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Accueil
Triple-con / Sommation (1)
Écrit par Franswa P.   
10-05-2008

penduJ'aime bien les choses qui transpirent, aussi.

J'aime faire semblant, comme tout le monde, d'être content quand j'attends, en réalité, les dernières grandes déflagrations. Parce que bon, finalement, le reste importe peu. J'aime aussi savoir, comme tout le monde, que ma vie a une valeur - pas un sens, je ne suis pas exigeant - juste une valeur.

Heureusement pour moi, heureusement pour nous, les vendeurs de crédit à la consommation sont parvenus à nous faire croire que nous pouvions, tranquillement, péter plus haut que nos culs sans même en sentir l'odeur - directement propulsée en plein tarin des dieux, ces branleurs, en lesquels on ne croit plus de toute façon parce que bon, hein, les prières c'est bien, mais aucun dieu sur terre n'est capable de vous balancer sur la table de la cuisine un chèque de 2000 (2250 à rembourser au bout d'un mois, 2700 au bout de deux, 19745 pour vos enfants quand, cinq mois plus tard, votre cervelle éparpillée dégoulinera sur les carreaux déjà sales de la cuisine), un chèque de 2000 donc, au moment où il vous faudra payer les factures. Aucun.

J'aime les sociétés de crédit à la consommation avant tout parce qu'elles pensent fort à vous, vraiment, elles pleurent de votre douleur et partagent votre chagrin à pleins tubes, tandis même qu'elles vous prennent par derrière, sans ambages.

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De l’empapaoutage des diptères à bouses*…
Écrit par Sophie K.   
08-05-2008

 La loi du Mensonge commence par la mythification de l’objet, disait à peu près Debord. Les plus accros d’entre nous, amateurs de quatre-quatre, assoiffés de design teck et toc, obsessionnels de fringues « griffées » (qui ne sont paradoxalement  accessibles que lorsqu’elles sont « dégriffées ») et de luxe « à bas prix » (faut-il rappeler que le véritable luxe est durable, comme le développement du même nom, et donc, à long terme, moins cher ?**), inconscients assoiffés qui trouvent pourtant régulièrement le moyen de nous balancer leur morale bas de gamme (et de courte vue), s’agenouillent aussi vite devant leur désir de jouissance immédiate que jadis, on s’agenouillait devant les statues des saints et des pères.

Participation active, donc, à la mythification des bagnoles, par exemple, sans voir le leurre absolu de leur présentation sur plateaux tournants surélevés lors de cette grand-messe annuelle qu’est le Salon de l’Auto. Car chacun sait qu’un véhicule n’est, à fortiori, pas unique, et que sa valeur fantasmée, de même que sa valeur réelle, diminue dès sa mise en circulation. Ça n’empêche : le joli jouet qui fait baver l’adulte immature est toujours encensé, et la pub voulue par les marques contribue, ces temps-ci encore plus qu’avant, à sa pseudo-accessibilité : actuellement, en version « luxe », la bagnole roule le long, sur et sous (?) la mer, et en version « peuple », ludique-pratique-esthétique ma chérie, elle s’amuse à bondir gaiement d’immeubles en immeubles.

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Absurde (partie I - L'espoir)
Écrit par Tadek   
07-05-2008

 L’espoir. Je voue un dégoût profond à l’espoir. Mesquinerie de raison, orgueil d’homme réfutant, à bout de souffle autant que de vie, l’intolérable cruauté de ne rien être, ne rien attendre, ne rien devenir. Le vide engendre cet enfant terrible, l’espoir, petite fuite misérable qui préserve les hommes de ses nausées les plus violentes.

Et c’est un problème vache, l’espoir, à bien y réfléchir, une vraie épidémie, et si je trouvais le con qui nous a fourré ça dans le crâne comme une châtaigne dans le cul d’une dinde, je lui collerais bien volontiers une main emplie d’espoir dans sa tronche de salaud.

Les hommes Espoirs courent dans la rue, pressés qu’ils sont d’ériger leurs lendemains, barricades pour poitrail, et soulager le vide d’un monde déraisonnable ; et chaque jour la même chose, demain a son prochain, et c’est presque sans fin, avec la mort en ligne de mire, à vous attendre tout sourire, « bon boulot, à bientôt », « c’est par là qu’il n’est rien ». L’Espoir est pareil à une phrase que les gens de lettres rayent d’un trait rouge. L’espoir c’est l’évitement du point final, s’essouffler et tracer mais ne surtout pas faiblir, s’arrêter, se regarder. La raison ne supporte pas le statisme. L’arrêt. Ne plus bouger à se regarder penser et tout autant frémir, à se lever le ventre froid avec des yeux figés, un regard bien louche, un de ceux qui ferait bicher le dealer de crack de la station Barbès. Espérer, c’est fermer fort les yeux, défendre avec ferveur le bon « coup du lapin », juger qu’un coup dans le dos vaut mieux qu’un autre de face; faut dire, aussi, qu' on le voit pas venir…

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Ben non
Écrit par Franswa P.   
06-05-2008
CasquetteQu'est-ce que les jeunes riches font de leur pognon, vraiment ? Des fois, je me le demande. Par « riches », j'entends « riches ». Très riches, je veux dire. Vraiment riches. Pas seulement riches d'avoir un livret A et une retraite, pas riches d'être locataires en galère à Paris, pas riches de bénéficier d'une sécurité de l'emploi remise en cause au rythme implacable d'une érosion bien orchestrée par les vents harassants du dieu Vide. Non, riches. Rien de toutes ces conneries vitales posées aujourd'hui comme des privilèges dont on devrait avoir honte (l'allocation chômage, le salaire minimum, l'eau gratuite, la sexualité choisie... euh... une opinion quelconque). Non, la vraie richesse, celle qui sent l'or et – avouons-le, tout se perd – le papier franc et trente fois sécurisé d'un billet de cinq cents euros, négligemment glissé au fond de la poche – au cas où la nana serait vraiment jolie, au cas où elle l'aurait capté du regard tandis qu'il dépassait négligemment.

Qu'est-ce qu'ils en font, eux ? Ce soir, nous étions posés, quatre d'entre nous, à la terrasse d'un rade (qu'on ne pouvait d'ailleurs aucunement qualifier franchement de « rade » tant il ne sentait rien, même pas la vieille bière, même pas la vraie tristesse, même pas la poudre-pour-soi-au fond d'une poche) en plein coeur du traditionnel Saint-Germain-des-Prés. Par « en plein coeur », j'entends « en plein coeur ». Très en plein coeur, je veux dire – j'entends pas là, « plus en plein coeur », ce serait, disons, « à l'intérieur de Philippe Sollers ». C'est vous dire. Posés en un de ces lieux au sein desquels « inflation » sonne comme une maladie vénérienne dont on se branle au sens propre, et « pouvoir d'achat » remugle les infects relents d'une préoccupation de miséreux terre-à-terre. Là. En plein coeur.

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Love Hits
Écrit par Sophie K.   
04-05-2008

 Nina Simone, My Baby Just Cares For Me 

Samedi soir 

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Bloc-notes
Écrit par Sophie K.   
01-05-2008

 Golden Guy, indeed !

 

Né en 1908, Ian Fleming, le créateur du plus célèbre espion de la planète, aurait eu 100 ans le 28 mai prochain. Décédé d’une crise cardiaque en 1964, Fleming avait eu, comme son personnage, une vie mouvementée, notamment durant la seconde guerre mondiale (il travailla comme agent au sein de la Royal Navy, et termina la guerre au grade de commandant, comme son héros). Bond est né sous sa plume en 1952, et « James Bond contre le Docteur No », la première adaptation cinématographique de l'oeuvre de Fleming (12 romans et 9 nouvelles en tout), sortira dans les salles dix ans plus tard.
Saviez-vous que John Kennedy était un fan de James Bond ?
Saviez-vous que « Goldeneye », le nom de la maison de Fleming en Jamaïque et l’un des titres des aventures de 007, était en fait un véritable nom de code utilisé par les Alliés lors d’une opération contre les Allemands à Gibraltar ?

Vous le saviez, je n’en doutais pas.

«For Your Eyes Only, Ian Fleming and James Bond», jusqu'au 1er mars 2009 à l’Imperial War Museum à Londres.

Lambeth Road, London SE1 6HZ. Horaires d'ouverture: de 10 heures à 18 heures. Informations : 00442074165320. site Internet: www.iwm.org.uk

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Springsteen, histoire parallèle (1)
Écrit par 2nd Flore   
29-04-2008

 Non, non, promis, je ne vais pas vous faire une bio complète. Je ne vous mettrai même pas mes titres préférés en vous tenant les oreilles pour couiner soudain « Là, écoute, c’est génial ».
(Ici, vous pouvez déjà me remercier)

Mais quand même, ça me démange…
Alors, que faire ? Une histoire parallèle, peut-être. En délaissant les grands axes pour prendre les contre-allées. En insistant sur les contre-pieds. L’histoire en toile de fond, et les titres qu’on n’entend jamais.

One – two - -  One - two - three - four…

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Texticule - J.P Henry
Écrit par Jean-Philippe Henry   
26-04-2008

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L'angoisse
Écrit par Franswa P.   
25-04-2008

angoisseJ'étais en train de visionner le Concert à emporter de Beirut – sur le conseil d'un ami, et d'un autre, et d'un autre encore, je le confesse – je le confesse d'ailleurs d'autant mieux que je l'avais déjà visionné une première fois, sur le conseil d'un autre pote qui avait participé au sens le plus plein du terme « participer », au sens le plus plein, donc, au truc. Et je me suis dit un truc idiot, en forme de paille, ou alors en forme d'entonnoir, ou alors en forme de rien, encore. Je me suis dit, simplement, pourquoi continuer à perdre du temps. Il n'y avait même pas de point d'interrogation à la fin, c'est dire.

Bien sûr, on galère, bien sûr, on ne sait pas comment remplir la gamelle du chien, ni comment expliquer tranquillement au même chien que oui, la bouffe est pour lui, certes, mais qu'on veut juste partager avec lui, l'air de rien, parce que le frigo est vide – premièrement –, parce que la bouffe pour chien coûte moins cher – deuxièment – et parce qu'on n'a pas de chien, en réalité – troisièmement. Bien sûr que la vie est dure et qu'il faut qu'on s'aide les uns les autres, alors que l'ensemble, la totale, le système, devrait être assez sain pour que personne ne soit vraiment dans la merde (utopie ? Mes couilles. Arithmétique, tout au plus.) Bien sûr que tout cela, mais quand même.

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De l’origine véritable des gueules de bois…
Écrit par Franck-Olivier Laferrère   
23-04-2008
Plat
 
Pourtant ce n’est pas faute de m’être promis que l’on ne m’y reprendrait plus. Le savoir de l’expérience comme certitude et le bon sens populaire en horizon, « un homme averti en vaut deux ». J’en valais donc au moins deux, que pouvais-je craindre ?

Sans qu’il ne soit question de jalon, je m’étais appliqué dans la préparation, la liberté dans la rigueur…Un bataillon de légumes choisi avec envie et passion, courgettes, aubergines, tomates grappes bien mûres, deux poivrons jaunes pour veiller à la diversité des couleurs et quelques gros oignons.

Séduire l’œil tout autant que le nez avant de porter l’estocade finale au palais et à la panse de tout contemporain, aussi farouchement accroché à son pèse-lettre anti-calorifère fut-il.

Il n’y a que l’Amour pour gripper de si froides machines…

Et quelques dos de cabillaud capturés sur l’étal de mon poissonnier,  le matin même, que je prévoyais de n’habiller que d’un filet d’huile d’olive numérotée et de quelques cristaux de fleur de sel de Guérande ramassés à la main par la Paludière…

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Le vent de la lune, A. M. Molina
Écrit par Stéphane Koechlin   
22-04-2008

 Chef d’œuvre de poésie et d’humanité

 
Comme Proust, Antonio Munoz Molina aime plonger sa petite madeleine dans le thé du passé, à la différence que le grand écrivain espagnol n’écrit pas sur la bourgeoisie décadente des Guermantes. Son œuvre renvoie à une histoire autrement plus méphitique, reflet d’une Espagne lyrique, où les souvenirs de la dictature et le terrorisme basque continuent de distiller leur venin dévastateur.

Témoins de cette recherche, son livre Pleine lune (1997) racontait le meurtre d'un enfant et la quête d'un policier hanté par la violence de l’ETA, et ce nouveau roman au titre presque homonyme, Le Vent de la lune, ranime l’autre spectre espagnol, plus lointain, le franquisme, comme si la littérature ibérique ne pouvait se libérer de ces deux épouvantails.

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