c'est bien là le drame.Et espérer, c'est craindre de perdre. L'homme libre doit limiter ses possessions. 
 
Pat: content de te voir là. Faut qu'on se prenne un verre un de cé 4' 
 
Daniel: ok 
 
Laurent: je préfère, moi aussi, les éléphants aux poux.  
 
Bon, répondre en coms c'est pas top, mille excuses
 16 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-08 13:00:34
Ben non, c'est bien, je trouve.
 17 Ecrit par Daniel, le 2008-05-08 18:31:07
il m'arrive de consulter le site d'Yves Michaudqui s'y présente en tant que philosophe(c'est bien son droit). Ses articles sont souvent consacrés à des faits de tous les jours, banals pour certains sans aucun doute! Et l'écrit va avec: pas compliqué, comme vous et moi! Eh bien un troll est venu lui reprocher ce genre de discours au prétexte que se prétendant philosophe il n'utilisait ni la langue ni les sujets qui vont avec... 
Cette anecdote me ramène à l'envoi de Ramon au sujet de Lévy-Strauss qui appelle ça une sorte de "mystique"! 
J'ai pas lu Debord, mais je comprends parfaitement ce que tu veux dire. 
Je connais ce sentiment de mésestisme de soi qu'on éprouve à la lecture de textes de cette sorte!  
Je réprouve ces intellectuels heureux et fiers de l'être qui dressent cette barrière qu'ils croient infranchissable, mais qui n'est qu'une sorte de ligne maginot ridicule et péremptoire. 
 
Pour cela que je chasse aussi les commentaires de critiques d'art pour démontrer leur imbécilité. 
Ça les vexe de leur dire qu'ils sont sots! 
 
:grin :grin :grin
 18 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-08 19:27:44
Je ne suis pas sûre, en ce qui concerne les philosophes, que ce soit volontaire de leur part (après tout, leur but est quand même d'être compris du plus grand nombre, sinon leur travail ne sert à rien), mais pour les peigne-zizis du monde de l'art, en revanche, la complexité de leurs phrases cache souvent un vide sidérant, effectivement. Mais pas tous, hein, seuls ceux qui "se croient". 
(Enfin, comme d'hab', quoi.)
 19 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-08 19:30:32
(Mais comme le dirait not'chère Marie Melbourne, c'est pas toujours évident d'être "hic et nunc", càd limpide...)
 20 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-08 19:36:34
Il existe aussi une perversion de la pensée qui croit que le langage simple provient d'une pensée simpliste, ce qui fait que beaucoup de gens préfèrent s'exprimer de façon un peu obscure pour ne pas, comme ton philosophe, se faire traiter d'andouilles ayant inventé l'eau froide. 
Alors que je pense que la chose la plus difficile à atteindre, dans tous les domaines d'ailleurs, est la simplicité.
 21 Ecrit par Tadek, le 2008-05-08 20:43:28
C'est tout de même un jeu, le style difficile. Il suffit de regarder (encore) Sartre et ses sauts de style entre L'existentialisme est un humanisme (certes c'est une conférence mais le texte est préparé et c'est bien de l'existentialisme dont il traite, et en profondeur) et L'être et Le néant. 
 
Souvent, le "confus" permet de ne pas merder sa pensée. C'est assez diffus pour laisser le soin au lecteur érudit de mettre du sens, son sens. 
De plus, n'oublions que le style "difficile" préserve des critiques. Sartre s'est fait comprendre. Mal lui en as pris, il aurait peut-être dû resté confus et donc peu lu, et lu seulement par des caors de l'esprit pour qui tout est "pensable" et "raisonnable" (au sens propre). 
 
Enfin, Sophie, pour ce qui est de "perversion de la pensée qui croit que le langage simple provient d'une pensée simpliste", tu peux dire à ces étrons, ceux qui pensent cela, qu'à la seule lecture de Camus (justesse, finesse, jamais dans le rouge) ils peuvent se garer leurs prétentions dans le fion. 
Sans parler de Gary (où sont-ils les docteurs en merde, critiques de salon qui lui crachait à la gueule et lui reprochait son manque de "bien écrit"? Que sont-ils devenus? Rien) ou Céline. Céline, c'est le style. La complexité est rassurante. 
 
évidemment, il ne faut pas tout noircir non plus. Certaines théories puisque complexes engendrent des phrases parfois complexes, et nécessairement.
 22 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-08 21:11:08
Logique. :)
 23 Ecrit par Tadek, le 2008-05-09 14:28:21
Et juste pour l'histoire, sincèrement, Lacan, et lui précisément, est souvent d'un ridicule qui porte au sourire. Souvent très lourd et peu esthétique. Il dit parfois des choses très simples. Pour exemple, il lorsqu'il évoque l'angoisse de l'enfant morcelé: grossièrement, l'enfant dans les bras d'une mère et se découvrant dans la glace. Résultat des courses: l'enfant pige quedalle, écartelé qu'il se retrouve entre cette vision de corps unifié (son reflet dans la glace) et cette autre de corps morcelé (il ne se concoit comme corps consistué, organisé, sa raison étant encore (dieu le préserve) étrangère à tout cela. 
Il faudrait que je vous retrouve le texte de Lacan. Sincèrement, jouer au con en pensant quer celui qui regarde sera intelligent ce n'est que lorsqu'on est célèbre. On aurait envie d'avoir Lacan en face, et de lui dire, arrête ton char ordure, tu te regrades penser et tu n'écris que pour toi. Narcisse se mire dans ses lignes, "oh, putain je suis balaize. 
Pour écrire sur le sujet, l'en fant morcelé, et pardonnez ma prétention simpliste, j'aurais donné l'exemple du clebs qui se découvre par le reflet d'une vitre. Bref, certains hommes aiment jouir de leur capacité et volonte de s'écarter des hommes. Masturbation. 
 24 Ecrit par Tadek, le 2008-05-09 08:55:10
Le texte original est d'une complexité ridicule
 25 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-09 10:54:47
Tadek, tu mets le souk dans la cambuse de FOL, t'vas voir comment qu'il va te morceler à son retour ! :grin
 26 Ecrit par Franck-Olivier, le 2008-05-11 09:09:59
Tadek, justement ni Nietzsche ni Camus pour échapper au Nihilisme... ma phrase était tout sauf innocente et vraiment interrogative... La sortie du Nihilisme c\'est justement le point où Nietzsche a échoué, pris dans les rets de la métaphysique occidentale qui se refuse, depuis ses origines, à penser le néant... Il faut aller jouer du côté de M. Heidegger en premier lieu... Puis ensuite Lacan, Lévinas et enfin Bénny Lévi et Milner (qui sont sans aucun doute les deux penseurs les plus interessant de notre époque...) 
 
Pour ce qui est de la langue de Lacan, un tout petit peu de recherche t\'aurait appris qu\'il a toujours beaucoup souffert de ce style dur et laid... 
 
Enfin, comme je l\'ai déjà écris ici des dizaines de fois(Mais Gide nous avait prévenu, puisque personne n\'écoute...), je ne fais pas partie des tenants de Boileau... parce qu\'en faire partie revient tout bonnement a évacuer d\'un simple revers de la main des pans entiers, et de la littérature, et de la pensée... 
 
Ceci dit, \'jour les amiches :)
 27 Ecrit par Sophie K., le 2008-05-11 10:31:47
'Jour Franck ! :)
 28 Ecrit par Tadek, le 2008-05-13 10:52:35
On ne sort pas du nihilisme, on l’accepte. Ce serait « absurde » de « tendre vers » un « rien » et désirer s’en extraire. La rédemption passe justement par l’acceptation (cf. Sisyphe et le « deviens ce que tu es » de Zarathoustra). Le bonheur est là. En mathématiques, il est des modélisations par modèle vectoriel (on temps vers un bonheur infini, et inatteignable) et par modèle circulaire (on tend vers un point). On ne cherche pas à s’extraire en tendant vers un point. 
Et pour ce qui est de un « tout petit peu de recherche t\'aurait appris », je t’en prie, Franck, tu peux bien me reprocher des choses mais pas ça. Je paye assez de mon temps et c’est un vrai bonheur. Il a souffert, oui, et alors ? 
Et je t’en prie développe sur Lévi et Milner, je ne connais pas.
 29 Ecrit par Franck-Olivier, le 2008-05-14 09:01:11
Fab, n'y vois rien contre toi, mais non je ne vais pas développer en commentaire.... ça friserait le café du commerce. 
 
Lorsque j'ai ouvert ma première fenêtre sur le net j'avais cette ambition-là, ne rien servir d'autre que des textes complexes convoquant tout à la fois Heidegger, Lacan, Milner, Camus etc sur la question du Nihilisme et plus directement sur cette question: pourquoi la philosophie occidentale ne peut, sur cette question essentielle, n'aboutir que dans une impasse ?... Pourquoi j'ai eu envie de faire un pas supplémentaire vers la pensée de Freud et de Lacan... 
 
En quoi la définition du Réel lacanien explique l'impossibilité du "deviens ce que tu es"...etc... 
 
Tout mon travail porte sur ces questions. Sauf qu'après digestion, le seul lieu où il me semble que cela puisse devenir opérant c'est la littérature. Là où il est possible, à certaines conditions, de produire du sens, de révéler des bouts du Réel...et parce que la littérature précèdera toujours l'analyse... Lorsqu'il y a quelque chose qui échappe, dans l'écriture même, à son auteur... C'est également pour cela que j'avais amorcé cette reflexion sur la littérature hispanophone (cf Javier Cercas) me demandant si elle ne devait pas sa bonne santé au fait qu'elle n'a jamais produit de système philosophique... contrairement aux langues anglaise, allemande et française... Que c'est peut-être la raison qui lui permet aujourd'hui de produire des issues dans sa littérature... bref... 
 
C'est également parce que ces questions me passionnent que je suis attentivement les travaux de la revue "Ligne de risque" de Zagdanski et de G.Guest...  
 
Si je trouve le temps j'essaierais de faire un texte sur ces questions... Mais je t'avoue que je ne déborde pas d'envie tant cela me demande de prendre sur mon écriture et que si je l'ai beaucoup fait sans forcément en mesurer les conséquences, aujourd'hui que je les connais, je m'abstiens, préférant aboutir un roman, une pièce de théâtre ou un récit plutôt que mille textes sur le net... 
 
Enfin, en ce qui concerne Lacan, ça n'est pas "il a beaucoup souffert" c'est: "il en a toujours souffert"...et alors ? Rien, il n'a juste pas passé son temps à s'écouter parler ni a se regarder écrire...Il aurait préféré avoir un style fluide et limpide... et Sollers peut-être l'inverse, comme Lacan ou comme Joyce...
 30 Ecrit par Franck-Olivier, le 2008-05-14 09:05:02
Ps : c'est Benny Levy (je ne sais pas corriger les com par derrière, et c'est agaçant parfois) Tu le connais sans doute sous son premier nom, lorsqu'il fut le dernier secrétaire de Sartre justement :)

Commenter
  • Les messages comportant des attaques verbales contre les personnes seront supprimés.
  • Vous pouvez renouveler le code de sécurité en appliquant un rafraîchissement à votre navigateur.
  • Appliquer cette méthode de rafraîchissement si vous avez entré un mauvais code de sécurité.
Nom:
E-mail
Site web
Titre:
BBCode:Web AddressEmail AddressLoad Image from WebBold TextItalic TextUnderlined TextQuoteCodeOpen ListList ItemClose List
Commentaire:



Code:* Code

Powered by AkoComment Tweaked Special Edition v.1.3.0

 
< Précédent   Suivant >
© 2008 strictement-confidentiel
Webmaster: Fabien ORY & Alban ORDUREAU