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Vendredi 25 Mai 2012
Accueil
Vanessa PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Sophie K.   
Samedi, 19 Mai 2012 11:40

 

Photo

 

Il m’arrive parfois de me dire que je l’ai échappé belle en songeant à Vanessa, la fille que je n’ai pas eue vers 35 ans. Je suis, par exemple, très soulagée de ne pas devoir lui promettre son douzième iPhone tout en la grondant légèrement d’avoir voulu, à quinze ans et demi, se faire poser des implants mammaires. Heureusement, je l’ai convaincue en lui expliquant que ses seins nécessiteraient dès lors des soutiens-gorges 105 C, et que pour en trouver facilement, elle devrait se résoudre à aller acheter sa lingerie chez la vieille et gentille Madame Germain. Sa boutique ne fournit que les femmes de poids de plus de quarante ans en cœurs-croisés et autres playtexeries immuablement blancs ou noirs, mais pas les habituelles petites choses soyeuses, colorées et pleines de dentelles que Vaness’ achète compulsivement chez Miss Poum-Poum ou Princesse Lily. À l’idée que son jean taille basse montre un slip en coton blanc, très fifties, recouvrant le piercing de son nombril, ma fille a renoncé, alors que je n’avais pas encore abordé l’argument du dos niqué par des mamelles trop lourdes à porter (je le gardais pour la fin, et je le mets soigneusement de côté en cas de rechute).

 
Une journée ordinaire PDF Imprimer
Écrit par Sophie K.   
Mercredi, 16 Mai 2012 11:07

 

photo

Swing Time, Georges !

 

Une journée comme hier, franchement, même si j’avais voulu, j’aurais pas pu. De manière générale, être prez, c’est déjà un boulot impossible, les agendas sont toujours pleins à craquer, pas une minute pour souffler, et plus un moment de solitude pour songer – enfin si, peut-être, genre en pyjama dans un train, la nuit, et encore, on a vu ce que ça peut donner avec le malheureux Deschanel : au lieu de dénucléariser l'Europe et de menacer la Chine, on se retrouve à tailler le bout de gras sur un quai désert, en rase campagne, avec André Radeau, cheminot, à propos du fait qu'il n'y ait plus de saisons décidément, et que oui, les présidents aussi ont des pyjamas à rayures bleues, haha.

Mais hier, ah hier... À neuf heures du mat’, on m’aurait vue tenter de planquer dans mes poches des antisèches, du chewing-gum et une petite bouteille de gel désinfectant pour les mains. À dix heures, marcher sur le tapis rouge de l’Élysée, en talons hauts en plus, sans me casser la figure, m’aurait demandé une concentration extrême nécessitant, ensuite, une rêvasserie réparatrice d’au moins une heure, ce qui fait que je n’aurais rien retenu de ce que Nicolas m’aurait dit, notamment le code nucléaire – mais j’ai déjà du mal à retenir mon code d’entrée, faut le savoir. Par contre, j’aurais probablement mémorisé un truc idiot, genre le nom d’un huissier, la couleur des rideaux, ou l’endroit où on planque la réserve secrète de ouisky (c’est tout moi). Je suis quasiment certaine que le collier de la Légion d’Honneur m’aurait arraché deux ou trois cheveux (évidemment, je n’aurais rien dit, je suis courageuse) et flanqué un début de torticolis. Après le premier discours, j’aurais eu soif, alors qu’il fallait passer en revue la Garde Républicaine pleine de beaux gosses en métal. Je n’aurais pas pu leur poser de questions sur ce qui m’intéresse vraiment chez eux, à savoir leurs chevaux (je précise), parce que ça ne se fait pas et qu’il aurait fallu ensuite aller déposer des fleurs sous l’Arc de Triomphe. La rincée entre deux généraux un peu roides m’aurait fait attraper froid illico, et je me serais morigénée d’avoir oublié mon Upsa à la maison en remontant dans la voiture devenue piscine. Je n’aurais pas eu faim au déjeuner, enfin si, mais d’un truc léger s’il vous plaît, et j’aurais cassé les pieds à quelqu’un en pestant contre mes chaussures parce que, déjà, j’aurais les pieds cassés moi-même, et mal aux reins avec un début de migraine. Les Tuileries ensuite, j’adore, mais je ne suis pas très douée en hommages, et puis j’aime pas spécialement Jules Ferry, d’ailleurs j’aime pas spécialement les Ferry dans leur ensemble.

 
Tip-tap playlist PDF Imprimer
Écrit par Sophie K.   
Dimanche, 13 Mai 2012 11:07

 

 

 
Loborto chorie PDF Imprimer
Écrit par Sophie K.   
Lundi, 07 Mai 2012 11:45

 

panneau

 

Depuis que j’ai appris, en allant dîner chez Guillaume Durand – eh oui, je vais dîner chez Guillaume Durand, moi, qu’est-ce que vous croyez ? Je suis de gauche, et j’adoooore qu’on me parle d’art contemporain devant des truffes (je parle de ce qu’il y a dans les assiettes, pas des invités) quand j’entame ma boîte de petits pois bios devant mon écran plat – pendant cinq minutes avant de me décider à prendre, finalement, un dessert avec Jason Bourne parce que bon, hein, faut pas déconner quand même, lui et moi c’est une histoire solide et pleine de reb…

Qu’est-ce que je disais ?

…Heu, oui : depuis que j’ai appris que la dette avait servi, chez nous, à créer notamment des ronds-points, ces trucs immondes qui accablent désormais toutes les routes de France pour vous diriger plus sûrement vers une ZUP ou une ZIP ou une ZEP où vous allez vous paumer dans le lacis d’une dizaine de bâtiments en préfabriqué avant de vous mettre à pleurer, seul dans votre voiture – Quoi, vous avez une voiture ? Vous êtes de droite ! – sur le parking géant d’un Ikea – Quoi ? Vous êtes de droite, et en plus pas écolo ? C’est nul ! – en maudissant les architectes, les maires, votre mère, les suédois et le concepteur de votre GPS, depuis que j’ai appris ça, donc, je me dis que, quand même, un truc cloche chez nous. Qu’on s’endette pour construire des écoles ou préserver la sécu, ça me paraît cohérent. Mais pour construire des ronds-points, là, je ne pige pas.

 
Bref coup de périscope PDF Imprimer
Écrit par Sophie K.   
Dimanche, 29 Avril 2012 11:28

 

affiche

 

Pas le temps d’écrire des bricoles un peu fouillées en ce moment. Même pas le temps de lire. J’ai quand même fini cette merveille qu’est « L’Esclave libre » de Robert Penn Warren, qui enterre assez profondément, questions intelligence, style et histoire, le « Autant en emporte le vent » romantique et paternaliste de cette bonne Margaret Mitchell. Pardon à elle, mais comparer ces deux romans revient presque à comparer Madame Bovary à Hannah Montana – je plaisante évidemment, mais quand même. Bizarrement, « L’Esclave libre » (titre initial magnifique : « Band of Angels ») m’a un peu rappelé les univers de Jim Harrisson et de John Cowper Powys. On est loin, mais alors très loin, de l'affiche kitsch et sexy de son adaptation au cinéma. Car bien entendu, malgré ses qualités, le beau film de Walsh, tiré de ce roman en 1957, ne reflète pas le quart de la subtilité de l’histoire, ni la réflexion profonde qu’elle inspire sur les chaînes multiples et perverses de l’esclavage. En outre, le fait qu’Hamish Bond, l’un des personnages clefs, ait été joué par Clark Gable, le rendait beaucoup trop séduisant (à la limite du Rescatore d'Angélique, ou pire encore, des "sombres" héros des harlequineries) en regard de l’homme vrai, torturé et contradictoire, véritable roc de mensonges, de culpabilité douloureuse et d’espoirs dévastés, tyrannisé par ses souvenirs et ses désirs, décrit par Penn Warren. Si vous réussissez à trouver ce livre (édité chez Phébus en 1998 et très bien traduit), ruez-vous dessus sans arrière-pensée.

 
Lectures iréniques... PDF Imprimer
Écrit par Christine SPADACCINI   
Samedi, 21 Avril 2012 12:20

...SUR FOND DE GUER(R)E D'AMOUR...

 

peinture

Mirjana Bobic-Mojsilovic, « Bliznakinje », 2001

 

Les éditions Xénia lancent une nouvelle collection d’ouvrages de fiction, joliment nommée « Iréniques » : au menu, la traduction d’un roman de Mirjana Bobic, auteure serbe, et un recueil de nouvelles de l’écrivaine suisse, Marie-Christine Buffat, deux textes traversés par la passion amoureuse, que j’ai lus et aimés, et dont je me propose de vous parler ci-dessous, une fois que j’aurai choisi le fond musical qui va accompagner ma rédaction. Art Mengo et ses « agonies d’amour » me semblent bien dans le ton. Play.

Et maintenant, dilemme : avec lequel de ces deux ouvrages vais-je commencer le mien ? Pile ou face ?

Impossible : après lecture, c’est « appeal » pour les deux ! Il faut dire que les deux livres ont beaucoup de charmes communs : écrits par des femmes talentueuses, amoureuses du verbe aimer et qui conjuguent à merveille les maux du désamour, ils possèdent tous deux un petit swing narratif original : Mirjana Bobic décrit le cœur d’une femme en égrenant les pierres qu’elle porte à son cou, composant ainsi un petit traité des vertus minéralogiques et des traitrises amoureuses. Marie-Christine Buffat convoque quant à elle un chœur de femmes lapidées par la vie, déclinant avec une mordante tendresse et une douce ironie l’expression « morte de… »

 
A small piece of peace PDF Imprimer
Écrit par Sophie K.   
Dimanche, 15 Avril 2012 11:48

 

dessin

Ateliers de Jean Berain, "palais infernal riche", décor prévu pour un opéra vers 1700 (Archim, cliquez pour agrandir)

Tout petit billet pour cause de surcroît de fatigue, mais j’ai tout de même deux adresses de cavernes aux trésors à partager (avec ceux, du moins, qui ne les connaissent pas encore). L’avantage de travailler pour les enfants, c’est qu’on apprend des trucs tout le temps. Et pour la documentation, Internet est décidément un outil merveilleux : je me souviens d’une époque pas si lointaine où je devais crapahuter des heures dans les bibliothèques et accumuler livres et revues pour trouver ce que je cherchais, infos sur les Séminoles, sur les palais de l’Inde Moghole, sur les pharaons du Moyen-Empire ou sur les avanies de la Constitution Française. Tiens, saviez-vous que la première Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, celle de 1791, qui avait été gravée dans l’airain puis déposée dans un coffre de cèdre, devait théoriquement être scellée dans la base d’une colonne de la Liberté censée s’élever sur les ruines de la Bastille ? Moi pas, ou alors j’avais complètement oublié. Remanié ensuite, ce texte initial fut pilonné en mai 1793, airain et cuivre compris - et quand on en voit les photos, on songe aux compressions de César (le sculpteur, pas Jules). Or donc, tout ça pour dire que si vous avez besoin de consulter parchemins, vélins, sceaux, déclarations, traités de paix et autres glorieux restes de l’Histoire de France, vous pouvez aller sur la base Archim (cliquez ici). On y passe des heures, ravi par l’abondance et la qualité des documents. J’y ai notamment découvert une collection épatante, celle des dessins de préparation des fêtes données à Versailles sous Louis XIV et Louis XV, mine de superbes esquisses de Lepautre, Berain ou d’autres artistes de talent capables d’imaginer, pour les « Menus plaisirs du roi », une formidable palanquée de navires de fantaisie, de traineaux enchanteurs et de décors de toutes sortes.

Question objets du temps passé, je vais aussi rôder sur Joconde, le portail des Musées de France (cliquatez là). Là aussi, on furète avec bonheur (le lien placé vous mène, je crois, sur la page d'accueil, mais baladez-vous en cliquant sur "recherche simple" puis consultez l'index, il y a de quoi jouer à Ali Baba durant des heures).

 
Notes en vrac (suite) PDF Imprimer
Écrit par Sophie K.   
Dimanche, 08 Avril 2012 13:57

 

 

C’est marrant comme les mauvaises maquettes actuelles des journaux, couvertures envahies de titres colorés et d’immondes photos retouchées, soulignent le brouhaha continu d’une époque qui l’ouvre tout le temps sur tout et n’importe quoi. « Réduction du bruit », résume justement Photoshop quand on travaille sur une image repiquée. Pas mieux. Jusqu’à sa nouvelle (nouvelle, nouvelle) formule, Télérama (oui, je sais) échappait encore à cette tyrannie du toujours plus, avec de belles photos de une sur fond libre. Terminé désormais, ça aussi. Titre maigrichon et photos ponctuées de titrailles colorées, rebelote. Et je ne parle même pas de la maquette intérieure, avec ses appels rouge pétard ou bleu roi (cocardier, Télérama ? Noooon !), son abus de caractères gras, de polices différentes et d’italiques en corps 18 ou 24. On se croirait presque dans le Nouvel Obs’, certes en plus laid (si, c’est possible). Malgré mes efforts et la qualité de certains papiers, les lunettes m’en tombent. Du coup je m’extirpe avant de m'y noyer. Le « Less is more » de Ludwig Mies et de Willy Fleckhaus est si loin, maintenant.

 
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