Je me fais le relais de cette information, qui, je le crois, concerne tous les écrivains et toutes les revues littéraires usant d’internet… La décision que rendra le tribunal correctionnel de Paris au mois de juillet prochain pourrait, si elle s’avère favorable au plaignant, devenir un bien fâcheux précédent…
Dépêche envoyée à l'AFP le 10 mai 2008 :
LE NEVEU D'ANTONIN ARTAUD
ATTAQUE EN JUSTICE
L'ÉCRIVAIN STÉPHANE ZAGDANSKI
POUR « DÉLIT D'INJURES PUBLIQUES ENVERS UN PARTICULIER ».
Serge Malausséna, neveu et ayant droit d'Antonin Artaud, en réaction à une lettre ouverte de l'écrivain Stéphane Zagdanski diffusée sur son site Parole des Jours, assigne ce dernier à comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris le 8 juillet 2008, lui réclamant 100 000 € à titre de dommages et intérêts.
L'affaire a commencé par un e-mail de Serge Malausséna, daté du 9 février 2008, réclamant le retrait d'un extrait de la célèbre émission radiophonique d'Artaud "Pour en finir avec le jugement de Dieu" placé en fond sonore sur une page du site internet Parole des Jours.
Stéphane Zagdanski répondit le lendemain par une lettre ouverte, laquelle lui a valu de recevoir une assignation en justice le 28 avril 2008.
Stéphane Zagdanski vient de publier aux éditions Gallimard : Debord ou La diffraction du temps
L'auteur offre ici une relecture de la pensée de Guy Debord. Le temps se diffracte en temps des maîtres et temps des servants. Réfléchir sur le temps, l'histoire et le pouvoir, y introduire de la subversion par la langue, c'est échapper au temps 'spectaculaire' pour entrer dans le temps 'diffracté'. Cette entreprise exige d'inventer sa propre poétique, de faire effraction dans le langage dominant par un langage théorique, au style insurrectionnel. Qu’est-ce qu'un génie dans la définition de Nietzsche ? C'est 'assumer et accepter la diffraction'. C'est vivre la diffraction. Ce fut la tentative de Guy Debord qui n'aura jamais vieilli et qui conçut le monde comme un engeôlement, un décorum et une claustration à dépasser. La vraie révolution permanente demeurant celle de la pensée, Guy Debord en tirera l'idée d'un 'spectacle' permanent en théorisant la fusion des discours, des décors, des idéologies et des situations. L'homme lui-même n'est plus qu'une marchandise – marchandise des marchandises – une image réifiée, chosifiée. La société planétaire tout entière, la culture, la politique, l'économie, la nature s'organisent selon des procédés d'aliénation et d'exploitation du temps quotidien, du temps 'spectaculaire', celui de la marchandise, par opposition au temps 'diffracté', celui du raisonnement.
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